Pierre-Luc Périchon : “L’un des Tour qui m’a fait le plus souffrir”

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Appelé de dernière minute, Pierre-Luc Périchon est allé au bout de son septième Tour de France qui pourrait être aussi son tout dernier (photo DR)

Le coureur de la Plaine de l’Ain, âgé de 35 ans, originaire de Saint-Jean-de-Niost et formé au Vélo Club d’Ambérieu, vient de boucler son septième Tour de France à la 63ème place du classement général, à 3h25’32” du lauréat danois Jonas Vingegaard. Il répond à nos questions.

Quel bilan tirez-vous de vos trois semaines de course ?
Personnellement, le bilan est un peu mitigé. J’étais venu avec des ambitions un peu plus élevées et mon prologue à Copenhague m’avait laissé espérer un niveau de forme assez compétitif, j’ai souvent été à contretemps dans la course et, malheureusement, j’ai attrapé une bronchite. Dans les premières étapes dans les Alpes, j’ai attrapé froid dans une descente, cela m’a suivi tout le Tour et je tousse encore un petit peu. J’ai commencé à retrouver des sensations sur la fin de la troisième semaine mais cela m’a quand même beaucoup handicapé en deuxième semaine. C’est le sport.

Comment avez-vous vécu cette ferveur autour de l’événement ?
Cela faisait deux ans que c’était compliqué avec le covid et là, on a retrouvé un public à 100 %. C’était très enthousiasmant, très excitant et aidant dans l’effort. Ce fut vraiment très plaisant de retrouver le public sur le bord des routes.

Physiquement, s’agit-il de l’un des Tour de France les plus durs que vous ayez disputé jusqu’ici ?
Oui, c’est l’un des Tour qui m’a fait le plus souffrir physiquement. Le parcours n’était pas si difficile que cela sur le papier mais, comme on dit souvent, ce sont les coureurs qui font la course et, comme cela roulait très vite, cela a rendu le Tour très compliqué.

Selon vous, Jonas Vingegaard est-il vraiment au-dessus du lot ?
Je pense que la Jumbo-Visma (son équipe) a été visionnaire dans son approche du sport. Jonas était le plus fort de l’équipe et, de ce fait, du Tour aussi. Mais au-dessus du lot, je ne crois pas… Il n’y a pas 10 minutes d’écart entre le premier et le deuxième. Jonas était peut-être plus fort et Tadej (Pogacar), un peu moins fort que l’an dernier. On est des êtres humains avec nos pics de forme et nos défaillances. Tant mieux pour le sport et le spectacle. J’ai vécu le Tour de l’intérieur mais je pense que devant la télévision, les gens ont eu vraiment un beau spectacle avec des attaques, des retournements de situation…

Terminer dans le top 10 français est-il une satisfaction pour vous ?
Franchement, ce n’était pas l’objectif. Il faut aussi prendre en compte le covid, il y a beaucoup de coureurs qui ont dû rentrer à la maison.
Le classement général n’était pas du tout un objectif. Mon équipe (Cofidis) est allée sur le Tour en chasseur d’étapes et on a vite perdu les coureurs qui pouvaient potentiellement briller sur des étapes. En fait, notre fil rouge a été le maillot à pois (meilleur grimpeur) de Simon Geschke que l’on a perdu malheureusement lors de la dernière étape de montagne. Du coup, on fait chou blanc sur ce Tour de France sans victoire d’étape, ni maillot à pois, mais je pense qu’on notera l’enthousiasme et l’implication collective autour de ce fil rouge. Et on reviendra la saison prochaine en espérant de meilleurs résultats.

Quel est votre programme pour ces prochaines semaines ?
Je vais prendre un peu de repos pour récupérer et profiter de la famille. Puis, je vais reprendre l’entraînement dès la semaine prochaine avec quelques critériums d’après Tour de France, à Dijon, Dôle et Aix-en-Provence. Après, je retourne en course du 11 au 14 août avec l’Artic Race of Norway et quelques courses d’un jour. Cette année, j’ai enchaîné le Tour d’Italie et le Tour de France. Je termine le Tour avec 62 jours de course, ce qui n’est pas mal pour une fin juillet…

On ne vous verra donc pas sur le Tour de l’Ain ce mois d’août ?
Non, je n’y serai pas. Pourtant, j’aime l’ambiance et le fait d’être à la maison, mais c’est une course qui ne m’a jamais trop réussi depuis que je fais le Tour de France. Avec les sollicitations médiatiques, le public… Je n’arrive pas à être concentré sur la course. Je préfère laisser ma place à un coureur performant. Je sais que beaucoup de monde aimerait me voir sur le Tour de l’Ain. En plus, mon père fait partie de l’organisation du Tour de l’Ain cadets. Mais le but n’est pas que de faire plaisir aux gens mais surtout d’être performant.

Vous avez annoncé votre intention de vous retirer du peloton professionnel à la fin de votre contrat en décembre 2023. Dans cette optique, comptez-vous savourer différemment votre fin de carrière ?
Je vais garder ma ligne de conduite et je veux être impliqué dans mon travail jusqu’à la fin, avec l’équipe Cofidis et mes coéquipiers. J’espère que l’équipe continuera à me faire confiance comme elle l’a fait jusqu’à maintenant, que mon rôle sera inchangé et que je pourrais continuer à réaliser ma tache de capitaine de route et d’équipier impliqué jusqu’au bout. Ma motivation reste intacte. Après, je pourrais tourner la page, me poser, profiter de mon fils et peut-être que d’ici là, il y en aura un deuxième aussi (rires).

Enfin, avez-vous pensé que ce Tour de France 2022 était peut-être votre tout dernier ou bien vous projetez-vous déjà sur le suivant ?
Je me projette bien sûr pour l’an prochain mais je me suis mis en tête que, potentiellement, c’était le dernier si l’équipe en 2023 prend une orientation différente et si ma place dans l’équipe n’est pas acquise. Sincèrement, j’y ai beaucoup pensé cette année et c’est d’autant plus frustrant de ne pas avoir réussi accéder à mes objectifs et que, peut-être, c’était la dernière fois que je pouvais essayer de le faire.     

T.G.


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