Etats-Unis : “L’avortement pourrait être interdit même en cas d’inceste ou de viol”

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Le 2 mai 2022, sous l’impulsion de juges conservateurs, la Cour Suprême des États-Unis a proposé un projet de loi destiné à remettre en question l’équivalent de la loi Veil, à savoir, l’arrêt Roe v. Wade du 22 janvier 1973 qui autorise l’avortement. Deux franco américains, Diane et Richard, qui vit à Beynost, témoignent.

Pourriez-vous expliquer un peu les tenants et aboutissants de ce projet de loi ?

Diane : L’arrêt Roe v. Wade date de 1973. À l’époque, pour prendre sa décision, la Cour Suprême a dû se positionner dans le champ d’application du quatorzième amendement. Les conservateurs ne l’ont jamais accepté. Avant son départ de la Maison Blanche, le président Trump a mis en place des juges conservateurs, donnant ainsi la majorité dans le camp républicain. Le but, c’est de dire qu’il appartient à chaque État de décider pour cette question.Par cette démarche de la Cour Suprême, le droit des femmes américaines à l’avortement est menacé. Certains états ont anticipé l’invalidation de l’arrêt Roe v. Wade, en mettant en place des lois extrêmement restrictives. Ainsi, l’avortement pourrait être interdit même dans des cas de viol ou d’inceste. Au Texas, une loi existe et l’on va jusqu’à offrir des primes aux dénonciateurs. Vingt-deux états sont menacés de ce retour en arrière de plus de quarante-neuf ans.

L’arrêt Roe v. Wade a une histoire assez chaotique et difficile depuis 1973 ?

Diane : Oui. C’est vrai. La décision Roe v. Wade est basé sur les droits à la vie privée et non sur le droit à l’avortement. Avec la nouvelle interprétation de la loi, nous, Démocrates, avons peur que les Républicains ne s’en prennent à d’autres droits. Au mariage pour tous, au mariage interracial…Richard : C’est vrai que ce droit est basé sur une décision qui fait jurisprudence. Il a été encore confirmé par la Cour Suprême en 1992. Les juges, qui depuis ont été nommés, passent toujours devant une commission judiciaire du Sénat avant d’être confirmés, et à la question sur l’avortement, ils ont tous répondu que cela faisait jurisprudence et que la question est réglée : cinq juges conservateurs sur un total de neuf ont donné cette réponse. Or, maintenant, ils veulent invalider cette décision, ils ont donc menti pour être sûrs d’être confirmés, d’où la colère suscitée.

Quoi qu’il arrive, il restera toujours des états où l’avortement sera légal et autorisé…

Diane : C’est vrai qu’il y aura toujours des états où le droit à l’avortement sera maintenu. Cependant, pour les familles les plus pauvres, il sera plus compliqué de se déplacer vers un état loin de son domicile. Ce sont encore les gens les plus faibles socialement qui seront pénalisés, voire punis.

Il existe en France ou aux USA des personnes qui pour des raisons philosophiques, religieuse ou humaines, ont des arguments qu’elles estiment également légitimes, contre l’avortement…

Richard : Le droit à l’avortement permet aux femmes qui le souhaitent de la même manière qu’il respecte le droit de celles qui souhaitent garder leur enfant. 
Les Américains en France ont-ils une voix dans ce débat ?Diane : Tout citoyen américain, où qu’il soit dans le monde, peut voter aux élections américaines. Tous les Américains à l’étranger devraient s’inscrire pour voter aux élections de novembre prochain.  F.C.


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