Plus 25.800 logements sont inoccupés dans le département !

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Alors que la pression s’accentue sur l’immobilier, avec des prix qui ont parfois atteint des sommets, nombre de ménages peinent à trouver une habitation en adéquation avec leurs besoins et leurs ressources. De la Côtière au Bugey, ce sont pourtant plusieurs milliers de logements qui restent inoccupés et ne sont pas mis à disposition sur le marché…

Dans un contexte de véritables tensions sur le marché immobilier, avec une offre bien souvent supérieure à la demande qui fait grimper les prix, le sujet de la vacance des logements refait surface. Un phénomène qui n’est évidemment pas nouveau, mais qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Depuis le début de cette année 2021, la lutte contre la vacance immobilière s’inscrit ainsi parmi les enjeux fondamentaux des pouvoirs publics qui, en lien avec les collectivités locales, se doivent d’être garants d’une possibilité d’accès pour tous à un logement décent. Mais ce n’est pas vraiment nouveau en réalité, et c’est aujourd’hui plutôt un constat d’échec vis-à-vis des politiques précédentes engagées pour tenter de remédier à cette problématique. Il y a ainsi déjà un peu plus de deux décennies qu’une taxe incombant aux propriétaires de logements vacants a été instituée afin de dissuader ceux qui contribuent à amplifier un phénomène de rétention immobilière, notamment dans les communes souffrant d’un déséquilibre marqué entre la demande et l’offre de biens. Des mesures coercitives qui ont cependant rapidement montré leurs limites. Dans le cadre du Plan national de lutte contre les logements vacants, d’autres actions ont donc été engagées, d’une part pour identifier avec davantage de précision les logements véritablement vacants (notamment inoccupés depuis 1 an au moins), et d’autre part afin de proposer également des mesures incitatives à la remise en disponibilité de ces habitations. Un projet qui tient désormais davantage compte des causes multiples de ce phénomène, lié à la fois aux caractéristiques des logements (besoins en travaux), des propriétaires (âge avancé, mauvaise expérience locative avec des impayés, vacance volontaire, etc.) et aux contextes locaux (tension locale du marché immobilier, caractéristiques locales spécifiques, etc.).
Et si les grandes agglomérations sont généralement les plus concernées, l’Ain n’y échappe pas, loin s’en faut. Environ 25.000 logements seraient ainsi identifiés comme “vacants”, alors que notre département en proie à une pression démographique forte engendrée à la fois par la proximité de la Suisse, mais surtout de l’agglomération lyonnaise, a aujourd’hui toutes les peines du monde à répondre à la demande en matière de logements.
Dans sept de nos communes, une taxe spéciale pénalise les propriétaires
Dans l’Ain, si la construction neuve trouve encore sa place dans de nombreuses communes, l’idée générale est maintenant clairement de mobiliser le bâti existant vacant de façon prioritaire. Un bâti qui est loin d’être anecdotique puisque plus de 8 % des logements aindinois, soit 25.849 habitations, sont enregistrés comme “vacants”, c’est-à-dire proposés depuis plus d’un an à la vente ou à la location mais inoccupés, car bien souvent en mauvais état, en attente de succession, ou sans affectation précise… Ces logements sont évidemment considérés comme une ressource immobilière inexploitée d’autant plus malvenue, que l’attractivité de l’Ain est forte, et qu’il est de plus en plus compliqué d’absorber le flux des nouveaux arrivants. Dans certaines communes où le marché immobilier est particulièrement sous tension, les propriétaires sont donc assujettis à la taxe sur les logements vacants (TLV). C’est le cas, sur notre secteur géographique, à Miribel, Neyron, Beynost, St-Maurice-de-Beynost, Montluel, La Boisse ou encore Dagneux. Ailleurs, ce n’est pas encore d’actualité, mais au train ou vont les choses, la probabilité est forte que la liste des communes entrant sous le coup de TLV s’allonge à moyenne échéance. Les collectivités locales participent activement aux opérations de séduction initiées et soutenues par l’État, afin d’inciter les propriétaires à mettre à disposition ou céder des biens inoccupés, totalement exclus d’un marché immobilier dont la dynamique est actuellement à son apogée. Parmi les mesures engagées, plusieurs Opérations d’Amélioration de l’Habitat (OPAH) proposées ces dernières années par nos intercommunalités, proposant des aides financières qui peuvent être accordées pour la rénovation des logements vacants dégradés. C’est par exemple le cas sur l’ensemble du territoire de la Communauté de communes de la Plaine de l’Ain.
Devenue “grande cause nationale” depuis quelques mois, la lutte contre les logements vacants se heurte cependant à un phénomène complexe recouvrant des réalités multiples. Jusque-là, rien n’est parvenu à freiner cette tendance. Dans l’Ain, en 5 ans seulement, 3.537 logements vacants supplémentaires (+16 %) sont venus s’ajouter à ceux déjà répertoriés…       


G.R.

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