Il retrouve trace d’un projet tombé aux oubliettes : Port-Galland Plage

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Jacky Gomes possède de nombreux clichés rares sur Port-Galland dont il est aujourd’hui l’une des toutes dernières mémoires.

En feuilletant dernièrement son impressionnante collection de photographies anciennes sur Port-Galland d’où il est natif, Jacques Gomes alias Jacky est tombé sur un document dont il a eu connaissance grâce à Marie Dalphin, habitante des lieux décédée il y a quelques années. Il s’agit d’un dépliant vantant le projet de Port-Galland Plage, monté par un groupe de « promoteurs » lyonnais dans les années 1930. Mais avec la Seconde guerre mondiale qui suivra, celui-ci ne verra finalement jamais le jour.

C’est après avoir lu un récent article paru dans les colonnes de notre hebdomadaire Bugey Côtière (n° 1321), relatif à la construction du premier pont de Port-Galland, que Jacky Gomes a souhaité contacter notre rédaction pour nous faire part d’un pan méconnu de l’histoire de la commune de Saint-Maurice-de-Gourdans. “Cela m’a redonné envie de rechercher dans mes archives des traces de la vie d’autrefois à Port-Galland. Car, je m’aperçois aujourd’hui que les gens ne connaissent plus l’histoire de Port-Galland” confie l’intéressé qui a vu le jour dans cet ancien hameau, jadis excentré de la commune, au début des années 1940.
Voilà maintenant près de 30 ans que cet habitant du chemin de la Côte collecte bon nombre de documents et photos anciennes sur Port-Galland. Tout commença quand il trouva, un jour par hasard, des cartes postales sur Port-Galland chez les bouquinistes installés à côté de Notre-Dame à Paris.
Sur les conseils de l’historien local Patrick Dalmaz, une bonne connaissance, il décida alors de regrouper toutes ses vieilles photos – qui constituent une véritable mine d’or – dans un album dont certaines “pépites” ont servi à illustrer l’ouvrage historique publié par l’ancien maire Roger Devolfe.
De nature plutôt discrète, Jacky Gomes ne tient pas à être mis plus en avant. Il veut surtout porter et faire partager à la connaissance du plus grand nombre, l’existence d’un projet qui aurait pu changer le visage de la commune aujourd’hui : Port-Galland Plage.
Et ce, grâce à un document conservé par la regrettée Marie Dalphin dont le père, Pierre, était restaurateur à Port-Galland. Il s’agit d’un dépliant datant du milieu des années 1930, une époque où Port-Galland et sa plage allaient connaître un essor considérable. Alors que son cadre était encore sauvage et le fief des pêcheurs, les congés payés de 1936 allaient complètement bouleverser la donne… À la plus grande joie des restaurateurs et hôteliers du coin, autocars et automobilistes lyonnais déversèrent en masse des touristes avides de dépaysement. À tel point que les édiles saints-mauriots furent contraints de réglementer le stationnement dans la rue principale de Port-Galland, encombrée au plus fort de la chaleur estivale. Devant un tel afflux de visiteurs, des parkings furent aménagés ainsi que des prés pour recevoir des toiles de tente.
Séduit par le potentiel que représente le site, un groupe de “promoteurs” lyonnais dont faisaient parties Mrs Dufaud et Dalphin, entreprit de fonder une société “Port-Galland Plage”. Dans ce pays enchanteur qu’elle considère comme un “Juan-les-Pins lyonnais”, celle-ci prévoyait notamment de construire sur la plage de Port Galland, un restaurant modèle avec des garages, des pelouses et même un dancing ! Un service de cars était envisagé pour transporter et faciliter l’accès des nombreux Lyonnais ne possédant pas de voitures. “C’était un projet phénoménal pour l’époque. Mais, ici, le monde était agricole à 100 %” tempère Jacky Gomes, pas mécontent de partager le fruit de sa trouvaille.
Si un service de car en direction de Lyon depuis Proulieu perdura jusqu’au milieu des années 1960 à raison de deux navettes le dimanche, l’ambitieux projet de Port Galland Plage, lui, ne résista pas à la guerre 39-45 et, très vite, avorta. T.G.

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