Un Meximiard à la conquête des Crus du Beaujolais !

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Du cœur à la vigne, Manuel Girard espère commercialiser son premier millésime cet été (photo DR)

Après avoir travaillé plus de 20 ans dans le domaine de la santé, Manuel Girard qui habite les Hauts de Meximieux s’est installé l’an dernier comme artisan vigneron à Villié-Morgon dans les Crus du Beaujolais. Son objectif est de produire un vin en agriculture biologique, le plus respectueusement et naturellement possible. Rencontre.

Pouvez-vous tout d’abord vous présenter en quelques mots ?
J’ai 48 ans, je suis marié et père de trois enfants, je réside depuis 2004 à Meximieux, une localité où je suis membre actif du club de tennis. Natif de Besançon, je suis issu d’une famille d’éleveurs de vaches montbéliardes à Pin en Haute-Saône. J’ai fait des études d’ingénieur à Compiègne en biomatériaux, ce qui m’a conduit à faire une carrière dans la recherche sur le cœur, sur l’aorte. Pendant une vingtaine d’années, j’ai ainsi travaillé dans la recherche sur les produits cardiovasculaires commercialisés par un géant américain, leader mondial des technologies médicales.

Comment passe-t-on d’ingénieur dans la recherche clinique biomédicale à artisan vigneron ?
Il y a déjà le côté biologique qui me plaisait. Le vin, c’est quand même de la biologie, de la fermentation, de la levure, des bactéries… J’étais certes dans une belle boîte américaine avec une situation confortable mais avec des déplacements en avion tous les deux jours, j’avais l’impression de passer ma vie dans les aéroports. Passée la quarantaine, je me suis mis à lire des bouquins sur “je fais mon vin moi-même” et puis, j’ai commencé à planter des vignes dans mon jardin. Mais avant, ma passion pour le vin remonte à ma jeune enfance grâce à mon grand-père qui tenait une épicerie fine avec une magnifique cave à vin. J’étais fasciné par les belles bouteilles qu’il sortait pour les repas de famille. Par la suite, c’est surtout en venant m’établir sur Meximieux que j’ai commencé à visiter des domaines, poser des questions techniques avec des vignerons…

Quand votre exploitation viticole a-t-elle vu le jour ? Et pourquoi le Beaujolais ?
Il me fallait sauter le pas. Le grand virage s’est produit fin 2017 quand je me suis inscrit à une formation au lycée viticole de Beaune. Vivre de ma passion en étant plus proche de la nature, de la terre, cela m’a amené à cesser mon activité biomédicale en mai 2019. Puis, à l’automne de cette même année, j’ai effectué un stage de vinification au Domaine Philippe Gavignet à Nuits-Saint-Georges, qui vient chaque année au Salon des Vins de Pérouges. L’obtention du brevet professionnel d’exploitant agricole en 2020 m’a permis de m’installer. Restait à trouver un domaine sans trop bouger ma famille. J’avais le choix entre le Bugey, le Beaujolais, voire le Jura même si cela commençait à faire un peu loin. C’est en faisant les vendanges à Chiroubles que l’esprit d’entraide du Beaujolais m’a attiré, les paysages dans les Crus du Beaujolais sont superbes. C’est devenu une évidence pour moi. En janvier 2021, c’est la concrétisation de mon projet de reconversion avec l’acquisition d’un hectare de parcelles de vigne en appellation cru Fleurie (vin rouge issu du cépage Gamay) et en Beaujolais blanc (vin issu du Chardonnay) à Villié-Morgon.

Il y a un an, en avril 2021, vos parcelles sont passées en première année de conversion vers l’agriculture biologique. Pourquoi ce choix de produire du vin naturel ?
Cela a été une évidence. En fait, cela a démarré dès ma formation à Beaune où je faisais partie d’un groupe très branché bio. De par ma formation dans la santé, peut-être que cela a aussi joué inconsciemment. Mon but est de mieux préserver l’environnement et la santé du consommateur, c’est-à-dire en n’utilisant aucun herbicide, ni insecticide dans les vignes et en limitant au maximum les sulfites et autres intrants lors de la vinification. C’est sûr qu’être en bio, il y a des contraintes sur la gestion de l’herbe et les traitements sur les maladies fongiques (mildiou).

Enfin, comment s’est déroulée votre toute première récolte en 2021 ? Et où sera-t-il possible d’acheter votre vin sur le secteur de Meximieux ?
Cela a été une année pourrie compte tenu du gel puis de la pluie. De mémoires locales, ils n’avaient jamais vu ça depuis 1974 ! Les vendanges ont eu lieu en septembre avec une trentaine d’amis dont une dizaine venue de Meximieux. Désormais, j’espère pouvoir très bientôt proposer le premier millésime de mon Fleurie et de mon Beaujolais blanc. La mise en bouteille doit avoir lieu le 19 mai selon le calendrier lunaire de la biodynamie. Suivra ensuite le cirage des bouteilles en juin. Puis, en exclusivité, mes vins seront vendus sur Meximieux au sein de la nouvelle cave à bières Les Potions de la Cité située au centre Magali et tenue par Roland Lyandrat qui est un bon ami, probablement à compter du mois d’août 2022. T.G.

Pour suivre Manuel Girard dans son aventure beaujolaise : Page Facebook Manuel Girard – Artisan Vigneron à Fleurie, Cru du Beaujolais et compte Instagram

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