Toujours moins de demandeurs d’emploi

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Le nouveau bâtiment est en cours de construction derrière la gare

Depuis un an, le nombre de demandeurs d’emploi ne cesse de diminuer, pour quasiment revenir au niveau d’avant-crise. Bon nombre d’entreprises du secteur peinent à recruter.

Économiquement parlant, la crise sanitaire semble désormais derrière nous. C’est ce que tendent à prouver les dernières statistiques de la demande d’emploi sur le troisième trimestre 2021 avec un niveau national équivalent à fin 2019.
L’Ain n’en est pas encore tout à fait là. Au 30 septembre 2021, le département comptait 26.200 demandeurs d’emploi sans activité, soit un nombre supérieur d’environ un millier à celui de fin 2019. C’est tout de même 5,7 % de moins sur un trimestre et – 9,8 sur un an. Néanmoins, si l’on ajoute les inscrits en activité réduite, tenus de chercher un emploi, la baisse n’est que d’1,8 % sur un trimestre, pour un total de 46.380 demandeurs en catégorie A, B et C.
Ces bons chiffres cachent des disparités. Ils profitent d’abord aux jeunes de moins de 25 ans avec -9,2 % sur un seul trimestre et -18,8 % sur an. Les 50 ans et plus ont plus de difficultés à revenir vers l’emploi. La baisse de 2,3 % sur un trimestre ne doit pas cacher une augmentation de 7 % par rapport à 2019. Aujourd’hui, 7.190 Aindinois de 50 ans ou plus sont demandeurs.
Le chômage de très longue durée constitue le perdant de cette reprise. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de deux ans continue à croître sur le dernier trimestre avec +0,2 % pour les inscrits depuis 2 à 3 ans et plus 0,8 % pour les inscrits depuis 3 ans ou plus. Une tendance lourde malgré la reprise, puisque le chômage de longue durée a progressé de 2 % sur un an, exclusivement chez les catégories les plus éloignées de l’emploi dans le temps.


Le plein-emploi sur la Côtière et Ambérieu


Sur le bassin d’emploi de la Côtière et d’Ambérieu plus précisément, la situation est plus favorable que sur le reste de l’Ain. Elle est revenue au même niveau que fin 2019, avec un taux de Chômage de 5,9 %, soit l’équivalent du plein-emploi. En un an, le nombre de demandeurs a diminué de 10,9, soit un point de plus qu’au niveau départemental. Le rebond est très net depuis le début de l’été. “Déjà en juin, quasiment un demandeur sur deux déclarait du travail en fin de moins” décrit Philippe Zymek, directeur du Pôle Emploi de Meximieux-Miribel. 344 postes sont à pourvoir sur son agence. Ici, même les chômeurs de longue durée retournent à l’emploi. Celui-ci a diminué de 12,5 % en un an, c’est cinq points de plus que dans l’Ain en général. “On est revenu à la situation d’il y a deux ans.” C’est-à-dire que les entreprises ont du mal à recruter, d’abord dans les métiers traditionnellement en tension que sont la santé, l’hôtellerie-restauration, le bâtiment… “Cela n’attire pas les candidats pour diverses raisons : les conditions de travail, le salaire, les envies de chacun, le manque de formation. C’est pour cela qu’on investit massivement dans la formation.” Une session pour les boulangers vient par exemple d’être lancée. Des partenariats sont établis avec les agences d’intérim, des actions sont organisées. Dans le cadre du plan de relance, les demandeurs d’emploi de longue durée sont accueillis un à un par Pôle Emploi. Enfin, la mise en application de la réforme de l’assurance chômage depuis ce mois d’octobre pourrait inciter les personnes à travailler plus en continu pour conserver leurs droits.
Reste que pour attirer les profils qui les intéressent, les entreprises vont devoir les bichonner. Même Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, évoque des hausses de salaire à venir… Il estimait dans le 8h30 de France Info, le 26 octobre dernier, qu’ “une majorité de salariés verra leur salaire augmenter parce qu’il y aura un rattrapage de l’inflation, qui est quand même à 2 %*”. Il semble donc que le rapport de force est en train de s’inverser. Il n’est par exemple plus question de passer un budget ou un temps important dans les transports, sans contrepartie. Au-delà du salaire, les candidats à l’embauche recherchent des conditions qui collent à leur rythme de vie. Un Miribelan cherchant à changer d’emploi actuellement, explique : “Clairement, c’est l’épanouissement personnel qui prime, en terme de responsabilité ou d’avantages, notamment pour l’organisation personnelle. Je souhaite pouvoir conserver mes activités associatives et sociales” explique-t-il. C’est bien sur ces plans-là que les entreprises aindinoises devront rivaliser d’imagination.   

C.B.


*propos tenus dans le 8h30 de France Info le 26 octobre dernier

Pôle Emploi s’installera
à Montluel fin 2022


Les travaux ont débuté depuis quelques mois derrière la gare de Montluel : à la fin de l’année 2022, Pôle Emploi regroupera ses implantations de Miribel et Meximieux sur un seul site, dans la zone d’activités des Prés Seigneurs. Plus centrale sur le territoire, cette implantation offrira aux demandeurs d’emploi des locaux plus spacieux, avec un espace dédié leur permettant de se connecter aux différentes applications. Cela permettra aussi à la quarantaine de personnes œuvrant pour le Pôle Emploi de mettre en œuvre des actions de plus grande envergure, avec des salles de réunions adaptées, des salles d’ateliers, mais aussi de limiter leurs déplacements entre les deux sites. “Cela va nous apporter plus d’efficience” résume Philippe Zymek.

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