On pourra bientôt piloter un drone par immersion dans le ciel leymentais !

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L’association Leylico permet de s’initier ou se perfectionner au pilotage d’hélicoptères radiocommandés mais également de drones

Le village de Leyment est le siège d’un club un peu particulier, puisqu’il se dédie à l’apprentissage de l’aéromodélisme, en particulier les vols d’hélicoptère radiocommandés mais également les drones. Une association créée il y a plus d’une décennie et présidée depuis son origine par Martine Caberot. Entretien.

Martine Caberot, dans quelles circonstances a été fondé le club d’aéromodélisme Leylico ?
Tout remonte à 2008, lorsque j’ai offert un hélico radiocommandé à mon mari pour ses 50 ans. Il a cherché alors un club pour apprendre à piloter, mais n’a pas trouvé. Les clubs locaux, pratiquent surtout l’avion mais peu l’hélico. Avec quelques amis, il a donc décidé de créer son association pour ne pratiquer que l’hélico. Le club Leylico est né deux ans plus tard en 2010. Comme je disposais d’un terrain à la sortie du village, nous l’avons aménagé. Et le dimanche après midi, le gymnase étant disponible, nous avons pu ensuite obtenir un créneau pour utiliser de petits hélicos électriques. À la création du club en 2010, nous étions quatre. J’en ai pris dès le départ la présidence. Les garçons s’occupaient de la technique et se sont reposés sur moi pour le côté administratif. Je me suis rapidement prise au jeu, et j’ai ensuite fait partie du comité régional d’aéromodélisme (CRAM) et je suis maintenant au comité directeur de la ligue AURA (Auvergne-Rhône-Alpes).
  
Hormis l’aspect ludique évident de cette pratique, votre association a-t-elle un objectif bien précis ?
Il s’agit d’aider ceux qui veulent débuter puis se perfectionner dans le montage, le réglage et le pilotage des hélicos. Mais les choses ont changé, et avec le temps pour “déstresser” du pilotage assez pointu des hélicos, nous avons tous acquis des drones. Nous avons maintenant une grande expérience dans cette nouvelle discipline qui intéresse beaucoup de monde. Avec les drones, petits et maniables nous avons le plaisir “pour pas cher”. Nous disposons du terrain pour faire voler les plus gros modèles, le gymnase permet toujours, en cas de mauvais temps, de faire voler de petits modèles et de nous faire plaisir. Depuis peu, nous avons aussi aménagé une salle au casernement pour y faire du simulateur de vol et effectuer le réglage du matériel. Nous envisageons maintenant de créer cet été sur notre terrain un circuit pour faire du pilotage en immersion, nous appelons ceci le FPV, le drone est équipé d’une caméra et le pilote reçoit dans ses lunettes la vidéo prise par le drone. Le pilote a ainsi l’impression d’être dans le drone !

Est-ce une pratique accessible à tous ? Et est-ce onéreux ?
La facture peut vite monter, car le matériel s’use et en cas de problème, quand un hélico ou un drone tombe, il y a toujours du dégât. Mais justement, les simulateurs de vol permettent d’apprendre les premiers gestes sans risque. Avec le club, nous pouvons aussi faire de l’écolage, c’est-à-dire que l’hélico peut être commandé à deux : le moniteur fait voler l’hélico et donne de la liberté à l’élève en fonction de ses capacités. L’apprentissage coûte moins cher qu’auparavant et pour 300 euros vous pourrez avoir un petit hélico et sa radiocommande. Avec vos progrès vous pourrez ensuite envisager d’autres modèles plus gros, plus performants et aussi plus cher. Des engins avec des pales de 1,5m et deux turbines kérosène se négocient tout de même autour de 25.000 euros. Mais entre 300 et 25.000 euros, presque tout le monde doit pouvoir trouver son bonheur.

Comment cela se passe au niveau de la règlementation ?
Les pilotes doivent se déclarer sur un site de la DGAC (Alpha Tango), suivre une formation théorique, pour avoir une autorisation de vol pour 3 ans. Les appareils de plus de 800 grammes doivent être déclarés. À part cela, sur le terrain ou au gymnase, il y a peu d’interdit à part évidemment ce qui pourrait nuire à la sécurité du pilote et des autres… Mais dès 2023, beaucoup de choses seront interdites pour le loisir.

Enfin, à titre personnel, vous vous êtes aussi beaucoup engagée pour ouvrir cette pratique aux personnes souffrant de handicap. Que pouvez-vous en dire ?
Souffrant d’un handicap à la suite d’un AVC survenu en 2005, pour ma part, au début, je ne pouvais pas piloter. Mais Michel, notre moniteur, a réussi à concevoir une radiocommande spécifique avec toutes les commandes groupées sur un seul  levier. Je peux donc faire voler nos appareils comme tous les autres. Cela explique mon engagement qui a effectivement été salué par la fédération qui m’a attribué le chalenge Pabois, qui honore la féminine “la plus méritante”. J’ai décidé d’aider ceux que le handicap éloigne des clubs de modélismes et, depuis 2016, le club organise une journée de découverte pour les personnes handicapées. Elles peuvent ainsi voir une exposition de différents modèles et faire du simulateur de vol et réaliser, si elles le désirent, du vol en double commande.
Si les conditions le permettent, la prochaine édition devrait avoir lieu en octobre cette année. F.M.

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