Le Ségur de la santé prévoit 42,2 millions d’euros d’investissement dans l’Ain : pour quels projets ?

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L'hôpital d'Ambérieu est doté d'un montant d'1,1 millions d'euros

Les arbitrages ont été rendus il y a quelques jours : 42,2 millions d’euros seront investis dans l’Ain dans le cadre du Ségur de la santé. Pour quels projets ? Tour d’horizon des dossiers locaux.

Après les hausses de salaire des soignants déjà effectives, le deuxième volet du Segur de la santé promis par le gouvernement concernait l’amélioration des conditions d’accueil des patients. Dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, une enveloppe d’1,9 milliard d’euros a été allouée, pour financer 97 projets. Il s’agit principalement d’ “accélérer la modernisation des établissements et accompagner la transformation de l’offre de santé” résume Jean-Yves Grall, directeur de l’ARS Auvergne-Rhone-Alpes. Parmi les dossiers, certains sont colossaux, à l’image des 201 millions d’euros destinés au CHU de Grenoble pour la construction d’un nouveau bâtiment d’hospitalisation et la modernisation d’un second.

L’avant-dernière enveloppe de la Région, devant le Cantal…

Rien de tel dans notre département aindinois, puisque “seulement” 42,2 millions seront versés. Soit l’avant-dernière enveloppe en Auvergne Rhône Alpes, juste devant le Cantal. Une situation qui s’explique : “Les établissements de l’Ain ont déjà fait l’objet de travaux de modernisation lors des derniers plans” décrit Nadège Grataloup, directrice de la cellule régionale de coordination des investissements Ségur. Des plans pour lesquels il a fallu s’endetter. C’est donc principalement pour “dégager des marges de manœuvre pour d’autres dépenses” que les fonds seront versés de manière échelonnée entre 2021 et 2029 aux hôpitaux publics et aux bénéficiaires de “la restauration de [leurs] capacités financières.” 10 millions d’euros iront au centre hospitalier de Bourg-en-Bresse, 8 pour celui de Belley et 5,8 pour le Haut Bugey.
Les aides directes à l’investissement sont moins nombreuses. Pour chacun des projets, un contrat sera signé entre l’ARS et la direction de l’infrastructure, le versement de l’aide interviendra en fonction de l’avancement de projet. Le centre psychothérapique de l’Ain est principalement concerné puisqu’il devrait toucher une aide à l’investissement de 3,5 millions d’euros sur les 17,4 millions que coûtera sa restructuration, qui comprend la construction de nouveaux batiments et une réhabilitation lourde de plusieurs autres pour augmenter la capacité et regrouper sur un même site des services aujourd’hui dispatchés.
Les Ehpad aindinois seront également particulièrement soutenus pour leur rénovation, puisqu’ils sont 29 à avoir été désignés, soit 17 % du total de la Région Auvergne Rhône Alpes. “Il y a d’avantage de besoins dans l’Ain” indique Nadège Grataloup.
Enfin, chacun des 23 établissements de santé et 50 Ehpad aindinois a reçu un “chèque” pour ses investissements du quotidien, représentant au total 3,9 millions d’euros pour acquérir du matériel nécessaire à l’amélioration des conditions de travail et de l’accueil des patients : matériel médical, chariot, lits…

Trois établissements plus spécifiquement soutenus sur notre territoire

Sur notre secteur du Bugey, de la Côtière et de la Plaine de l’Ain, la somme d’1,1 million d’euros est prévue pour l’hôpital privé d’Ambérieu. Le centre Romans Ferrari, basé à Miribel, recevra 400.000 euros pour la “restauration de ses capacités financières.

Basé à Miribel, le centre Romans Ferrari recevra un montant de 400.000 euros.

La structure accueille principalement des mineurs ayant subi de lourds accidents de la vie – grands brûlés, polytraumatisés, cérébrolésés – pour les aider à se reconstruire. Contacté, le directeur de l’établissement associatif, Christophe Debat, précise que Romans Ferrari “ne connaît pas de difficultés financières.” Cette somme permettra d’anticiper partiellement le remboursement de l’investissement fait pour l’installation à Miribel, qui court jusqu’en 2032, et par là même de financer d’autres projets. “C’est une bonne nouvelle. Cela veut dire que les projets que nous portons font partie des priorités de l’ARS” indique simplement le directeur.
Enfin, le troisième site faisant l’objet d’un “projet d’investissement” sur notre territoire est le centre hospitalier de Meximieux, pour le regroupement des activités d’Ehpad, des soins de suites et de réadaptation et de médecine. Il s’inscrira dans une deuxième tranche, pour une réalisation comprise entre 2026 et 2029 et un budget qui reste à préciser en fonction de la restructuration prévue. 

 C.B.

Hôpital privé d’Ambérieu :
“Une reconnaissance de notre rôle de proximité”

1,1 million d’euros : voilà un beau soutien pour rénover les urgences ainsi que le service ambulatoire et offrir de nouveaux locaux aux praticiens en charge des consultations. Avant l’épidémie de Covid, l’hôpital privé avait réfléchi à faire évoluer son plateau technique. Chiffrés à 9 millions d’euros, les travaux ont débuté et se déroulent par phase. Ils devraient être totalement achevés en avril 2022.
Ce chèque est donc une très bonne nouvelle. “On est très content. Il est rare que les établissements privés soient accompagnés ainsi. En Rhône-Alpes, aucun autre n’a été accompagné, sauf sur des soins de suite” se réjouit Patrick Mignot, directeur territorial Rhône-Alpes du groupe Elsan, dont fait partie la clinique, accompagné de Maryline Port Levet, directrice des parcours de soins. “C’est une demi-surprise, car l’hôpital d’Ambérieu assume un rôle de proximité sur le territoire. Cela va nous permettre d’aider à financer les aménagements avec une charge financière un peu moindre.”
Les travaux en cours permettront de répondre à une évolution de la demande et des besoins sur le Bugey et la Plaine de l’Ain. Le plateau ambulatoire sera redessiné pour des patients qui viennent généralement à la demi-journée : ils pourront se rendre directement au bloc opératoire, accompagnés, et se verront offrir plusieurs typologies d’accueil, en chambre ou en box. Pour les urgences, l’objectif est de doubler la surface et de réorganiser les flux, alors que la fréquentation a grimpé en flèche ces dernières années, évoluant de 21.000 passages par an en 2015 à 28.000 actuellement, dont des pics à 140 personnes par jour. 1.000 m2 seront donc à terme consacrés aux urgences, avec des circuits dédiés à la pédiatrie, aux adultes, aux patients couchés ou debout. “C’est une réponse aux besoins locaux en hausse, mais l’augmentation de la fréquentation est aussi due à la professionnalisation de l’établissement. Sa réputation s’est nettement améliorée.” D’autant que l’hôpital ambarrois est la seule structure privée de France à héberger un SMUR.
Évidemment, l’évolution des services a également un impact sur le personnel, avec des recrutements déjà effectifs et d’autres en cours. Des renforts sont déjà arrivés cet été pour la nuit. L’hôpital a encore besoin de recruter personnel de ménage, infirmier, aide-soignant. Il manque actuellement sept personnes. La rénovation des locaux pourrait-elle faire la différence pour attirer de nouveaux venus ? “Les conditions de travail sont un facteur différenciant. Il est plus sympa de travailler dans des locaux adaptés et modernes. Cela améliore la satisfaction des salariés. La qualité de vie au travail prend de plus en plus de place, on travaille sur le sujet. Il n’y a pas que les locaux, il y a aussi l’écoute et la capacité à s’adapter aux besoins et à l’activité, pour des métiers difficiles.”

C.B.


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