La Plaine de l’Ain pourrait accueillir bientôt un crématorium

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Le maire de Blyes Daniel Martin, documents à l’appui, montre que son projet est déjà bien avancé.

Alors que la commune d’Ambérieu annonçait récemment sa volonté d’investir dans la création d’un crématorium, s’appuyant notamment sur des chiffres prévisionnels pour justifier le bien-fondé financier d’un tel projet, celle de Blyes vient maintenant également d’officialiser la création d’un crématorium au cœur de la Plaine de l’Ain. Le maire Daniel Martin se défend de toute volonté de marcher sur les plates bandes d’Ambérieu, puisque le dossier est ici à l’étude depuis bientôt cinq ans et le délégataire d’exploitation pourrait être désigné dès le début du mois de janvier.

Le maire de Blyes, Daniel Martin, explique que c’est en 2017, que son conseil municipal a été sollicité par deux groupes distincts afin d’implanter un crématorium sur le territoire communal. L’idée a ici fait son chemin et des études préalables ont été lancées, afin d’en étudier la pertinence. La crise sanitaire a quelque peu retardé l’avancée du dossier, mais en 2020, une étude de faisabilité précise et chiffrée a permis de conforter le maire et son équipe dans leur prise de décision, puisqu’avec un seul crématorium départemental à Viriat, le département de l’Ain est plutôt mal équipé à l’heure actuelle. “Plus largement, on souhaitait aussi en savoir un peu plus sur ce sujet sensible et parfois encore tabou dans les foyers. Les études ont permis de confirmer une véritable tendance. En 2000, les décès donnaient lieu à environ 20 % de crémations. Un chiffre qui ne cesse d’évoluer depuis, puisque nous en sommes maintenant à 39 %. C’est en augmentation de 10 % chaque année…” Aujourd’hui, pour un habitant de la plaine de l’Ain, il faut parcourir environ 55 km pour se rendre au crématorium de Viriat, 42 km pour Bron, 44 kilomètres dans le quartier de la Guillotière, et si on étend le cercle, cela peut aller jusqu’à 59 km pour celui de Gleizé. “Une autre étude que nous avons menée, nous amène à penser qu’un crématorium serait particulièrement bien placé dans la plaine de l’Ain, avec la sortie d’autoroute à Pérouges, les axes secondaires en Nord-Isère, une partie de la Bresse et la proximité avec la périphérie lyonnaise”. Restait évidemment à trouver des disponibilités foncières, et de ce côté-là aussi, le premier magistrat de Blyes a rapidement pu apporter une solution : “Il s’avère que nous avons une parcelle, près des établissements GEFCO, sur un terrain de 5.000m2, assez discret pour les familles, et arboré suivant le plan défini par le PIPA”. Documents et étude de faisabilité à l’appui, Daniel Martien explique que le bâtiment pourra occuper une superficie de 700 m2 environ. Il comprendra un parvis avec un espace accueil, une grande salle de cérémonie, les locaux techniques et administratifs, un four avec récupération des chaleurs et offrira la possibilité d’une extension. Un parking serait construit à côté avec une cinquantaine de places. “Nous avons contacté le syndicat mixte du parc industriel qui ne voit pas d’incompatibilité, donc on continue notre avancée sur le projet. L’idée est avant tout, bien entendu, d’apporter un service de proximité aux familles endeuillées. Nous estimons que 450 crémations par an pourraient se réaliser à Blyes, et d’ici 5 ans cela pourrait monter 650 personnes par an”. La commune s’est également interrogée sur le mode de gestion de cette unité, avec la possibilité d’en assurer directement l’exploitation ou d’opter pour une délégation de service. C’est ce deuxième point, plus facile à mettre en œuvre pour une petite collectivité, qui a d’ores et déjà été retenu, “on a donc lancé un appel à projets en élaborant un cahier des charges précis, nous avons fait appel à un assistant maître d’ouvrage, en l’occurrence Stéphanie Paulin de l’entreprise Assistance Conseil Service, basée à Lagnieu. Le choix sera arrêté le 7 janvier 2022, suivant les retours que nous aurons et leur conformité à nos souhaits”. L’infrastructure se chiffre à environ 2 millions d’euros, le chiffre d’affaires potentiel a été estimé à 600.000 euros annuels. Bien entendu se pose inévitablement la question d’une concurrence avec le projet de crématorium dévoilé dernièrement par la commune d’Ambérieu. Mais pour Daniel Martin, pas question de polémiquer à ce sujet. Le maire de Blyes estime que son dossier, même s’il est loin d’être bouclé, est bien plus avancé que celui de la Ville d’Ambérieu et qu’il était difficile de ne pas en connaître l’existence déjà évoquée dans plusieurs délibérations municipales…

F.M.

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