Les effets de l’isolement social sur le cerveau : ce que disent les recherches
Des régions cérébrales qui « s’éteignent » faute de stimulation
Le cerveau est un organe plastique : il se modèle, évolue, s’épanouit grâce aux stimulations que nous lui offrons (conversations, sorties, jeux, apprentissages, émotions…). Lorsque les échanges diminuent, plusieurs zones cérébrales sont moins sollicitées.
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Diminution de la matière grise : Diverses études en imagerie cérébrale ont mis en évidence une réduction du volume de certaines régions liées à la mémoire (hippocampe), au raisonnement (cortex préfrontal), et au contrôle des émotions chez les seniors isolés (Harvard University, « Social isolation, loneliness in older people pose health risks », 2021).
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Moindre connectivité neuronale : L’absence d’interactions réduit la « connectome », ce réseau d’échanges entre les neurones, essentiel au maintien cognitif (National Institute on Aging, USA).
Fonctions cognitives et mémoire mises à rude épreuve
Manque de stimulation, moins d’informations à traiter… Plusieurs fonctions déclinent plus vite :
- Baisse de la mémoire à court et long terme
- Difficultés d’attention et de concentration
- Perte de rapidité dans la réflexion et résolution de problèmes
- Difficulté à organiser ses pensées, planifier, prendre des décisions
Selon une vaste étude menée au Royaume-Uni (Nightingale et al., The Journals of Gerontology, 2020), les personnes âgées isolées auraient 40% de chances en plus de voir leurs fonctions cérébrales décliner au fil des ans.
Risques accrus de maladies neurodégénératives
Plusieurs travaux pointent l’isolement social comme un « facteur de risque modifiable » pour la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démences :
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Une enquête du Lancet (2020) estime que près de 10% des cas de démences pourraient être évités en luttant contre l’isolement !
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Les personnes âgées isolées présentent un risque 2 fois plus élevé de développer une maladie d’Alzheimer comparé aux seniors bien entourés (Holwerda et al., Journal of Neurology Neurosurgery & Psychiatry, 2014).
Le manque d’intéractions influencerait le vieillissement cérébral par un stress accru, une moins bonne gestion des émotions, et une moindre sollicitation des circuits impliqués dans la mémoire.