Hugues de Beaupuy : l’homme qui a accompagné la création de plus de 5600 emplois en 20 ans !

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Hugues de Beaupuy a supervisé le développement et l’aménagement du Parc industriel de la Plaine de l’Ain durant 21 ans. Sous sa direction, le nombre d’emplois a plus que triplé ici.

Il a contribué à un essor sans précédent du parc industriel de la plaine de l’Ain durant ces deux dernières décennies. Sous sa gouverne, le PIPA est devenu une véritable machine de guerre économique, passant d’une soixantaine d’entreprises employant environ 2.600 salariés, à 188 entreprises et plus de 8.200 salariés. Hugues de Beaupuy, directeur du syndicat mixte qui assure la gestion du PIPA, vient de passer la main. Il revient avec nous sur cette belle aventure humaine et industrielle.

M. de Beaupuy, pour commencer, pourriez-vous redéfinir, en tant que directeur du syndicat mixte de la plaine de l’Ain, quel a été votre rôle depuis 2001 ?
Depuis que j’ai pris la direction du syndicat mixte, il y a 21 ans très exactement, mon rôle aura été d’alimenter la stratégie de développement du parc industriel, telle qu’elle a pu être définie par sa présidence, de la diriger et de la décliner de façon opérationnelle avec une équipe. Il s’agissait donc d’aménager le parc industriel, d’assurer sa maintenance, de commercialiser les surfaces exploitables, mais également de créer une véritable animation économique, une dynamique…

Durant cette période, qui a vu croître le nombre d’entreprises à un rythme soutenu, y a-t-il eu, à titre personnel, des réussites plus marquantes que d’autres, des évolutions dont vous savourez aujourd’hui la réussite ?
Oui évidemment, il y a eu un certain nombre d’évolutions qui m’ont apporté une grande satisfaction. Elles ne sont pas uniquement économiques ou stratégiques, mais de plusieurs ordres. Je pense notamment la création d’une pépinière d’entreprises qui dépasse le cadre strict de l’aménagement et de la gestion du Pipa. Elle a permis et permet encore d’accompagner de plus petites entreprises, qui a leur tour deviendront peut-être grandes un jour. Le développement du Club des entreprises est aussi un projet dont je suis particulièrement heureux. Il a contribué à apporter une unité à ce territoire industriel, à le consolider humainement parlant.
Du côté des évolutions structurelles, j’ai participé à deux réformes majeures des statuts du syndicat mixte, notamment celle de 2013 qui a sans doute donné un nouvel élan. Le Syndicat Mixte de la Plaine de l’Ain est alors devenu le Syndicat Mixte du Parc Industriel de la Plaine de l’Ain. À l’époque, onze communautés étaient membres du syndicat mixte, puis il n’y en a eu subitement plus que 4, mais beaucoup plus motivées et impliquées, avec une communauté de communes qui n’a cessé de monter en puissance pour accompagner ce développement.
Et puis évidemment, certains dossiers d’implantation m’ont marqué plus que d’autres, avec l’arrivée d’entreprises emblématiques qui ont marqué l’histoire de notre développement. Je pense, entre autres, à l’arrivée de Plastic Omnium, à la décision de Carrefour d’installer ici son réseau logistique, ce qui permettait ainsi au groupe de rester près de son siège historique. Je pourrais aussi citer le groupe belge de boulangerie industrielle Vandermoortele. Symboliquement, il signifiait pour nous le rebond après la difficile crise de 2008 et 2009. Plus récemment, je suis très satisfait que nous ayons pu accueillir l’enseigne K-line du groupe Liébot. Il y en a beaucoup qui m’ont marqué et pour des raisons bien différentes à chaque fois.
Google devait venir…
A contrario, il y a forcément eu quelques échecs ou au moins des regrets ?
Oui, bien sûr. Google devait venir. C’était un gros projet qui nous a demandé six mois de travail, mais qui n’est pas allé au bout (NDLR : en 2008 Google envisageait de construire un immense data center dans la plaine de l’Ain sur près de 120 ha). Je pense aussi à Unilin (NDLR : la plus grande entreprise de recyclage de bois en Belgique). Cela ne s’est pas fait non plus, mais pour des raisons réglementaires, que nous avons su résoudre depuis. Et puis en 2019, le projet de l’usine Safran est tombé à l’eau, c’est Feyzin qui l’a finalement emporté. (NDLR : projet d’usine de production de disques de freins carbone pour l’aéronautique)

La logistique n’est plus la première activité ici


Le parc industriel semble avoir connu, durant 20 ans, une dynamique quasiment ininterrompue. Mais, le virage de la diversification des activités a-t-il également été bien amorcé ?
Oui, je le pense. Nous voulions surtout ne pas rester cantonnés sur la logistique, et je crois que la diversification est plutôt réussie puisque la logistique n’est plus la première activité ici. Évidemment, il a fallu faire des choix et opposer de nombreux refus. La situation du parc industriel de la Plaine de l’Ain est très attractive et la sollicitation est tellement forte de la part des entreprises de logistique, que si nous avions cédé aux demandes, nous aurions déjà largement rempli le parc. Ce n’était pas du tout notre objectif.

Votre fonction était également fondée sur des rapports de confiance avec les élus locaux et intercommunaux. Fut-il toujours aisé de travailler en bonne intelligence, entre intérêts économiques et politiques ?
Oui, cela n’a vraiment pas été un problème ici. Je crois que je peux dire que j’ai eu la joie de travailler avec six présidents différents, et quelle que soit leur couleur politique, leur stratégie est plutôt restée la même. Cela a permis d’avancer de concert et d’exercer pleinement mon rôle qui était d’alimenter la stratégie du président. Il n’y a jamais eu d’antagonismes particuliers sur les dossiers. Mon boulot était que ce parc se développe et je crois que chacun a toujours été un maillon indispensable pour cette réussite.

“Le parc industriel aura des exigences de plus en plus qualitatives”


Le temps est venu pour vous de passer la main, quels souhaits pourriez vous formuler pour l’avenir du PIPA et comment imaginez-vous désormais sont évolution ?
Tout l’enjeu va être d’évoluer dans une constance, de poursuivre des objectifs entre ambitions, innovations, activité économique, exigences écologiques…Mais les contraintes vont forcément être différentes. Après une phase de lancement, puis ces décennies de fort développement, la rareté des places, la pression foncière vont inévitablement entraîner des contraintes de densification. Globalement, j’imagine que le parc industriel aura des exigences de plus en plus qualitatives.

Émilie Brot, votre directrice adjointe, a désormais pris la direction du Syndicat mixte. Son action va-t-elle s’inscrire dans la continuité ?
Qui vivra verra, comme on dit ! Ce n’est pas vraiment à moi de me prononcer, mais depuis 10 ans nous travaillons ensemble, elle est mon adjointe à la direction depuis 4 ans, donc nous avons forcément une proximité de vues et de façon générale, la même perception des choses. Nous sommes très alignés, donc oui, il y aura sûrement une forme de continuité, avec les adaptations à apporter en fonction des grandes évolutions à venir. Je lui souhaite la même chose que moi, car ce furent réellement 20 très belles années à la direction du syndicat mixte, un vrai plaisir.         

G.R.


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