Jacques-Noël Gouat, “zoulou blanc” du village

0
172
Jacques-Noël Gouat, chez lui, près de quelques portraits de jazzman qu’il a réalisé.

Très imprégné de la culture africaine, cet habitant du chemin du Cimetière à Bourg-Saint-Christophe est aussi un grand amateur de jazz. Jusqu’à dessiner, lui-même au fusain, des portraits de jazzman ! Rencontre

De Collonges-au-Mont-d’Or, d’où il est originaire jusqu’à Bourg-Saint-Christophe où il réside depuis 1983, Jacques-Noël Gouat a mené une carrière riche et dépaysante. Tout commence en 1966, dans le cadre de la coopération française, alors qu’il avait demandé le Canada, il part finalement enseigner le français dans un petit pays d’Afrique orientale qui s’appelle le Malawi, un état tout en longueur qui s’enfonce dans le Mozambique avec, pour pays frontaliers, la Zambie à l’ouest et la Tanzanie au Nord. Là-bas, il tombe amoureux d’une élève malawite qui deviendra plus tard son épouse. Après sept années au Malawi, il occupe différents postes dans l’enseignement qui l’entraînent au Libéria, en Guinée Conakry et en Éthiopie. Puis, après un bref passage au collège Marcel Aymé de Dagneux, il exerce quelques années au Maroc avant de terminer sa carrière en 2001, au lycée de la Plaine de l’Ain d’Ambérieu-en-Bugey où pendant huit ans il enseigne l’anglais.
Après le décès de son épouse en 2005, il décide de sortir un petit livre de contes du Malawi. Étranges, merveilleux, cruels ou moralisateurs, ces contes transmis de génération en génération qu’il a découvert grâce à sa regrettée femme, évoquent l’étonnante richesse de la culture du Malawi. L’ouvrage rencontra un certain succès, notamment auprès des écoliers de Bourg-Saint-Christophe, Pérouges et Saint-Éloi où il fut invité à lire des contes. Sa collection de livres sur l’Afrique est très impressionnante. Cependant, il ne peut s’empêcher de porter un regard “triste” sur ce qu’il se passe sur ce continent, en particulier dans le Sahel : “Les grandes puissances ont fait des bêtises et je reste poli. Les gouvernements africains sont eux aussi responsables !”.

Son plaisir, dessiner des portraits en écoutant du jazz

Par ailleurs, Jacques-Noël Gouat est féru de musique jazz, jusqu’à dessiner au fusain des portraits de ses idoles. “J’ai commencé à copier ce que je voyais sur un chevalet. Après la mort de ma femme, j’ai donné beaucoup de portraits à des amis” confie l’intéressé. Pour la première fois, le public a pu découvrir quelques-unes de ses créations lors de la dernière grande exposition des artistes du village qui s’est déroulée en octobre 2021 dans la salle du foyer rural.
Malgré quelques ennuis de santé, ce tout jeune octogénaire ne s’en laisse pas aller. Il lit beaucoup, notamment de la littérature africaine et sud-américaine. Il aime également marcher sur le nouveau sentier des vignes dont il est proche. “En cinq minutes, on est sur le plateau de la Dombes et, en passant par des bois, on peut aller jusqu’à la Cité de Pérouges” dit-il.
Après avoir passé les fêtes de Noël chez l’une de ses deux filles, domiciliée en Allemagne, cet heureux grand-père de trois petits-enfants, se plaît au village où il peut compter sur l’aide précieuse de nombreux amis toujours prêts à lui rendre service dans ses besoins de la vie quotidienne. T.G.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here