Interdiction des diesels à Lyon : vous avez votre mot à dire

0
687

Alors que de plus en plus de personnes s’installent dans l’Ain pour quitter la métropole lyonnaise, les trajets risquent d’être rendus compliqués par la mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE) toujours plus contraignante, sur Lyon et Villeurbanne principalement, mais aussi plus largement si les communes voisines le souhaitent. La Métropole a lancé cinq mois de concertation pour adapter son dispositif, même si l’objectif final est bien de supprimer les véhicules diesel pour améliorer la qualité de l’air.


Peu à peu, les villes de Lyon et Villeurbanne vont se débarrasser des véhicules diesel. Une première étape a été mise en œuvre en janvier 2020 avec la mise en place d’une zone à faibles émissions dans le périmètre situé globalement à l’intérieur du périphérique lyonnais, comprenant Lyon et Villeurbanne et Caluire-et-Cuire dans leur globalité, ainsi qu’une partie de Bron et Vénissieux. D’abord, ce sont les poids lourds et véhicules utilitaires les plus polluants qui ont été interdits. Puis, l’étau s’est resserré depuis le 1er janvier 2021, avec une restriction étendue aux véhicules professionnels disposant d’une vignette Crit’Air 3. Les poids lourds diesel datant d’avant 2013 ont donc dû s’effacer du paysage, ainsi que les utilitaires diesels légers d’avant 2010.
Pour les particuliers, c’est à compter de juillet 2022 que commenceront à intervenir les modifications, avec l’entrée en vigueur de l’interdiction des Crit’Air 5, qui auront plus de 22 ans à cette date-là. Soit 3 à 4 % du parc automobile et 19.900 véhicules. Puis, tout s’accélérera jusqu’en 2026, année à partir de laquelle plus aucun véhicule diesel ne devrait pouvoir entrer dans la zone de faibles émissions. Ce qui représente près de 369.000 voitures de particuliers et 100.000 poids lourds.
Il s’agit là d’un enjeu de santé publique pour les élus de la Métropole. Rappelons que la démarche a été engagée sous le précédent mandat, contrainte et forcée. Soulignant que la pollution de l’air provoque 40.000 décès prématurés par an en France, aujourd’hui, les écologistes s’engagent pour la reconquête d’un “air de qualité”. Les communes concernées par la ZFE comprennent en effet plus de 90 % des habitants surexposés au dioxyde d’azote (NO2), produit aux deux tiers par le transport routier, et quasi exclusivement par les véhicules diesel. En 2019, l’agglomération lyonnaise a compté 45 jours en alerte rouge, en raison du dépassement des seuils de pollution. L’objectif est d’atteindre en 2023 les seuils réglementaires sur le périphérique lyonnais. Notons que les concentrations de NO2 diminuent régulièrement, avec -31 % depuis 2007.


De plus en plus de trajets domicile-travail vers la Métropole


Si l’on s’attache aux embouteillages aux heures de pointe sur le nœud des îles, on comprend vite que cette décision aura un impact non négligeable pour une partie des Aindinois qui se rendent quotidiennement sur Lyon pour travailler. D’autant que le phénomène des “navetteurs” du quotidien est en constant développement. Les dernières données de l’INSEE viennent confirmer que les habitants de la Métropole sont plus nombreux à la quitter qu’à s’y installer. Entre 2016 et 2017, on a enregistré 58.200 déménagements pour partir et 56.400 arrivées. Et lorsqu’on quitte la Métropole, où se rend-on ? Vers les grandes villes de la Région et vers les communes limitrophes – notamment dans l’Ain, tout en continuant à travailler sur Lyon… Si une partie des trajets domicile-travail s’effectue en train ou en transports en commun, d’autres choisissent encore la voiture, souvent en raison des contraintes horaires. Pour Jean-Pierre Gaitet, le maire de Miribel dont la commune est limitrophe avec la Métropole, cette décision est difficile à digérer. “Je trouve cela dramatique pour les artisans qui ont des chantiers sur Lyon. Déjà que la reprise est très difficile, maintenant, comment vont-ils faire pour travailler ? Le côté écologique, je l’entends bien. Mais j’ai prévenu certains élus de la Métropole qu’ils risquaient gros.” Cependant, ce ne sont pas seulement les travailleurs qui sont concernés par cette ZFE, mais bien tous les conducteurs de véhicules motorisés qui entrent dans la ville : pour se rendre à un rendez-vous médical, à l’hôpital, faire du shopping, passer une soirée, il faudrait disposer de la voiture autorisée.
Bruno Bernard, le président de la Métropole, promet des “investissements massifs en faveur des transports collectifs et du vélo et des pistes d’action complémentaire prometteuses. Sur l’autopartage et le covoiturage en particulier, mais aussi dans le domaine de la logistique urbaine” explique-t-il. “Les restrictions de circulation touchent plus fortement certains publics. C’est pourquoi, je veillerai à ce que des mesures d’aides ciblées soient mises en débat, notamment à destination des personnes et familles à faibles ressources.” Le développement du réseau TCL et l’amplification de la tarification solidaire sont envisagées, voire la gratuité des transports en commun pour les plus précaires. Des aides au renouvellement des véhicules sont également citées, ainsi qu’un accompagnement pour les PME et les associations, voire des dérogations pour les horaires décalés ou les situations exceptionnelles.
De nombreuses questions restent encore en suspens : dans quelle limite territoriale tout cela s’appliquera-t-il ? Le périmètre de la ZFE pourrait-il être élargi à toute la métropole – le sujet est sur la table ? Comment éviter le report du trafic vers les axes hors ZFE ? Depuis la mi-septembre, une large consultation a débuté. Prévue jusqu’au 5 février, elle est ouverte à tous, la volonté étant “d’explorer le champ des possibles pour tous les profils de territoires”, dont les territoires voisins.   

C.B.
       

 jeparticipe.grandlyon.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here