Conseil municipal : les futures élections en préparation

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Après la démission de onze élus municipaux, les Neyrolands devront retourner aux urnes d’ici début décembre pour désigner l’équipe en charge des destinées communales. Chacun se prépare.

Entre fin août et début septembre, le maire et la préfecture ont reçu les démissions de trois adjoints et huit conseillers municipaux sur les vingt-trois élus que compte l’assemblée communale. Un nombre suffisant pour aboutir à de nouvelles élections dans les trois prochains mois. Tout le conseil municipal doit être renouvelé d’ici le 6 décembre. Déjà, deux équipes sont prêtes à se confronter.
Jean-Yves Girard décrit un contexte exceptionnel
Le maire sortant, Jean-Yves Girard, a du mal à digérer la décision des élus aujourd’hui démissionnaires, mais avec qui il a construit son programme pour les municipales de 2020. “Tout cela couvait depuis juillet. Le festival l’Été sur un plateau s’est déroulé dans la plus grande hypocrisie. Tout le monde savait qu’ils allaient démissionner sauf moi. C’est pour cette raison que le 11 août, à la veille de mes vacances, j’ai envoyé un mail à tout le monde.” Dans ce mail, il rappelle le contexte exceptionnel dans lequel l’équipe est arrivée aux affaires : à la crise sanitaire, s’est ajoutée l’approbation du permis de construire pour un lieu de culte pouvant accueillir près d’un millier de personnes aux portes de la commune, à Sermenaz, et le glissement de terrain à l’entrée est de la ville, engendrant l’évacuation de plusieurs maisons menaçant de s’effondrer. “Ces diverses situations n’ont pas favorisé le rapprochement fédérateur d’une gestion de projets, propre à la réalisation d’un mandat avec une nouvelle équipe.” Le maire est bien conscient des tensions apparues avant même l’installation officielle du conseil municipal : “Entre notre élection le 15 mars 2020 et l’installation du 25 mai, durant deux mois, l’ancienne municipalité ne nous a pas laissé accéder aux dossiers, nous n’avons pu faire que des visio. Nous n’avons jamais pu avoir de moment convivial. […] Cela a toujours été tendu. J’ai voulu rajeunir l’équipe municipale et ajouter des compétences. Je reconnais que l’on m’a amené des gens que je ne connaissais pas forcément. Dès ma nomination au poste de maire, il y a eu quatre abstentions, ça fait désordre. La fracture n’a fait qu’augmenter avec le temps entre l’ancienne génération d’élus et les nouveaux qui veulent avancer très vite.” […] “Mais à un moment donné, la responsabilité de la signature et des finances, c’est moi qui l’ai.” Le maire souligne toutefois les projets qui ont vu le jour dans ce même laps de temps : aménagement autour du site de la batterie de Sermenaz, création du nouveau magazine municipal, extension du centre aéré au mercredi, festival d’été… Le fruit de “l’implication de chacun dans la gestion des dossiers qui a démontré la volonté de travailler pour une cause commune” ajoute-t-il. Et de prévenir que ces démissions créent “forcément un immobilisme administratif de plusieurs mois” pour la réalisation des autres projets, ajoutant que cela “va à l’encontre de l’intérêt général des Neyrolands.” Tout en regrettant vivement la situation, et répondant, que “oui bien sûr, on peut discuter, construire, travailler ensemble en étant différent”, Jean-Yves Girard est prêt à se relancer dans une nouvelle campagne, à remonter une équipe, suivi par une bonne partie des élus restants.


“La démocratie, c’est un minimum de débat”


De leur côté, les démissionnaires – soutenus par l’adjoint à l’urbanisme qui n’a pas démissionné pour continuer à gérer les dossiers, notamment du glissement de terrain, dénoncent la “gouvernance proposée par le maire.” Emmenés par Christine François, ils expliquent que durant les mois de confinement, “les premières tensions apparaissent.” Ils décrivent : “Pendant les réunions à distance, les désaccords sont apparus, les débats n’ont pas été possibles. On a imaginé qu’on pouvait faire évoluer tout cela.” Dès lors, un “travail de médiation” a été proposé par un élu, Bruno Larive, dont c’est par ailleurs l’activité professionnelle. “Mais le maire ne communique à l’ensemble de l’équipe municipal ni le compte rendu, ni les préconisations du médiateur, et malgré plusieurs relances, aucune suite n’est donnée.” Eux dénoncent “l’inertie” autour de la gestion du sinistre le Clos, avec des appels des riverains dès début décembre et auraient voulu que le maire arrête le chantier plus rapidement, plutôt qu’à la veille des fêtes, tandis que Jean-Yves Girard explique avoir voulu régler les choses dans la légalité, en lien avec la préfecture. Ils regrettent l’absence d’échanges. “Pour tout ce qui est proposé, il y a de l’inertie en face.” Pour eux, certes, des projets ont été réalisés, “mais à quel prix ?” […] “Quand Jean-Yves Girard est venu nous chercher pour faire partie de son équipe municipale, on ne savait pas que le débat ne serait pas possible. La démocratie, c’est un minimum de débat.” […] “Nous faisons le constat d’un dysfonctionnement tel qu’il faut mettre un terme à cette gouvernance qui ne fonctionne plus” explique Christine François. “Cette décision n’a pas été facile, je mesure l’impact, mais nous devons être honnêtes vis-à-vis des Neyrolands”. Celle qui fut adjointe au maire sous Pierre Marcellin, puis aux débuts d’André Gadiolet, se dit prête à conduire sa propre équipe, composée des élus démissionnaires, de l’adjoint à l’urbanisme mais aussi d’autres Neyrolands prêts à les rejoindre. Ils indiquent être un groupe d’une cinquantaine de personnes, déjà au travail, qui veut travailler “en équipe”.
Sans avoir débuté officiellement, un air de campagne électoral flotte déjà sur Neyron. Avec deux groupes en lice, qui partiront sur un programme assez proche de celui établi en 2020, selon deux méthodologies différentes.

C.B.

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