Les antinucléaires se manifestent au bon souvenir de la population

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Sur l’un des ronds-points de la ville menant à l’A42, un petit groupe d’antinucléaires du collectif SDN Bugey a alerté pacifiquement les automobilistes de passage qu’ils seront “peut-être obligés de se confiner ou, au pire, d’évacuer la zone pour un temps indéterminé”

36 ans, jour pour jour, après la terrible catastrophe de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986, une petite dizaine de membres du collectif SDN Bugey ont mené, le 26 avril dernier aux entrées de la ville de Meximieux, une action de sensibilisation et d’information auprès de la population locale sur la notion de périmètre de sécurité et, plus spécifiquement, le Plan Particulier d’Intervention (PPI) de la centrale du Bugey dont fait partie Meximieux.

Fidèle depuis de nombreuses années à ses actions militantes antinucléaires sur le territoire de la Plaine de l’Ain, le collectif SDN (Sortir du Nucléaire) Bugey a décidé, le mardi 26 avril dernier en fin d’après-midi, de frapper une nouvelle fois un grand coup en matière de communication, en installant une vingtaine de pancartes, sur quatre ronds points ainsi que devant les panneaux d’entrée et sortie de Meximieux, sur lesquelles était inscrit le message suivant, entouré d’un liseré rouge : “ZONE A ÉVACUER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE”. Une action volontairement en résonance avec la funeste date du 26 avril 1986, jour où s’est produit le dramatique accident nucléaire de Tchernobyl, à l’époque de l’ancienne Union Soviétique (URSS). Pour Jean-Pierre Collet, militant antinucléaire de longue date, il n’est surtout pas question d’oublier cette catastrophe et ce, encore moins dans le contexte mondial actuel : “Tchernobyl, on en parle beaucoup avec la guerre en Ukraine. Ces centrales nucléaires posent de gros problèmes. En plus de ceux intrinsèques liés à leur problème de dysfonctionnement, d’erreurs humaines, de séisme… On voit qu’avec la guerre, elles deviennent des cibles potentielles. On ne va pas se raconter d’histoire, elles représentent des menaces, cela peut dégénérer et, du coup, on n’est pas à l’abri de quelque chose qui pourrait être très, très grave”.
Parallèlement, à une échelle plus locale, cette action avait aussi et surtout pour but d’interpeller les nombreux automobilistes de passage, de retour du travail, sur la notion de périmètre de sécurité autour de la centrale du Bugey, passé désormais de 10 à 20 kilomètres. “On s’aperçoit que la plupart des gens ne sont pas au courant qu’ils se trouvent dans un PPI et donc, des dispositions à prendre en cas d’accident comme, par exemple, les comprimés d’iode qu’on est censé prendre pour se protéger de l’iode radioactif… Les gens ne savent pas qu’ils pourraient être amenés à être confinés chez eux et à devoir prendre ces comprimés d’iode où éventuellement, dans le pire des cas, à évacuer leur domicile du jour au lendemain en cas de très grosse catastrophe” explique le président de SDN Bugey.
Comme à chaque fois, les militants du collectif habitués à ce type d’action dans les carrefours avec leur combinaison blanche, ont essuyé quelques réactions hostiles de la part de certains automobilistes, tandis que d’autres conducteurs n’ont pas hésité à faire usage de leur klaxon pour saluer leur initiative. T.G.

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