Le village et ses victimes de la Seconde Guerre Mondiale

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La tombe de François Laurent au cimetière de Tramoyes

Au cœur de la Résistance avec la forêt du Noyer durant la Seconde Guerre Mondiale, Tramoyes vécut deux autres tragédies au cours du conflit, avec les disparitions de Jean Frizon et François Laurent.

Il est connu que Tramoyes possède un lien fort avec l’Histoire de la Résistance, de par la proximité de la forêt du Noyer, où s’est installé le Camp Didier, mais aussi comme lieu d’exécution des deux maquisards Pierre Nore et Auguste Venet. La commune a aussi une histoire, moins connue, relative à ses victimes civiles de 1939-1945. Il s’agit de Jean Frizon, né à Tramoyes, et de François Laurent, dont la tombe au cimetière de Tramoyes fut rénovée en 2020 par la commune, soutenue par le Souvenir Français.Jean Frizon ou la tragédie de TrévouxJean Frizon naquit d’André Frizon (1853-1938) et de Catherine Monnet (1856-1908), cultivateurs à Tramoyes. En 1907, Jean Frizon est boucher. Il échappe à son service militaire à cause de problèmes de santé, mais est tout de même appelé à combattre en 1915. Il restera sous les drapeaux jusqu’en 1919. Il se marie fin 1918 avec Marie Savot (1889-1952).En 1944, il est installé comme épicier à Trévoux. Le 8 février 1944, en soirée, un membre de la Gestapo vient interroger son voisin nommé Décombe au sujet de la détention supposée d’un exemplaire du journal interdit, Bir-Hakeim. Lorsque le soldat allemand croise Jean Frizon sur le palier, il l’abat sans raison. Jean Frizon meurt à 56 ans des suites de ses blessures le lendemain matin. Une plaque commémorative est apposée à Trévoux à l’adresse de la tragédie. Le “Jean Frizon” qui apparaît sur plusieurs mémoriaux à Tramoyes (monument aux morts, monument du cimetière, plaque de l’église) est probablement un homonyme.François Laurent, victime collatérale du milicien ivreFrançois Laurent, originaire de Coligny (Ain), était cantonnier vicinal à Tramoyes. Un soir d’août 1944 au café Barruel à Tramoyes, Un milicien bien connu localement et fortement alcoolisé est au bar avec son arme. Il est particulièrement véhément et finit par s’en prendre à un dénommé Badard, qu’il menace de tuer avant de lui tirer dessus. Badard échappe à la balle mais Albert Anselme, 25 ans, qui était juste à côté, est grièvement blessé. Sans doute déçu de son échec, le milicien tire une seconde fois. Une balle qui touche cette fois-ci François Laurent qui décède peu après.Sa tombe au cimetière de Tramoyes fut rénovée en 2020. 

B.P.

Sources : Articles du Maitron en ligne : FRIZON Jean, Marie (par Benoît Prieur) – LAURENT François, Marie (par Benoît Prieur, Jean-Louis Ponnavoy).


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