Être son propre patron : est-ce vraiment un bon plan pour les finances ?

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Selon une étude publiée par l’Insee, le revenu médian des non salariés dans l’Ain est de 2.268 euros. Mais ce chiffre cache d’énormes disparités…

C’est parfois le rêve d’une vie : devenir son propre patron, pour être libre et, pourquoi pas, devenir riche !
De prime abord, la création de sa propre entreprise semble plus rémunératrice que le salariat : dans l’Ain, le revenu médian* des non salariés est de 2.268 euros, soit presque 200 euros de plus que le revenu médian moyen des Aindinois. Mais, comme bien souvent, le diable se cache dans les détails.
Il n’y a rien de commun entre un chauffeur de taxi et un radiologue, un coiffeur et un architecte, un expert-comptable et un animateur de soirée…, si ce n’est que tous peuvent se mettre à leur compte. Dans l’Ain, ils sont 15.800 dans cette situation, avec des secteurs beaucoup plus représentés que d’autres. Les métiers de la construction concentrent à eux seuls 18 % des personnes concernées, suivent les professions paramédicales – infirmières, psychologues kinésithérapeutes… – avec 1.900 personnes, puis le commerce de détails, l’hébergement et la restauration, l’industrie et les médecins et dentistes représentant environ un millier de personnes chacun.
Comme pour les métiers, les disparités sont extrêmes parmi les revenus, avec un écart variant de 1 à 10 selon les secteurs d’activités. Les mieux lotis sont les activités juridiques et comptables, avec une médiane de 8.100 euros dans l’Ain. Sans surprise, le secteur médical, à travers les médecins et les dentistes, figure aussi parmi ceux qui gagnent le mieux sa vie, avec une médiane de 7.100 euros, pour près d’un millier de professionnels aindinois. Mais là encore, la situation est très diverse parmi les spécialités. Un généraliste perçoit plutôt 5.700 euros tandis qu’un chirurgien atteindra 12.900 euros et un radiologue 13.700 euros. Et les écarts se creusent encore que l’on soit homme ou femme…
Au plus bas de l’échelle des revenus, on retrouve les activités des arts, spectacles et récréatives, avec 700 euros mensuels ou encore le commerce de détail hors magasin, que ce soit sur les marchés ou via internet. 8 % ne tirent même aucun revenu de leur activité non salariée. Ces indépendants couplent bien souvent leur entreprise avec le salariat, parfois contraints, ou lorsqu’ils ont choisi de créer leur société comme une activité secondaire. Mais la double activité n’est pas l’apanage des hauts revenus. Tous les échelons sont concernés, qu’il s’agisse de médecins exerçant à la fois en libéral et en hôpital, de personnes faisant de l’enseignement… Au niveau régional, 16 % des non-salariés cumulent.
On l’aura compris, la liberté d’entreprendre a un prix et la réalité est souvent loin du rêve, comme le démontrent les statistiques publiées par l’Insee. D’autant que ces données datent d’avant la crise sanitaire… il fait peu de doute que les secteurs tels que la culture, qui avaient déjà du mal à s’en sortir, sont encore plus à la peine… Les Aindinois s’en sortent toutefois globalement mieux que le reste de la région et de la France, dont la moyenne des revenus médian atteint respectivement 2.070 euros et 2.120 euros.
C.B.

  • Le revenu médian divise les revenus en deux groupes égaux, la moitié gagnant plus, l’autre moitié gagnant moins.
    Source données chiffrées : Insee, base non salariés 2017, hors micro-entrepreneur et agriculteurs.

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