Faute de moyens, les fouilles au château de Saint-Germain sont stoppées

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Site historique emblématique de la commune d’Ambérieu, le château de Saint-Germain est aujourd’hui valorisé grâce à l’action d’une association qui se trouve paralysée par de nouvelles contraintes réglementaires qui nécessitent des investissements.

Confrontés à de nouvelles règlementations qui imposent un encadrement coûteux afin de poursuivre les fouilles sur certains sites historiques, les Amis du château de Saint-Germain sont dans une impasse. Ils déplorent de ne plus pouvoir participer aujourd’hui à la valorisation d’un tel édifice, propriété de la ville d’Ambérieu-en-Bugey.

Les Ambarrois connaissent bien la renommée du Château de Saint-Germain et le travail mené par l’association de ses amis depuis plusieurs années. Chargés des travaux d’entretien du site, les bénévoles ont donné de vrais accès aux promeneurs qui souhaitent se rendre sur les lieux et ont permis de rendre visible les vestiges de ce château construit vraisemblablement à la fin du XIème siècle, début du XIIème siècle par les sires de Coligny. De 1282 à 1355, Saint-Germain fut au cœur des plus grandes opérations militaires qui opposent le comte de Savoie au dauphin de Viennois et à ses alliés. Il est non seulement le symbole d’une place forte majeure dans l’histoire du conflit delphino-savoyard, ayant tenu un rôle important durant les guerres des XIIIème et XIVème siècles, mais aussi probablement une fortification de hauteur occupée dès le haut Moyen Âge. Mais, suite à un blocage administratif, il n’y a pas eu ici de fouilles archéologiques en 2021 et probablement aucune en 2022. La Conservation régionale des monuments historiques fait en effet valoir à la commune d’Ambérieu-en-Bugey, propriétaire du château, une procédure liée à l’inscription du site aux Monuments Historiques depuis le 4 mai 2017. Dorénavant, les travaux doivent donc être conduits par un architecte du patrimoine qui dépose un permis de construire et par des entreprises spécialisées.
Ces nouvelles contraintes ont un coût que la commune et l’association ne peuvent assumer. Pour bien expliquer, il est maintenant impossible de conserver à l’air libre les vestiges dégagés par les archéologues de l’association, ou d’intervenir sur les maçonneries, sans avoir recours à cet architecte du patrimoine. Si ce préalable n’est pas respecté, il faudra ré-enfouir les parties nouvellement dégagées, une fois les relevés d’archéologie terminés.
L’association des Amis du château déplore ces nouvelles réglementations, elle qui œuvre justement pour valoriser les éléments au fur et à mesure de leur réapparition, afin de restituer aux visiteurs des explications chronologiques et d’entretenir le site. “Pour les gens qui montent au château, il faut que les vestiges racontent une histoire. Dans toute la haute cour, il faut que les personnes découvrent le bâti et qu’elles comprennent. Pour cela, il faut que les maçonneries soient sauvegardées et consolidées”, explique le président des Amis. Et la facture est salée, puisqu’il faudra compter environ 15.000 euros pour s’adjuger les services d’un architecte du patrimoine, dresser l’état sanitaire du château et déposer un permis de construire en bonne et due forme. La DRAC en subventionnerait seulement 20 ou 30 %. “Le reste, c’est une somme considérable pour la commune et ce n’est prévu dans aucun budget à ce jour” a prévenu Aurélie Petit, adjointe à la culture. Le 23 février, la commune, la DRAC et l’association se rencontreront à ce sujet. Une solution est-elle possible ? Comment ramener des fonds ? Le bureau des Amis envisage quelques pistes : “Comme le site est inscrit aux Monuments Historiques et que l’on rayonne au niveau touristique, peut-être que l’on peut solliciter une subvention auprès de la CCPA, de la Région, de l’Europe, peut-être de la Fondation du patrimoine… Mais ce n’est chaque fois une petite partie et il faut que le propriétaire, la ville d’Ambérieu, mette aussi de l’argent…”. Le problème, c’est que de l’argent, la ville d’Ambérieu engagée dans un plan drastique de maîtrise de ses dépenses, n’en a plus vraiment.
Une demande sera déposée fin 2022 pour rouvrir un nouveau cycle de fouilles de trois ans (2023-2025). En attendant, les recherches sur la tour maîtresse, engagées en 2020, sont en suspens, et il reste à savoir si les parties révélées pourront rester visibles, ou si elles devront être ré-enfouies… M-J.J.

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