L’été en avance : déjà un mois et demi de restrictions sur l’eau

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Les températures sont estivales cette semaine. Mais, si le soleil permet de profiter de la vie en extérieur, d’autres subissent déjà les conséquences d’une sécheresse précoce.


Avec près de 30 degrés pour les Saints de Glace et des températures quasi caniculaires cette semaine, la majorité de la population peut profiter du printemps à pleines dents après deux années de contraintes liées aux vagues pandémiques… Néanmoins, déjà, des restrictions sur la consommation d’eau sont imposées sur notre secteur, notamment en Dombes et l’inquiétude est très présente pour la ressource en eau.
En effet, depuis le début de l’année 2022, avec 98,2 mm tombés entre janvier et avril, la pluviométrie est faible, inférieure de moitié aux moyennes annuelles de 215,8 mm pour la même période. Les quelques gouttes de ces derniers jours ne viennent pas changer fondamentalement la donne. Le niveau des nappes souterraines est légèrement inférieur à la normale sur la basse vallée de l’Ain et il est très bas sur la Dombes Sud. Sur notre territoire, le plateau au-dessus de la Côtière est concerné.* Le niveau de cette nappe est bien remonté de 30 cm par rapport à l’année dernière. Mais il n’y a rien de reluisant puisque l’on se compare au niveau le plus bas jamais enregistré. En fait, depuis avril 2019, la nappe a diminué d’1,5 m… “La situation sur ce secteur reste donc très dégradée, avec des niveaux qui sont historiquement bas. Ce territoire fait l’objet de restrictions “sécheresse” récurrentes depuis plus de 3 ans. L’évolution de la situation sera nécessairement lente en “Dombes Sud”. Aucune amélioration significative ne peut être attendue à court terme” indiquent les services de l’État.

La crainte d’une pénurie d’eau potable pour l’été

La crainte des autorités : se trouver face à des pénuries au cours de l’été, notamment en matière d’eau potable. Si la situation actuelle est satisfaisante, il n’est pas impossible qu’elle se dégrade : “Malgré ces efforts collectifs, les moyens mis en œuvre ne peuvent garantir la non-survenue à l’avenir de nouvelles situations critiques” selon la préfecture. À ce titre, le pôle technique intersyndical de l’eau (PTIE) au syndicat Bresse Dombes Saône surveille la nappe de très près : “La quantité de prélèvements dépend de plusieurs facteurs, mais surtout de la météo à venir : les usages agricoles, l’utilisation des piscines, de l’eau potable, le bétail à abreuver… On a passé l’été 2021 relativement bien car il n’y a pas eu de pic de consommation. Mais on continue à surveiller de très près, car les années précédentes, on a eu des gros pics alors que la nappe était plus haute” explique un technicien.

Précipitations entre janvier et avril 2022 par rapport aux moyennes mensuelles


Résultat : dès le 31 mars, la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer signait un arrêté plaçant le bassin de gestion eaux souterraines Dombes Sud en situation d’alerte renforcée. Ce qui a entraîné des restrictions pour tous dans l’immédiat : interdiction de l’arrosage des massifs, des plantes, des espaces verts, du remplissage des piscines, du lavage des voitures pour les particuliers. Les professionnels sont également concernés : les agriculteurs et maraîchers ne peuvent pas arroser la journée entre 9h et 21h, à moins qu’ils n’aient installé des systèmes spécifiques de gouttes à gouttes, de micro-aspersion ou de paillage. Sauf exception, les entreprises consommant plus de 7.000m3 d’eau par an doivent également faire en sorte de réduire leur consommation de plus de 50%. Déjà, chez les maraîchers et les agriculteurs, ces contraintes entrainent une certaine grogne. À Sainte-Croix, le Gaec du Lanchet commercialise ses légumes uniquement en vente directe. “C’est compliqué pour nous, on a du personnel et on ne peut pas le faire venir la nuit pour arroser. On respecte, mais il ne faudrait pas que ça dure trop… parce qu’on risque de perdre en production. Cela voudrait dire que l’on ne pourrait plus nourrir les clients. Les années précédentes, il y avait des dérogations pour les maraîchers. On est en colère : si on n’arrose pas, il n’y a pas de légume, tout simplement.” On scrute donc le ciel en espérant qu’il apporte un peu de pluie ces prochains jours, alors que les mois d’été sont les plus gourmands en eau…
En attendant, sur ce secteur, “chacun doit modérer sa consommation, mais on se rend compte que l’arrêté est assez mal connu. Depuis qu’il a été pris, on ne voit pas réellement d’impact sur les volumes distribués” explique le PTIE.
Quant à l’évolution des restrictions, les services de l’État prévoient un nouveau point d’étape à la fin du printemps… À très court terme, il n’en est pas envisagé de nouvelles. L’an dernier a prouvé combien la météorologie est imprévisible et pouvait inverser totalement la situation en quelques jours.     

C.B.

* Liste des communes concernées : Beynost**, Faramans, Joyeux, La Boisse**, Le Montellier, Miribel**, Montluel, Neyron**, Pizay, St-Eloi, St-Maurice-de-Beynost**, Sainte-Croix, Tramoyes. (** sur la partie plateau uniquement). 

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