Le Comptoir des Plastiques de l’Ain va-t-il devoir cesser son activité ?

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L’entreprise CPA emploie près de 20 personnes dans la Zone Industrielle du Blanchon

Malgré un marché en développement, la société du Comptoir des plastiques de l’Ain (CPA), implantée à Pont-d’Ain depuis 35 ans, pourrait être contrainte à la fermeture. Sous le coup d’un arrêté préfectoral lui imposant de trouver une solution en raison de la nature inondable des terrains sur lesquels elle exerce son activité, elle s’est également heurtée à un refus de cession d’un bâtiment désaffecté situé à proximité. Une situation de plus en plus “inextricable” pour la Direction.

Avec ses 35 ans d’existence, le CPA se présente comme l’une des plus vieilles entreprises de France spécialisée dans le recyclage des plastiques à laver. Ce gisement est constitué essentiellement de déchets ménagers, bouteilles de lait, flacons de lessives, barquettes, et tout ce qui gravite autour des matières appelées le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP).
Cette entreprise a été créée en 1986 par Roger Blanc et est dirigée aujourd’hui par son fils, Pierre Blanc. Elle emploie une vingtaine de personnes toutes domiciliées sur le secteur, et qui exercent des métiers plutôt variés : opérateurs, chefs d’équipe ou chargés de maintenance, employés administratifs… Elle traite 14.000 tonnes de plastiques ménagers par an, ce qui équivaut à la consommation annuelle de 200.000 personnes ou 1/3 du département de l’Ain. Son savoir-faire lui permet de transformer ces déchets en matière plastique régénérée afin d’alimenter des industries fabriquant notamment des arrosoirs, des sièges bébés ou tuyaux par exemple. Une activité qui reste néanmoins sensible et enregistrée au titre des installations “classées”.
Depuis ne nombreuses années, CPA a donc multiplié les investissements pour se maintenir aux normes en vigueur et limiter ses impacts environnementaux. Environ 1,5 million d’euros a été investi depuis 10 ans pour satisfaire aux exigences environnementales, alors que la demande de traitement de déchets plastiques ne cesse de croître. Mais de nouveaux éléments sont venus se greffer aux problématiques réglementaires. Le site d’exploitation n’est pas vu d’un bon œil par certains riverains qui se plaindraient notamment ponctuellement auprès de la municipalité d’odeurs gênantes, d’effluents suspects ou de plastiques qui se répandent dans l’environnement. De son côté, la Direction de CPA estime qu’on ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Alors qu’elle souhaitait s’étendre, et créer un site de stockage en conformité en achetant un bâtiment voisin désaffecté depuis une vingtaine d’années, elle n’a jamais pu concrétiser cette acquisition, se voyant opposer un refus de la communauté de communes Rives de l’Ain Pays du Cerdon, propriétaire des locaux. L’intercommunalité a même tranché radicalement en juin dernier, en cédant le site à une société civile immobilière savoyarde. La situation s’est encore compliquée tout récemment, avec la publication d’un arrêté préfectoral qui lui rappelle que son activité s’exerce sur une zone inondable. M. Blanc en est tout à fait conscient mais rejette toute responsabilité. Il explique qu’à sa création, l’usine était implantée dans un bâtiment relais construit par la mairie de Pont d’Ain qui devait leur être rétrocédé au terme de plusieurs années de loyers. L’entreprise a finalement procédé au rachat anticipé en 1995, mais l’acte notarié de l’époque n’aurait aucunement précisé qu’il s’agissait d’une situation en zone inondable ! Une erreur sans doute fatale qui n’aurait été découverte que cinq ans plus tard. Le Comptoir des Plastiques de l’Ain vit depuis avec cette épée de Damoclès sur la tête. Ici, on explique avoir effectué plusieurs tentatives pour trouver un nouveau site d’exploitation, mais ne s’être opposé qu’à des refus. Quant aux relations avec la municipalité de Pont-d’Ain, elles n’ont fait que se dégrader. Le maire Jean-Marc Jeandemange n’a d’ailleurs pas caché qu’il ne tenait pas particulièrement voir ce type d’activité se poursuivre dans sa ville dans ces conditions. Alors quel avenir pour la vingtaine de salariés de CPA ? Difficile à dire. Plus le temps passe et plus les solutions semblent complexes à trouver. La Direction qualifie même aujourd’hui la situation de particulièrement “inextricable”…  MJJ & GR

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