Passe sanitaire Vaccination obligatoire : des pompiers ne veulent pas céder !

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Des pompiers manifestent à Lyon pour dénoncer le caractère coercitif des mesures sanitaires à l’égard de leur profession

Depuis le 15 septembre, la vaccination est devenue obligatoire pour exercer certaines activités professionnelles. Parmi les corps de métiers assujettis à cet impératif, les sapeurs pompiers, y compris les volontaires, qui représentent 94 % des effectifs de l’Ain. À Lagnieu, Rémy Chabbouh, pompier professionnel depuis plus de 30 ans et secrétaire national du syndicat SUD SDIS dans le Rhône, s’élève vigoureusement contre cette obligation. Et il n’est visiblement pas le seul.

Depuis le 15 septembre, c’est le branle-bas de combat : “Le téléphone n’a pas arrêté de sonner. Un certain nombre de pompiers sont retournés chez eux à compter du 15 septembre, ils n’avaient tout simplement plus le droit de travailler. J’ai par exemple un de mes homologues professionnel d’une commune du canton d’Ambérieu et pompier également à Lyon, qui doit maintenant rester chez lui parce qu’il n’est pas vacciné. C’est le choix de ces hommes, un choix strictement personnel, et il faut le respecter, même si ce n’est pas mon choix personnel. Moi, en tant que représentant syndical, je suis là pour défendre les collègues”. Et pour ceux-là, le couperet ne tarde pas à tomber : suspension du salaire.
C’est intenable !” déplore Rémy Chabbouh. Une parade temporaire a cependant été trouvée pour ceux qui le souhaitent, en déposant un préavis de grève. Un droit constitutionnel qui empêche de suspendre la totalité du salaire, “mais nous n’encourageons évidemment pas à la grève et chez nous, même en grève les pompiers travaillent et remplissent leurs missions. Et puis il y a aussi le cas de tous les pompiers volontaires, les plus nombreux et pour qui ce n’est pas un métier. Alors que le plus souvent, leur employeur ne les oblige pas à être vaccinés, on leur demande de le faire pour des missions qu’ils accomplissent sur une forme de bénévolat…
Alors dans quelles proportions l’activité des pompiers est-elle impactée par cette obligation vaccinale ?
Les chiffres exacts sont en réalité encore assez difficiles à obtenir. Questionné à ce sujet, la direction du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) de l’Ain évoque, pour sa part, un phénomène marginal qui ne concernerait quasiment pas les pompiers professionnels, même si une dizaine n’avait encore pas, en fin de semaine dernière, son schéma vaccinal complet “Mais pour presque tous ceux-là, il y a des explications. La plupart sont actuellement en arrêt maladie, ou n’ont pas repris encore leur travail ou transmis leur dossier pour diverses raisons” explique Mounir Bouallegue, médecin colonel au SDIS de l’Ain, qui estime que tous ceux-là vont très probablement se mettre en conformité rapidement. Dans l’Ain, un seul et unique pompier professionnel aurait à ce jour fait connaître son souhait de refuser formellement l’obligation vaccinale. Il fera l’objet de jours de suspension. C’est en revanche un peu plus compliqué chez les volontaires, avec une proportion bien plus élevée de non vaccinés. Le médecin colonel précise qu’environ 90 % des volontaires sur la frange de ceux appartenant au corps départemental ont aujourd’hui leur schéma vaccinal complet. Il estime également que parmi ceux-là, beaucoup vont se mettre en règle dans les prochains jours, et qu’il en restera probablement un peu plus de cinquante qui feront le choix de ne plus exercer dans ces conditions. En ajoutant les autres volontaires appartenant aux corps communaux (pour lesquels les chiffres ne sont pas encore connus), on peut supposer qu’au moins 100 à 150 pompiers volontaires de l’Ain pourraient ne plus être opérationnels jusqu’à révocation de la loi sur le passe sanitaire (le département de l’Ain compte, au total, environ 5200 pompiers volontaires). “Soyons honnêtes, nous étions quand même inquiets. Mais notamment grâce à un gros travail d’explication et de sensibilisation, la très grande majorité des pompiers de l’Ain, bon gré, mal gré, a décidé de se faire vacciner pour poursuivre les missions de secours. Saluons aussi le rôle des principaux syndicats représentés dans l’Ain, qui ont bien joué le jeu et nous ont accompagnés dans cette démarche” conclut le médecin colonel du SDSIS
De son côté, Rémi Chabbouh reste plus perplexe au sujet de cette minimisation de l’impact d’une telle mesure sur l’activité opérationnelle des pompiers : “Si je prends l’exemple de l’agglomération lyonnaise, nous avons à peu près 1200 sapeurs pro et 3500 volontaires, et la semaine dernière nous avons recensé 218 non vaccinés, dont 68 professionnels. Ce n’est pas rien. Plus de 200 personnels qui ne sont plus là, c’est extrêmement compliqué à gérer. C’est l’équivalent de deux casernes et cela altère forcément les capacités d’intervention. Aujourd’hui, dans un contexte ou les sollicitations sont en hausse constante et avec des effectifs déjà réduits à leur strict minimum, il me semble qu’on ne peut plus se permettre le luxe de perdre un seul pompier en raison de ces mesures coercitives…” Dans l’Ain, un seul pompier aurait été écarté de son poste pour l’instant. En revanche, plusieurs dizaines de volontaires ne reprendront plus leur service dans les conditions actuelles

G.R.

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