Incendies de voiture : un phénomène qui se propage

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À nouveau, à Meximieux, le week-end a été émaillé par un feu de voiture et au moins une autre tentative. Deux autres véhicules ont été incendiés la même nuit à Ambérieu-en-Bugey et Saint-Rambert. La semaine précédente, c’était à St-Denis-en-Bugey.

Une voiture brûlée de plus. Et encore un Meximiard privé de son bien. Dimanche 9 janvier, aux alentours de 3 heures du matin, l’automobile stationnée dans la rue René Hyvert a été détruite par les flammes. Le capot s’est embrasé pour ce qui semble bien être un acte criminel, à deux pas du centre-ville de Meximieux. Quelques minutes plus tard, vers le centre commercial Magali, des témoins ont sans doute dérangé les incendiaires alors qu’ils venaient d’asperger une voiture d’essence… Plusieurs individus, portant des capuches et un bidon d’essence, ont alors pris la fuite. L’intervention semble avoir permis d’éviter un bilan encore plus lourd, alors que le véhicule visé était entouré d’autres voitures, qui auraient pu s’embraser par propagation.

Meximieux suivi de Saint-Rambert et Ambérieu

Mais à peine une heure plus tard, c’est à Saint-Rambert-en-Bugey qu’une voiture s’enflammait, dans le hameau de Serrières. Il s’agissait d’un fourgon volé retrouvé sur le toit sur un terrain de l’adjointe au maire. Probablement coincés par une fausse manœuvre, les malfaiteurs ont décidé de l’abandonner là en y mettant le feu. Puis vers 04h20 du matin, l’alerte était de nouveau donnée pour une troisième voiture en flammes à Ambérieu. Le lien n’est pas formellement établi entre les différents feux qui se sont produits au cours de la nuit du 9 janvier, mais il n’est pas exclu non plus au vu de la temporalité des faits. La semaine précédente, des véhicules avaient également été incendiés aux portes de la cité cheminote, à Saint-Denis-en-Bugey.
À Meximieux, la population commence à se montrer particulièrement exaspérée et inquiète. Les destructions de véhicules s’enchaînent mois après mois. Entre le 30 décembre et le 1er janvier, sept véhicules ont été détruits, à travers un jeu du chat et de la souris entre les incendiaires et les forces de l’ordre. Ceci s’ajoute aux incendies de l’été et de l’automne, dans le secteur des Murgères et dans le centre-ville. Au total, depuis le mois de juillet, selon nos comptes, plus d’une vingtaine de voitures sont parties en fumée sur cette seule commune.

Gendarmerie et mairie invitent la population à se montrer vigilante

Interrogé sur les moyens déployés, le lieutenant-colonel Jacquet, commandant de la compagnie de gendarmerie de Trévoux explique : “La stratégie est simple : la gendarmerie patrouille dans les créneaux où il y a le plus de faits, en interservices. La brigade de Meximieux est renforcée par le PSIG de Saint-André-de-Corcy, d’Ambérieu, la brigade motorisée de Trévoux et le peloton motorisé de Dagneux. Le 31 décembre, j’étais sur place, il y avait aussi, en plus, des gendarmes de Montluel. Toutes ces unités travaillent. Parallèlement aux patrouilles, les enquêtes sont en cours. Toutes les techniques sont mises en œuvre pour élucider les faits.” Concrètement, lorsqu’ils existent, les éléments de police technique et scientifique sont prélevés sur les lieux des délits et envoyés en analyse. Alors, il faut du temps pour obtenir les résultats et les relier à une personne. Ces enquêtes peuvent s’étendre sur des mois. Le plus simple serait le flagrant délit, mais il semble que le ou les incendiaires se jouent des patrouilles et attendent que celles-ci soient passées pour agir. Mais le lieutenant-colonel Jacquet l’assure : “Nous avons un suivi particulier. Nous mettons tout en œuvre, on est mobilisés, cela nous préoccupe.” Il invite aussi à la “vigilance citoyenne. Tout citoyen doit faire remonter aux forces de l’ordre les informations importantes, il ne faut pas hésiter à parler pour aiguiller ou renforcer les hypothèses de travail. On peut contacter le 17, se rendre à la brigade ou, quand on voit passer une patrouille, lui faire signe pour discuter.”

Jean Alex Pelletier :
“Je suis convaincu qu’il s’agit de représailles”

La commune de Meximieux incite aussi les Meximiards à s’engager dans cette lutte contre la délinquance. Jean-Alex Pelletier, adjoint au maire en charge de la sécurité, annonce l’adhésion de la ville au dispositif de “mairie vigilante. Cela va permettre à la mairie de piloter les voisins vigilants. Le territoire sera découpé en quatre zones, avec un référent par secteur. Le dispositif va monter en puissance, pour pister au mieux les personnes qui posent problème.” Déjà, plus d’une trentaine de voisins vigilants sont présents à Meximieux. Une première réunion pour la “mairie vigilante” devrait avoir lieu à la fin du mois de janvier. Du côté des moyens de sécurisation de la ville, une première tranche de déploiement de la vidéoprotection s’est terminée fin décembre. La seconde s’apprête à débuter. Le recrutement d’un quatrième policier municipal est toujours d’actualité mais cela s’avère “extrêmement compliqué. Très peu se présentent. Dans le prochain budget, nous allons voter la création d’un vrai poste de police municipale avec des bureaux, des vestiaires, une salle d’armes, puisque les policiers seront équipés d’armes létales, et d’un centre de visionnage. Cela devrait attirer plus de volontaires. Les travaux devraient débuter au cours du premier trimestre, en face de la mairie, au centre socioculturel.” L’élu se sent soutenu dans sa mission par la population. Souvent présent sur les lieux des incendies, il explique : “Malgré les difficultés qu’ils rencontrent pour racheter une voiture, les gens nous disent de ne pas lâcher.” Car Jean-Alex Pelletier est convaincu que ces incendies à répétition sont le fruit de “représailles. À chaque fois que la police municipale remet des individus à la gendarmerie, des incendies suivent.”
       

C.B. & G.R.


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