Une nouvelle page se tourne dans le paysage commercial ambarrois

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Les grilles se sont refermées sur le studio Grampa. Il reste tout de même ici un nom qui évoque une histoire de plus d’un siècle que perpétue Amandine Minand, désormais installée à Saint-Denis-en-Bugey

L’emblématique studio de photographie Grampa, avenue Roger Salengro à Ambérieu-en-Bugey, vient de baisser définitivement son rideau. C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la photographe Amandine Minand, qui prend désormais ses quartiers dans un studio beaucoup plus vaste du côté de Saint-Denis-en-Bugey. C’est, aussi et surtout, une page de l’histoire commerciale locale qui se tourne avec la fermeture de cette enseigne qui a vu défiler sous son objectif les visages de milliers d’Ambarrois.

Nostalgie, nostalgie… Le temps passe, et même immortalisé sur des clichés, jamais ne s’arrête. Un temps qui emporte avec lui les souvenirs d’une autre époque, notamment ceux de l’avènement du “clic-clac”, de la photographie populaire, et de l’âge d’or de l’argentique. Des visages sur des bouts de carton aujourd’hui un peu, ou beaucoup, jaunis qui respirent une forme d’insouciance, le bonheur souvent idéalisé d’une autre époque, et la joie toute simple que l’on avait alors de poser pour la postérité devant un objectif.
Dans la cité cheminote, le studio Grampa fut une véritable institution, sans doute une enseigne parmi les plus anciennes de la ville, dont le nom a été perpétué au fil du temps par de nouvelles générations de photographes. Plus de 100 ans se sont écoulés depuis que les Grampa ont posé leurs antiques “chambres d’atelier”, dans un bâtiment qui se situait alors au “29 avenue de la Gare”. Et pour tous les anciens, le nom du studio Grampa est aussi et surtout peut-être, associé à l’histoire de la famille Lebrun, propriétaire de cet immeuble du 47 avenue Roger Salengro. La succession de Grampa, ce sont eux qui l’ont assurée durant plus de quatre décennies à Ambérieu. Autant dire qu’une bonne partie de la ville s’est fait tirer le portrait ici.
À la fin des années 90, l’histoire aurait pu s’arrêter, mais ce fut un nouveau tournant avec l’arrivée de Lionel Darnand qui reprend le studio à son compte. Déjà le vent tourne, la technologie évolue, c’est même une véritable révolution qui survient en quelques années pour la profession avec l’avènement du numérique. Nombre de photographes professionnels vont être emportés par cette tourmente, mais d’autres réinventent le métier, jonglent de l’argentique au numérique, s’appuient sur leur savoir-faire et savent s’adapter pour offrir à une clientèle de plus en plus exigeante des prestations créatives et de qualité. Lorsqu’en 2004, Lionel Darnand décide de passer à son tour la main, appelé par une autre destinée, c’est une jeune photographe, Amandine Minand, qui saute sur l’occasion pour reprendre l’affaire. Certains n’y croient guère, estiment que l’ère du numérique, puis des smartphones va sonner la fin des studios de photographie. Alors devenue l’unique photographe de la ville, la jeune femme, diplômée d’un BTS de photo, ne voit pas les choses ainsi. Elle ne va rien lâcher. Dix-huit ans plus tard, elle est toujours là, s’appuie désormais sur une solide réputation locale et a obtenu à deux reprises une reconnaissance nationale pour ses portraits. Amandine Minand a su se faire un nom ici, un nom qui n’efface cependant pas l’épopée Grampa à laquelle elle est restée attachée. Preuve en est la petite enseigne au nom du créateur qui a toujours trôné sur la devanture de sa boutique.
Pour nombre d’Ambarrois de souche, de toute façon, cela restera ici éternellement le studio “Grampa”. Une boutique sur laquelle le rideau de fer s’est définitivement baissé la semaine dernière. Mais si Ambérieu perd encore l’un de ses commerces emblématiques, l’aventure est loin d’être terminée pour Amandine Minand, qui prend désormais ses quartiers à Saint-Denis-en-Bugey, rue Victor Hugo, dans un ancien moulin rénové : “Pour moi rien ne s’arrête, bien au contraire, c’est juste une nouvelle page qui se tourne. Je voulais m’agrandir et il me fallait donc trouver de nouveaux locaux. Saint-Denis m’a offert la possibilité de poursuivre mon activité de photographe dans des conditions encore meilleures. Mais je reste très attachée à l’histoire de Grampa, je conserve d’ailleurs de nombreuses archives glanées au fil des années que les clients ont bien voulu me transmettre. C’est une épopée qui m’intéresse et que je voudrais sauvegarder. J’invite bien volontiers ceux qui auraient encore des documents, des informations, à prendre contact avec moi” précise-t-elle. G.R.

Contacts : 06-25-57-51-36 ou par messagerie électronique : contact@amandine-minand.fr

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