Ouvertures et fermetures de classes : de bonnes surprises et la douche froide à Dagneux

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Les parents d’élèves de Dagneux se sont faits entendre avec un concert de casseroles

Chaque fin d’année scolaire rime avec ajustement des effectifs enseignants dans les écoles primaires pour la direction académique. Cette année, les décisions annoncées ont surpris, dans le bon comme dans le mauvais sens.


Le conseil départemental de l’éducation nationale décide au fil de l’année scolaire des ouvertures et fermetures de classe dans les écoles primaires pour la rentrée suivante. En janvier, une première série de décisions était annoncée pour septembre 2022, avec cinq classes supplémentaires sur notre territoire à Balan, Beynost, La Boisse et Miribel. Un poste s’ajoutait pour une Unité Localisée d’Inclusion Scolaire à Saint-Rambert-en-Bugey. Cela s’équilibrait avec des fermetures de classes à Priay, Saint-Denis-en-Bugey, Tenay, Vaux-en-Bugey, Miribel et Montluel.
Puis, d’autres mesures étaient annoncées comme “à suivre”. Sept ouvertures dont une à Tramoyes et une seconde à Beynost, qui fait face à une explosion démographique. Du côté des fermetures potentielles, au nombre de huit, notre territoire n’était pas impacté. Le 27 juin, un comité technique spécial départemental s’est réuni avec les partenaires, présentant les nouvelles mesures. Celles-ci confirment, sur notre secteur, les ouvertures à suivre, complétées par une classe supplémentaire à la maternelle de Saint-Maurice-de-Beynost, une onzième classe à Villieu-Loyes Mollon et une douzième classe à Saint-Maurice-de-Gourdans. Un poste d’enseignant spécialisé est également créé pour le RASED de Meximieux.
Du côté des fermetures, c’est la douche froide : sur les huit proposées en janvier, une seule est retenue – à Oyonnax. Cinq autres sont annoncées, notamment à l’école élémentaire du Val Cottey à Dagneux. Pour tous les acteurs de l’éducation sur la commune, c’est une très mauvaise surprise. Le sujet a été évoqué dès un conseil d’école le 28 juin. Les parents d’élèves se sont mobilisés dans la foulée en lançant une pétition et en organisant une mobilisation vendredi 1er juillet devant l’école. Un courrier a été envoyé à l’inspection de l’éducation nationale de la Côtière.

Une fermeture apprise par hasard, à l’aube des vacances scolaires

Les effectifs sont passés de 294 en 2021 à 276 en 2022 suite à une baisse des naissances et quelques départs vers le privé. Soit une moyenne de 25,3 élèves par classe. Cécile Sclama, membre des parents d’élèves indépendants et maman de deux enfants scolarisés dans l’école décrit : “Nous avons appris cette décision par le directeur, qui l’a lui même apprise par un mail. La direction académique lui a signalé seulement le 27 juin, à l’aube des vacances scolaires, avec peu de recours possible. C’est l’incompréhension la plus totale. La baisse globale ne justifie pas la fermeture. Il y a moins d’inscrits et moins d’élèves sur les petites classes, mais ils sont nombreux en cycle 3, à savoir le CM1-CM2. Or, ces classes peuvent difficilement être mélangées avec les autres niveaux, il y a des matières spécifiques qui n’existent pas avant. Cela provoquera des effectifs à 30 ou 31 par classe en CM1 et CM2. Les enfants qui vont rentrer en CM1 sont déjà ceux qui ont commencé l’école élémentaire avec le COVID. On a aussi une école en double inclusion, avec un dispositif ULIS (Unité Localisée d’Inclusion Scolaire), dont les enfants ne sont pas comptés dans les effectifs, et une inclusion sociale, trente enfants venant de la maison d’enfants à caractère sociale. On considère cela comme une richesse pour le vivre ensemble mais cela nécessite une prise en charge accrue.
La mairie soutient les parents d’élèves dans leur démarche. La maire, Carine Couturier, explique avoir appris cette décision “par hasard. L’inspecteur de l’éducation nationale ne nous a pas prévenus, comme cela avait été le cas par le passé. On a entendu des bruits et on l’a interpellé.” A la demande de la première magistrate, une visioconférence avec la directrice académique adjointe s’est déroulée ce lundi. Chacun a pu exposer ses arguments. Sans qu’ils n’aboutissent… La décision a été confirmée dans la soirée.

Le SNUIPP regrette le manque de titulaires remplaçants


Au-delà du cas dagnard, le syndicat enseignant SNUIPP de l’Ain regrette plus globalement les annonces trop tardives et le manque de postes de titulaires remplaçants. Cette année scolaire a été marquée par de nombreuses absences non remplacées, ou très partiellement remplacées. Entre l’hiver et le printemps, il a chiffré à 3.500 le nombre d’élèves n’ayant pas classe chaque jour dans l’Ain. Il estime à 81 le nombre de titulaires remplaçants manquant pour faire face aux absences et aux besoins de formation. Or, seulement six ont été créés.         

C.B.

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