Il y a 50 ans… Le commandant Thibaut tombait parmi ses hommes

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Dans la Cité de Pérouges, rue de la Tour, une plaque apposée contre le mur de l’ancienne caserne rappelle le souvenir du regretté commandant Thibaut.

Il y a tout juste un demi-siècle, le 29 janvier 1972, le commandant Francisque Thibaut décédait, frappé par une attaque sur la porte du local des pompiers de la Citadelle de Pérouges, alors qu’il s’apprêtait à partir pour une intervention à Villieu. Son fils Georges, jeune pompier au moment des faits et aujourd’hui âgé de 87 ans, se souvient de cet instant tragique.

À l’emplacement de l’ancienne caserne des pompiers située alors dans la Cité de Pérouges, rue de la Tour, une plaque apposée contre un mur rappelle la mémoire du commandant Thibaut, personnalité marquante de la commune qui, un jour de froid intense de janvier 1972, a perdu la vie à l’âge de 68 ans. Un souvenir toujours douloureux à raconter pour son fils Georges Thibaut, figure de la Cité et fidèle président de l’amicale des anciens pompiers du village.
Cinq décennies plus tard, ce dernier qui était alors un jeune pompier se rappelle dans les moindres détails des circonstances de ce drame : “C’était un soir de grand froid où il faisait – 15 °C, c’était minuit à peu près. J’étais avec mon équipe de jeunes car j’avais monté une équipe de foot où figuraient beaucoup de pompiers, on mangeait une choucroute au Bourg-Saint-Christophe chez la Ginette. Un feu important se déclencha à la fonderie de Villieu. Le centre de secours de Pérouges a été appelé. Mon père était le chef de corps. Il faut dire qu’il avait le cœur très fatigué. Dès l’appel, il sauta de son lit bien chaud, enfila sa veste de pompier avant d’aller diriger le départ des pompiers dans le hangar. Il a été saisi par le froid et le froid, c’est très mauvais pour les cardiaques. Quand il y a eu l’appel au feu, ils ont téléphoné au restaurant et je suis monté avec cinq ou six pompiers pour venir prendre notre service. Au moment où je suis arrivé au hangar, mon père donnait ses ordres. Tout d’un coup, il est tombé net à mes pieds. On a essayé de le relever mais son aorte avait éclaté… Ce fut un moment dramatique” plongeant toute la compagnie dans une profonde tristesse.

« Les pompiers, c’était sa vie ! »

Pompier“militant et fanatique”, Francisque Thibaut n’a jamais voulu prendre sa retraite. “Les pompiers, c’était sa vie ! Il trouvait que les pompiers, c’était un lien social aussi dans une commune. C’est pour cela qu’il avait été élu président départemental des sapeurs-pompiers” confie Georges Thibaut qui se souvient toujours de cette formule chère à son père : “Les pompiers, ce sont les bonnes à tout faire du XXème siècle”. Et d’ajouter : “Autrefois, c’était tous des bénévoles contrairement à aujourd’hui où les pompiers sont très professionnels, très spécialisés”.
Le commandant Thibaut contribua à développer la caserne de Pérouges, la faisant passer d’un petit corps communal à un centre de secours cantonal, jusqu’à desservir tout le canton de Meximieux et la centrale nucléaire du Bugey en premier appel.
Cinquante ans après sa disparition, les “anciens” pérougeards n’ont pas oublié Francisque Thibaut, qui fut aussi longtemps maire de la commune et secrétaire du Comité de Défense et de Conservation du Vieux-Pérouges. T.G.

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