Essais nucléaires au Sahara : deux anciens combattants médaillés

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Bernard Laverne et Rémy Maurice ont reçu la médaille de bronze de la Défense Nationale.

Deux habitants ont été médaillés à l’occasion de la cérémonie du 11 novembre. Tous deux étaient appelés à servir sous les drapeaux lors des essais nucléaires au Sahara. Ils racontent.


Après l’hommage rendu aux militaires morts pour la France, les délégations présentes ont aussi exprimé la reconnaissance de la République à deux combattants de Béligneux : Bernard Laverne et Rémy Maurice. Tous deux ont servi dans les années soixante en Algérie, dans le Sahara plus particulièrement, où étaient lancés les essais nucléaires.
Né en 1942 à Lyon, le première classe Bernard Laverne est appelé sous les drapeaux en 1962. Il rejoint d’abord la base aérienne 745 à Aulnat, en Auvergne, où il suit une formation d’opérateur de système de transmission et rejoint le sud Sahara algérien le 27 avril 1963 jusqu’en février 1964. Il est alors affecté à In Amguel et In Ekkert, une base qui constituait le site de tir des explosions nucléaires souterraines sous la montagne Tan Afella, dans le massif du Hoggar. Là, un souvenir le marque plus précisément : “Le 20 octobre 1963, positionné à 25 km de cette montagne comme télétypiste météo, j’ai assisté à l’explosion de la bombe Rubis.” Une bombe cinq fois plus puissante que celle d’Hiroshima. “Tout ne s’est pas passé normalement avec la météo. Poussé par les vents, le nuage radioactif est revenu dans la nuit enveloppant la base. Nous avons dû rapidement nous équiper avec nos combinaisons de protection nucléaire.” Parmi les personnes présentes ce jour-là, un certain Pierre Messmer, alors ministre de la Défense.
Le sergent Rémy Maurice est pour sa part appelé le 2 novembre 1958, à l’âge 21 ans, pour rejoindre l’école d’application du génie à Angers. Il est muté au deuxième Régiment du génie à Metz en 1959, puis en mai 1960, il quitte l’Est de la France pour le 621ème groupement d’armes spéciales basé dans le Sahara Algérien. Cette unité est chargée de regrouper les moyens permanents au service du Centre Saharien d’Expérimentations Militaires de Reggan. Sur ce site de tir, Rémy Maurice est témoin d’un essai nucléaire aérien ayant pour nom de code Gerboise. “Au jour J, nous sommes tous rassemblés au centre de notre caserne sans tenue de protection particulière, nous devions avoir le dos tourné à l’explosion et nos yeux protégés par le creux de notre coude. Dès le tir effectué, nous nous sommes retournés pour admirer le nuage atomique en forme de champignon de couleur orange. Nous avons ressenti l’onde de choc provenant du point zéro qui balayait la zone en un aller et retour puissant. L’essai était réussi”. S’ils éblouissaient à l’époque, ces essais n’étaient pas sans conséquence, sur la santé notamment. Pour cette raison, Rémy Maurice a rejoint l’Association des vétérans des Essais Nucléaires qui défend le droit à réparation des conséquences sanitaires des essais.
Les deux Bélignards ont reçu la médaille de bronze de la Défense Nationale, signe de la reconnaissance de la Nation pour leur dévouement. 

S.J.   

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