L’Ain, un département à forte population immigrée

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L’INSEE a mis à jour cet été ses enquêtes statistiques relatives à la population étrangère selon les principales nationalités. L’Ain se démarque toujours par certaines particularités qui en font un département atypique, parmi ceux à la plus forte population immigrée de la région. Explications.

Dans le département l’Ain, en 2018, les immigrés représentaient 8,9 % de la population totale, soit un total de 57.452 immigrés, toutes origines confondues.
Une proportion qui place le département au quinzième rang national en terme d’accueil des étrangers et au second rang régional à égalité avec le Rhône et derrière la Haute-Savoie, dont 9,8 % de la population est d’origine immigrée. Mais cette cartographie instantanée révèle en réalité des tendances migratoires bien différentes selon les territoires. Ainsi, dans notre département, 41,5 % des immigrés proviennent de l’espace européen. Une proportion bien supérieure à la moyenne nationale.
En fait, cette situation atypique s’explique en grande partie par des raisons géographiques, car l’Ain, comme la Haute-Savoie, sont des départements frontaliers, et ces deux départements concentrent à eux seuls 90 % des immigrés suisses habitant dans la région. Les ressortissants suisses représenteraient ainsi au moins 11 % de la population immigrée du département de l’Ain. Les Portugais, puis les Italiens, les Turcs, les Marocains, Espagnols, Algériens et autres nationalités d’Afrique, constituent, dans l’ordre cité, le panel le plus représentatif de l’immigration dans l’Ain.
Hors frontières européennes, les Turcs sont les plus nombreux. Ils rassemblent 8,6 % de la population immigrée. Le département de l’Ain est même le 15ème département français où la communauté turque est proportionnellement la plus implantée au sein de sa population totale. Les Marocains comptent pour 7,9 % de la population immigrée du département, les Algériens 4,3 % et les Tunisiens pour 2 %.
D’un point de vue géographique, le Plan Départemental d’Intégration de l’Ain note que la répartition de la population immigrée sur le département est très hétérogène, avec une concentration sur l’Est du département pour l’immigration frontalière (Pays de Gex, Haut-Bugey) et sur les zones urbanisées (Bourg-en-Bresse, Oyonnax, Bellegarde sur Valserine, Côtière). Cette répartition tient initialement à des raisons purement économiques ou industrielles, notamment l’industrie plasturgique ou métallurgique qui ont influencé ces zones d’implantation, puisqu’elles ont été, par le passé, très utilisatrices de main-d’œuvre étrangère. Enfin, à titre de comparaison, on notera qu’en région Auvergne-Rhône-Alpes, c’est dans le Cantal que la proportion des immigrés est la moins importante : 1,8 % de la population seulement. Il n’y a que la Vendée, en France, qui compte un plus faible pourcentage de population étrangère : 1,7 %. À l’opposé, au premier rang on trouve la Seine Saint Denis avec 24,5 % d’immigrés, dont plus de 82 % sont originaires d’un pays situé hors Union Européenne. G. R.

Sources : INSEE/Préfecture/Plan Départemental d’Intégration de l’Ain

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