Immobilier : L’année de tous les records !

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C’est du jamais vu : ces derniers mois, les prix de vente des biens immobiliers ont flambé pour atteindre des niveaux jamais égalés. L’envie de se mettre au vert, la baisse des taux d’intérêt et le télétravail favorisent un engouement devenu quasiment fou sur notre secteur.

Prenez une bonne dose de confinement, ajoutez des tarifs devenus inabordables sur Lyon, vous obtenez un besoin irrépressible de se mettre au vert, au plus près de la métropole lyonnaise. Résultat : les prix de l’immobilier sur la Côtière, la Plaine de l’Ain et même le Bugey connaissent une flambée inégalée jusqu’alors. Avec des prix records, comme un terrain d’environ 300m2 vendu 250.000 euros sur Beynost, une très belle villa vendue à 580.000 euros à Priay et le demi-million plusieurs fois atteint à Meximieux ! “Les prix sont complètement exorbitants” estime Me George-Fraioli, notaire à Miribel. “On ne sait pas jusqu’où ça va aller.”
Jean-Pascal Berlie, à la tête de l’agence Century 21 de Montluel, décrit “un marché très dynamique. En fait, la Covid a eu un effet multiplicateur, mais dès 2018 et 2019, on était entre 5 et 10 % de transactions supplémentaires par an. Nous étions déjà sur une volumétrie en hausse constante. Il y a eu un marquage encore plus important en 2020” […] “Déjà avant, un client sur deux venait de Lyon et Villeurbanne pour s’acheter une maison. Dans la première couronne lyonnaise, il y a beaucoup de constructions d’immeubles. Mais le rêve d’accéder à la maison reste. Après le confinement, certains n’ont plus souhaiter attendre.” Résultat : les délais de vente des biens se sont accélérés – 2021 pourrait bien être une année record en terme de volume – et les budgets ont encore plus grimpé, avec des prix fous et parfois démesurés. Au point que sur certains secteurs, seuls de hauts revenus peuvent investir : même à des taux très bas, il est nécessaire d’être cadre supérieur pour emprunter 300.000 ou 400.0000 euros. “Les ménages s’endettent plus pour pouvoir rester à proximité de Lyon. Ils peuvent acheter des maisons anciennes avec des gros budgets travaux. Tant que les taux restent assez bas et tant qu’il manque des produits à la vente, il n’y aura pas de frein” estime notre notaire.

Des biens vendus en 24 à 48 heures, sans publicité


David Ribeiro, agent immobilier œuvrant sur le Bugey et la Plaine de l’Ain, de Pont d’Ain à Lagnieu, constate lui aussi un engouement inédit, de la part des Lyonnais, mais aussi de locaux, bien souvent cadres, qui travaillent sur Lyon et veulent s’acheter une maison. “C’est très impressionnant. Dès que l’on rentre un bien, il est vendu en un timing record, régulièrement en 24 à 48 heures, sans aucune publicité.” Mais l’homme veut tempérer la situation actuelle : “A Priay, la moyenne des prix atteint 3.000 euros du mètre carré. Le contexte fait que beaucoup de biens ne se vendent pas à leur valeur. Des villas avec terrain se sont vendues 50.000 à 100.000 euros au-dessus de leur valeur. Pour les constructions neuves, le foncier est de moins en moins important, il a un impact sur les prix à la hausse, mais les contraintes administratives avec les études de sol engendrent automatiquement un surcoût à la construction.”


“Dans les campagnes, les prix sont disproportionnés”


Et David Ribeiro en reste convaincu : certains acheteurs urbains qui ont déménagé après le confinement voudront retourner en ville. “À terme, je pense qu’ils auront besoin de retrouver leurs habitudes urbaines. Dans nos villages, on ne peut pas faire les courses à pied, sortir boire un coup le soir comme on veut…” Alors, gare à la douche froide : “Dans les campagnes, les prix sont disproportionnés. Si certains veulent revendre au bout d’un an, ça risque de faire mal…” Pour lui, cette situation exceptionnelle ne peut pas durer : “Il y aura une correction nécessaire et évidente. Cette situation n’est pas saine. Nous allons rentrer dans une période électorale, qui crée automatiquement un attentisme, qui devrait intervenir au premier trimestre 2022. Une correction des prix sera forcément associée, comme en 2008 et en 2012. Mais dans notre secteur, elle sera moins importante qu’ailleurs. Il n’y a pas assez de biens pour répondre à la demande, c’est aussi une réalité du marché.” L’autre inconnue est l’évolution des taux d’intérêt, historiquement bas, à moins de 1 % bien souvent. Si ceux-ci restent encore à des niveaux très faibles, depuis le mois de septembre, les banques resserrent un peu la vis sur les conditions d’accès au crédit. Il n’est plus question pour un primo-accédent de se présenter sans un apport correspondant au minimum au montant des frais engendrés par son achat.

Une folie immobilière limitée aux maisons et terrains à bâtir


Cette folie immobilière reste toutefois “limitée” aux seules maisons et terrain à bâtir. Les appartements, eux, connaissent une relative stagnation, voire une baisse des prix. Si l’on vient dans l’Ain, c’est pour le cadre de vie, pas pour se retrouver entre quatre murs. Il est en effet aujourd’hui très compliqué de vendre un appartement ou une maison de ville sans extérieur, terrasse, ni loggia. Il est encore plus difficile de trouver preneur dans une copropriété ancienne qui n’a pas fait de travaux en terme d’isolation et de performance énergétique notamment. Dans ces cas-là, le véritable vivier de clients potentiels est celui des investisseurs. Or, beaucoup préféreront attendre les élections présidentielles et les décisions éventuelles qui suivront plutôt que de se lancer…

C.B.

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