Jérémy Poret, le Beynolan aux 15 titres de champion du monde

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C’est dans les locaux de BCI, entreprise spécialisée dans l’isolation des bâtiments, que le natif de Rillieux-la-Pape âgé de 33 ans codirige, que Bugey-Côtière a rencontré le champion de jet-ski à bras. Après avoir été professionnel de 2010 à 2015, Jérémy Poret poursuit depuis la pratique compétitive à haut niveau en parallèle de sa profession de chef d’entreprise. Interview d’un champion tombé dans le motonautisme il y a très longtemps par la magie d’une passion familiale.

Vous pratiquez le jet-ski à haut niveau depuis des années. Comment en vit-on ?
On n’en vit pas, ou difficilement. J’ai tout de même été professionnel entre 2010 et 2015, rémunéré par un team, qui lui-même était sponsorisé par des acteurs du jet-ski. Cela m’a permis de ne faire que cela pendant quelques années. Le team offre aussi tout un support logistique, pour des manches ou des compétitions parfois un peu partout dans le monde.

Votre palmarès est impressionnant : huit titres de champion du monde avec la fédération IJSBA et sept titres avec la fédération UIM. Alors même qu’il est fréquent de ne briller que dans l’une des deux…
C’est un motif de fierté d’avoir dominé le plateau, et pas seulement avec la fédération un peu plus européenne (UIM). Effectivement, souvent les Européens ne réussissent pas très bien dans les compétitions de la fédération USA (IJSBA) et, réciproquement, les Américains ne réussissent pas souvent sur des compétitions UIM. J’ai réussi à le faire pendant une période dans cette discipline.

À ce propos, comment définiriez-vous votre discipline, le jet-ski à bras ?
Le jet-ski à bras correspond à du circuit debout sur la machine. Le côté circuit peut évoquer le motocross d’ailleurs. Il existe le même type de compétition, mais en jet-ski à selle (jet-ski assis). Ensuite une troisième catégorie regroupe tout le jet-ski freestyle. De mon côté, je suis exclusivement focalisé sur le jet-ski debout.

Depuis 2015, vous n’êtes plus professionnel. Vous continuez néanmoins les compétitions à haut niveau ?
Oui, j’ai monté mon propre team, récupéré quelques sponsors qui m’ont suivi et je bénéficie aussi du sponsoring de BCI. Je ne suis plus le seul pilote : il y a deux jeunes à présent qui peuvent ainsi profiter de l’accompagnement logistique et de l’organisation. On a des mécaniciens, des logisticiens ainsi qu’un kiné qui nous suit sur toutes les compétitions. On a au moins un mécanicien sur chaque compétition. Mais il faut être clair : sur l’activité jet-ski il est impossible de gagner de l’argent. Je vis exclusivement de mon entreprise. Ce qui est compliqué c’est de cumuler sport de haut niveau et entreprise, mais on y arrive.
Que représentent Beynost et la Côtière pour vous ?
J’ai toujours vécu ici, j’ai grandi ici, fait mon école primaire à Beynost. Et maintenant j’y travaille et j’y habite. Mes parents, mes grands-parents sont de Beynost. Mon frère et ma sœur qui eux aussi pratiquent le jet-ski, habitent dans le coin également. Bref, il faut croire qu’on s’y plaît. Et côté jet-ski, on reçoit du soutien, ce qui fait plaisir et certaines entreprises nous ont bien aidés au début.

La crise sanitaire a-t-elle eu une influence sur votre sport ?
Oui, tout à fait, c’est très compliqué. Il y a eu beaucoup d’annulations de compétitions. Et peut-être d’autres à venir. Ce qui est difficile, c’est l’absence de visibilité et l’incertitude du maintien de compétitions se déroulant dans quelques semaines. Difficile, dans ces conditions, de planifier l’organisation d’une participation sans savoir si la compétition sera maintenue. Cela influe également sur l’entraînement et sur tous les aspects de la vie du team.

Quel est votre avenir sportif dans ces conditions ?
Pour le moment j’ai envie de continuer la compétition, tant que le corps suit et que l’envie est là. Je me diversifie un peu cela dit : avec mon cousin germain Brice Aloth, avec qui je travaille à BCI, on a participé au Rallye d’Andalousie 2021 et on a obtenu de bons résultats avec deux victoires d’étapes. Suffisant pour voir plus loin : on prépare donc actuellement le Rallye Dakar 2022.

B.P.

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