Mortalité routière : l’Ain est reparti sur la mauvaise pente

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La gendarmerie de l'Ain a été dotée d'une Alpine.

Les chiffres de la sécurité routière dans l’Ain depuis le début de l’année 2022 ne sont pas bons. Augmentation du nombre d’accidents, de blessés et de tués, tous les indicateurs sont dans le rouge. Alors que les grandes transhumances estivales se profilent, les mailles du filet devraient se resserrer le long de nos routes.

Déjà près de 1200 rétentions de permis depuis début 2022, 155 blessés, 202 blessés et 11 tués*, rien ne va plus sur les routes de l’Ain. Alors que l’année 2021 semblait annoncer un léger mieux après une année 2020 particulièrement funeste, les premiers bilans ne laissent présager rien de bon. Il est vrai que l’an dernier déjà, si avec 35 tués la mortalité avait fléchi de 19 %, en revanche, l’augmentation des accidents (+11 %) et des blessés (+6 %), démontrait la fragilité de la situation. Les faits ont malheureusement confirmé les craintes, puisque le nombre de tués a bondi de plus de 80 % depuis le début d’année en comparaison à 2021*. Les mois d’été qui s’annoncent, avec un trafic routier sous pression des vacanciers, ne présagent rien de bon, car c’est bien souvent la période la plus accidentogène. Outre la hausse des trajets de loisirs, motos et vélos sont également bien plus nombreux sur les routes durant les beaux jours. Et encore une fois, les chiffres sont sans appel, puisque l’an dernier, 37 % des accidents mortels survenus dans l’Ain concernaient un pilote de moto, de scooter ou de vélo. Afin d’infléchir cette tendance, les forces de l’ordre devraient donc multiplier les contrôles durant ces prochaines semaines. La nouvelle préfète de l’Ain, Cécile Bigot-Dekeyzer, a redonné le ton, jugeant que la responsabilité ne tient pas aux infrastructures, mais bien au comportement des conducteurs, et que c’est donc en ce sens qu’il va falloir continuer d’agir.
Le 19 mai dernier, elle était d’ailleurs sur le terrain avec les forces de l’ordre à l’occasion d’une vaste opération de contrôles routiers, qui faisait suite aux mauvais chiffres parus fin avril. Ce type d’opération, à forte dimension préventive, sera amené à être renouvelé, mais elle s’accompagnera d’un arsenal répressif de plus en plus aiguisé. Les gendarmes de l’Ain ont ainsi été dotés tout récemment d’une Alpine A110, qui permettra notamment d’intervenir auprès des auteurs de grands excès de vitesse qui traversent le plus souvent le département sur son réseau autoroutier. Le véhicule en question affiche 252cv pour une vitesse de pointe autour de 250 km/h et vient s’ajouter aux Mégane 3 RS qui équipaient jusque-là l’Équipe Rapide d’Intervention (ERI).
D’autre part, le département de l’Ain est actuellement équipé de 27 radars tourelles, quatre radars fixes “classiques” et plusieurs radars autonomes (dits radars de chantiers), qui sont régulièrement déplacés. À cela il faut ajouter les radars mobiles, qui équipent des véhicules banalisés. L’an dernier, pas moins de 3.000 permis ont été suspendus dans l’Ain suite à des infractions, et 500 ont été annulés par décision de justice.  


G. R.

* (données consolidées à fin avril)

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