Sangliers dans les jardins : la destruction autorisée

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Au printemps dernier, certains Neyrolands avaient eu la surprise d’observer des sangliers dans leur jardin. Cet automne, la préfecture a pris un arrêté autorisant leur destruction. Mais il n’est pas question que des battues soient menées dans le secteur. L’opération serait beaucoup trop risquée. Christian Beaudet, louvetier sur le secteur, explique la stratégie qui a été choisie.

Des sangliers jusque dans les jardins des riverains du haut de Neyron et des pentes de la Côtière, notamment aux abords du fort : au début de l’année 2021, et jusqu’en mai encore, ces animaux sauvages s’étaient largement répandus sur la commune, provoquant à la fois curiosité et inquiétude. À deux reprises, le 17 mars et le 28 septembre 2021, la mairie avait adressé des demandes d’intervention auprès des services de l’Etat, afin de pouvoir éloigner les bestiaux provoquant des dégâts sur les propriétés. Le risque de collision avec les automobiles était également important : outre la desserte locale, l’A46 est toute proche. Le 11 octobre dernier, la direction départementale des territoires prenait un arrêté “autorisant la destruction des sangliers.”

Des battues ? “Ce serait une folie”

C’est le lieutenant de louveterie Christian Beaudet qui est en charge de l’organisation de la mission. “Compte tenu des requêtes de la mairie, il s’agit d’anticiper pour ne pas se retrouver dans la même situation cette année.” Après une visite sur place, Christian Beaudet, en lien avec la direction départementale des territoires et les louvetiers qui l’accompagnent, a choisi la “solution de l’agrainage à certains points avec un affût.” Concrètement, des graines sont disséminées et les louvetiers guettent l’arrivée des sangliers. La possibilité d’organiser des battues a été écartée très rapidement. “Ce serait une folie. C’est beaucoup trop risqué, avec les maisons toutes proches, la route, les risques pour les chiens dans ce secteur en pente.” Les louvetiers auraient également eu la possibilité d’effectuer des tirs de nuit en voiture, là aussi le risque encouru a entraîné l’élimination de cette hypothèse.
À l’heure où nous imprimons, aucun animal n’a été tué sur la commune de Neyron. Toutefois, quatre ont été prélevés tout près, en limite de la ville, sur le territoire voisin de Rillieux.
“S’ils ne viennent pas, on ne les tirera pas” résume simplement notre interlocuteur. “Ils ont toujours de grosses quantités de nourriture avec les graines des champs de maïs, ils n’ont pas eu encore besoin de s’approcher.” […] “Mais s’il en vient, il faudra les tirer. Alors, en général, ceux qui restent vont ailleurs.” L’arrêté préfectoral court jusqu’au 31 décembre, il pourrait être prolongé si besoin.
Mais alors, s’ils ne sont plus là, pourquoi les sangliers ont-ils élu domicile à Neyron l’an passé ? Ceux-ci pourraient se réfugier dans la zone autour du fort, relativement protégée de toute pression à la fois par la bâtisse et par la géographie du lieu, très escarpé, à flanc de Côtière. Par ailleurs, il y a un an tout juste, nous étions confinés, la chasse s’est trouvée elle aussi interdite, permettant aux populations de sangliers de proliférer.     
       

C.B.


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