EquiMountain à la limite de mettre la clé sous la porte

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Agathe Magnin ne peut déjà plus réaliser les investissements prévus

Un an après avoir repris l’ex-Poney Club de Cristal, Agathe Magnin risque de fermer sa pension pour chevaux faute de trouver comment cohabiter avec le chantier voisin d’Ecoparc Côtière.


Rencontrée il y a un an, peu après sa reprise de l’ancien Poney Club de Cristal de Christian Curtet qu’elle a transformé en EquiMountain, Agathe Magnin déclarait que son objectif était “que ce soit vivant, qu’on s’y sente bien, que ce soit un lieu où les gens ont envie de venir avec leurs chevaux.”
Mais, six mois après son installation, le chantier de la nouvelle ZAC des Goucheronnes voisine, alias Ecoparc Côtière, commençait. Un premier incident survient dans les premiers jours : un cheval qui s’enfuit et se blesse après avoir vu passer les premiers engins de chantier. Depuis, le spectacle des pelleteuses affole encore les équidés. En décembre, quand des nuages de poussière s’élèvent du chantier, que des chevaux se sont mis à tousser, “j’ai dû appeler pour qu’ils arrosent pour faire retomber la poussière.” Elle et son père Jo Magnin, co-gérant de la pension pour chevaux, savaient dès l’achat du terrain la proximité en temps et en lieu du projet. En tant que professionnels du cheval, “on savait très bien comment ça allait se passer.” Mais ils avaient bien voulu écouter toutes les paroles rassurantes des responsables du chantier comme de la communauté de communes commanditaire du projet. Encore aujourd’hui, ces derniers “sont peut-être plein de bonne volonté mais ils ne comprennent pas le problème. Quand on a les aménageurs au téléphone, on sent qu’ils nous prennent de haut.” Les activités du chantier durent toute la journée jusqu’à 17h30, relatent-ils, “les gens ne peuvent plus monter en journée, ils s’en vont.”

Deux tiers des pensionnaires sont partis


Déjà, deux tiers des pensionnaires sont partis. Agathe Magnin, qui avait prévu d’investir dans un manège couvert, ne peut plus se permettre cet investissement. Une promesse d’aide financière de 150.000 euros pour ce type de bâtiment avait déjà été évoquée avec Christian Curtet. Mais cette promesse n’a pas été reconduite auprès de la nouvelle propriétaire. Elle ne peut plus, non plus, travailler avec de jeunes chevaux destinés à la vente, une autre partie de son activité : “Quand un cheval de trois ans entend un gros boom, il part au galop.”
À l’heure actuelle, les perspectives sont sombres : “Si ça continue, il faudra mettre la clé sous la porte. On ne peut pas réinjecter de l’argent. Et si on met la clé sous la porte, ils s’en laveront les mains.”     

F.D.

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