Les spécialistes à consulter régulièrement après 60 ans
1. L’ophtalmologiste pour préserver la vue
La presbytie, la cataracte ou la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) touchent de nombreux seniors. Après 60 ans, il est conseillé de consulter un ophtalmologue tous les 2 ans (voire plus souvent en cas d’antécédents, de diabète, ou de troubles visuels).
- Dépistage de la DMLA : 1ère cause de malvoyance après 65 ans
- Contrôle du glaucome : maladie silencieuse, qui touche près de 1 million de Français, souvent sans symptôme au début (Institut du Glaucome, 2023)
- Vérification de la tension oculaire et de l’état du cristallin (cataracte)
En France, près de 80% des plus de 65 ans portent des lunettes ou des lentilles (Baromètre de la santé visuelle de l’ASNAV, 2022).
2. Le dentiste : la santé bucco-dentaire, un pilier de l’autonomie
Trop souvent oubliés, les soins bucco-dentaires sont essentiels : infections de la bouche, chute de dents ou douleurs peuvent avoir un impact sur l’alimentation, l’élocution, la confiance en soi… et même majorer le risque de maladies cardiovasculaires. La Haute Autorité de Santé recommande une visite annuelle minimum au dentiste à partir de 60 ans, même sans douleur (HAS, actualisation 2021).
- Dépistage des caries, détartrage, vérification des prothèses dentaires
- Contrôle de la gencive (parodontite, premier facteur de perte de dents chez les seniors)
- Conseils personnalisés pour l’hygiène buccale
Un constat : un senior sur trois déclare ne pas être allé chez le dentiste depuis plus de deux ans (Enquête UFSBD, 2022). Or, le maintien d’une bonne santé buccale réduit aussi le risque de dénutrition.
3. L’audioprothésiste et ORL : ne pas négliger l’audition
La presbyacousie (perte progressive de l’audition liée à l’âge) concerne 65% des plus de 65 ans. Consulter un ORL au moins tous les 3 à 5 ans est recommandé dès 60 ans ; plus fréquemment en cas de gêne ou d’antécédents familiaux, de bruit professionnel ou de troubles constatés par l’entourage.
- Bilan auditif gratuit (souvent proposé lors des campagnes de prévention, en pharmacie…)
- Proposition d’appareillage si besoin : depuis 2021, le « 100% santé audio » permet d’être équipé sans reste à charge, sous conditions (Assurance Maladie, réforme 100% Santé)
- Vérification de l’état des prothèses auditives
Des difficultés à entendre ou suivre une conversation peuvent accélérer l’isolement social, nuire à la mémoire et même majorer le risque de déclin cognitif selon les études épidémiologiques (Lancet Public Health, 2020).
4. Le dermatologue : la peau, un organe sous surveillance
Avec l’âge, la peau devient plus fragile. Le risque de tumeurs cutanées (carcinomes, mélanomes), de lésions précancéreuses, mais aussi d’ulcérations ou d’infections augmente. Un contrôle tous les 2 ans chez le dermatologue est conseillé, et tous les ans si exposition solaire importante ou antécédents familiaux.
- Dépistage des taches suspectes, grains de beauté, kératoses actiniques
- Conseils en prévention solaire et sur les soins adaptés aux peaux matures
- Repérage de plaies chroniques ou de maladies de peau fréquentes chez le senior (eczéma, prurit, etc.)
Les cancers de la peau sont les plus fréquents après 60 ans, mais un diagnostic précoce permet souvent une prise en charge simple et efficace (Institut National du Cancer).
5. Le cardiologue : prévenir AVC et troubles du rythme
L’hypertension, l’arythmie, l’insuffisance cardiaque ou les antécédents familiaux justifient une surveillance rapprochée. En l’absence de pathologie connue, une consultation tous les 2 à 5 ans chez le cardiologue permet un dépistage précoce ; la fréquence augmente si un facteur de risque est identifié par le médecin traitant.
- ECG, mesure de la pression artérielle, contrôle du cholestérol
- Dépistage de la fibrillation auriculaire (risque d’AVC multiplié par 5 après 65 ans, selon la Fédération Française de Cardiologie)
- Évaluation de la capacité d’effort selon l’activité et les souhaits de chacun
En France, 70% des plus de 65 ans présentent au moins un facteur de risque cardiovasculaire important (Drees, 2022).
6. Le pharmacien : un allié de proximité
Le rôle du pharmacien évolue : il ne se contente plus de dispenser des médicaments. Il propose aujourd’hui des bilans partagés de médication, de conseils personnalisés, la vérification des interactions entre traitements, et même la vaccination antigrippale ou Covid. La visite régulière à son pharmacien de quartier, surtout en cas de polyprescriptions, est essentielle pour éviter erreurs, surdosages ou oublis.
- Bilan de médication gratuit pour les plus de 65 ans sous plusieurs traitements (CNAM, 2023)
- Conseils sur automédication, gestion des piluliers, remise à niveau des ordonnances
- Orientation vers d’autres professionnels en cas de doute