Téléphonie mobile : Les antennes posent question

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Quelle situation et quels risques entourent les antennes-relais de téléphonie mobile présentes sur la commune ? La municipalité vient de perdre en référé et le sujet déchaîne les passions. Vendanger les raisins de la colère fait apparaître une bonne poire : les logements sociaux.

L’implantation d’antennes-relais de téléphonie mobile a été un sujet polémique ces dernières semaines sur la commune. D’abord, lors d’une réunion publique relative au PLU, un habitant des Echets a soulevé la question en s’adressant aux élus : “Est-ce que vous avez prévu de construire en centre-ville des antennes relais de téléphone comme vous avez fait aux Echets ? Une va se construire à 30 m de haut ! […] Pourquoi vous avez signé ?” Le maire, Jean-Pierre Gaitet, a nuancé : “Plus vous montez d’antennes, moins vous avez de nocivité parce que moins les antennes sont puissantes”.


“À chaque fois qu’on peut refuser une antenne parce qu’elle n’est pas conforme au PLU, on le fait”


Laurent Tronche, adjoint à l’urbanisme, a expliqué avoir signé “parce que je ne pouvais pas faire autrement que de signer quelque chose qui est réglementaire. À chaque fois qu’on peut refuser une antenne parce qu’elle n’est pas conforme au PLU, on le fait, et ça a pour conséquence que les sociétés nous attaquent devant le tribunal administratif”.
Sur les 8 dossiers déposés depuis 2019, 5 ont été refusés et 2 sont actuellement devant le tribunal administratif, attaqués notamment par Bouygues Telecom et Cellnex, prestataire qui se charge des demandes et poses d’antennes pour les opérateurs. “Sur l’avenue de la Gare, ils ne voulaient pas respecter la prescription de l’Architecte des Bâtiments de France [ABF], dans l’autre, ils voulaient monter une tour métallique de 24 m de hauteur en bordure de l’avenue des Balmes et en zone naturelle, là il y avait des motifs de refus” souligne Laurent Tronche. Pour le référé sur l’implantation avenue de la Gare, le juge a donné raison le 29 septembre à Bouygues et Cellnex en se fondant sur un caractère d’urgence. La commune est obligée de réinstruire le dossier dans un délai d’un mois, les 5.000e que réclamaient les requérants au titre des frais de justice n’ont en revanche pas été accordés. Mais l’affaire ne s’éteint pas pour autant : le juge n’a pas statué sur le fond. Une autre audience interviendra.
Ces procédures sont coûteuses : “Quelques milliers d’euros à chaque fois. Si un appel se fait devant le Conseil d’État, le montant s’élève jusqu’à 15.000 euros. Je ne vais pas refuser les autorisations lorsque légalement il n’y a aucun moyen de les refuser”.


Une autre antenne prévue dans le quartier St-Martin suscite des interrogations. L’opposition, portée par Marie-Chantal Jolivet, a communiqué sur les réseaux sociaux que, lors du conseil municipal, leur intervention questionna sur cette antenne prévue “à proximité du collège Anne Frank et à deux pas de l’école maternelle et élémentaire Henri Deschamps […] Qu’en est-il de l’impact environnemental et des effets sur notre santé ? […] Il n’y a pas de possibilité de s’opposer, donc on laisse faire ? […] Moralité : on laisse faire sans broncher !” Dans les faits, le dossier a été déposé par la société Cellnex. L’objectif est d’installer, au profit de Bouygues Telecom, six antennes au 221, rue de la Paix. Autrement formulé, au-dessus de logements sociaux, dans le quartier du Trève. Ces antennes seront intégrées dans trois fausses cheminées, de 1,4 m de large à la base pour une hauteur de 3,4 m, afin de les rendre invisibles de la voie publique. Initialement prévues sur les bordures du bâtiment, ces fausses cheminées seront finalement placées au centre, comme l’évoque Laurent Tronche : “L’ABF a dit que, puisque nous sommes dans les abords de l’ancienne église St Martin, il donnait un accord assorti de prescriptions pour garantir une intégration qualitative : les cheminées sont à centrer sur le toit. […] Le PLU n’ayant pas la possibilité de refuser cette installation et comme l’ABF est d’accord, de fait, nous avons pris un arrêté de non-opposition aux travaux le 20/04/2021 suite à la déclaration préalable, qui n’est pas un permis”. L’adjoint ajoute que “toute personne voulant faire un recours le peut si cette demande est justifiée en se basant sur l’urbanisme”.


Dix-sept antennes implantées sur la commune


Pour qui est curieux, les données relatives aux implantations d’antennes sont en accès libres, via l’Agence Nationale des Fréquences, sur le site antennesmobiles.fr ou l’application Réseaux mobiles. Aujourd’hui, le sujet des ondes fait débat, voilà cinq ans il n’intéressait pas. La précédente majorité, qui est l’actuelle opposition, tint un débat en 2016, lors d’un conseil municipal, afin d’évoquer l’installation des compteurs Linky. Seul Jean-Marc Bodet, déjà adjoint aux finances, s’était élevé. L’élu évoquait des “radiofréquences reconnues potentiellement cancérigènes par le CIRC”. Il fut isolé lors de son intervention et la municipalité de Miribel n’a pas délibéré pour s’opposer à ces implantations. 17 lieux d’implantations existent aujourd’hui sur la commune. En 2018, six antennes ont été posées sur l’EHPAD Bon Séjour pour Orange, cinq ont été implantés sur les Célestins sous la mandature de Sylvie Viricel et deux sous Jean-Pierre Gaitet avec un total de neuf antennes présentes, d’autres encore se trouvent sur les logements sociaux rue de Saint Martin… Et quelque chose saute aux yeux : la surabondance de ces antennes au-dessus des logements sociaux, à Miribel comme ailleurs. K.P.

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