Recyclerie de la Côtière : un modèle d’insertion

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La recyclerie travaille à la fois à l’insertion des personnes en difficulté, mais aussi à donner une seconde vie aux objets

La recyclerie est un véritable outil pour la réinsertion des personnes en marge de l’emploi ; mais c’est aussi une entreprise à volonté écologique et un magasin qui fonctionne très bien. Les responsables évoquent l’année écoulée et une période de fête qui a marché à plein régime.


Sous l’égide de Sophie Berlier, la directrice, et grâce à l’aide de Karine Bôle, conseillère d’insertion, et de Chantal Jomain, présidente de l’association, la Recyclerie de la Côtière a permis en 2021 à 43 personnes en marge de l’emploi de bénéficier d’un stage d’insertion et de se réadapter au monde du travail. Les responsables expliquent : “Les gens qui viennent à nous pour un stage d’insertion, sont de tous âges et de tous milieux socioprofessionnels. Les stages qu’ils font à notre contact leur permettent non seulement de se réadapter au travail, mais aussi de respecter des horaires, de travailler de nouveau en équipe et donc de revenir vers une vie professionnelle mais aussi sociale. Ce sont souvent des gens qui ont subi des accidents de la vie : chômage, accident, divorces… Il y a pratiquement toutes les nationalités !” Envoyés par Pôle Emploi, une assistante sociale ou la mission locale, ou venus par eux-mêmes, la structure leur permet de participer à des formations : français langue étrangère, formation numérique ou en comptabilité… Ce sont souvent des personnes isolées qui trouvent là “comme une famille”, ainsi que le confirme Chantal Jomain, qui précise : “Ils sont payés sur la base de 24h de travail, au Smic et touchent la prime d’activité. Ils ont aussi, bien sûr tous les avantages sociaux. On a autant d’hommes que de femmes”. À noter qu’à l’issue du stage de réinsertion, plus de la moitié retrouve un emploi. Beaucoup décrochent aussi des CDD.
En plus de cette mission d’insertion, les responsables sont fiers de la belle réussite de l’entreprise au niveau commercial. Chantal Jomain explique : “On a un rôle primordial au niveau écologique : on recycle au lieu de jeter, on répare et on vend des objets ou du textile en parfait état, c’est donc bénéfique pour la planète”. De plus, la recyclerie marche bien. Ce qui fonctionne le mieux, c’est le côté textile, comme l’explique Karine Bôle : “La deuxième main, c’est de plus en plus tendance et on a fait un énorme travail de tri. Trois encadrants techniques chapeautent les salariés : Régine, Olivier et Pierre. Régine, par exemple, a imaginé un rayon où elle présente vêtements et accessoires de marque. Un rayon sport permet aux jeunes lycéens de régulièrement s’approvisionner”.
Les clients viennent de plus en plus loin. Irène, une Lyonnaise est enthousiaste : “Je gagne bien ma vie, mais j’aime bien la démarche de seconde main et ici, je trouve régulièrement de vraies pépites pour m’habiller”. Le bouche à oreille fonctionne et la boutique des marques a très rapidement trouvé son public. Pour les fêtes, le rayon jouets a été dévalisé, de même que certains petits sacs cadeaux emballés. Les bibelots, la vaisselle, la décoration permettent aux jeunes de s’installer à moindres frais.
Reconnue d’utilité publique et soutenue par les collectivités et l’Etat, par le biais de subventions ou de la mise à disposition de locaux par la 3CM notamment, la réussite de cette entreprise tient à l’énorme travail réalisé en amont par les responsables et une quinzaine de bénévoles. Ils peuvent se montrer fiers de la dimension sociale, écologique et de la belle réussite commerciale. “Notre recyclerie, c’est un modèle” concluent-ils.   

R.P.

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