Jeff Burluraux, coutelier d’art, crée des pièces uniques

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Responsable régional pour la région Auvergne Rhône Alpes chez Hager, une entreprise de matériel électrique, Jeff Burluraux exerce parallèlement à ce métier la passion de sa vie : la coutellerie d’art. Dans son atelier des Avoux baptisé Esprit de Lames, le Dagnard crée de magnifiques couteaux ouvragés, des pièces uniques qu’il réalise sur commande. Entretien.

Quand avez-vous commencé à créer des couteaux ?
J’ai toujours travaillé le bois depuis tout gamin, où je passais des heures dans l’atelier de menuiserie de mon grand-père. J’ai même fabriqué un canoë… Il y a trois ans, j’ai voulu refaire le manche d’un couteau, je l’ai modifié et, peu à peu, j’en ai fabriqué un autre et ça a commencé comme cela… Au début, j’en ai fait pour la famille, les amis et puis j’ai eu des commandes et j’ai créé mon auto-entreprise en 2019.

Quand travaillez-vous ?
Chaque soir dans mon atelier, où je passe deux à cinq heures, et le week-end et les vacances. C’est devenu un deuxième métier et surtout une vraie passion. Je veux d’ailleurs rendre hommage à Nath, ma compagne, qui m’a toujours soutenu et encouragé sans se plaindre du temps que je passe à créer. J’ai aussi passé du temps chez des couteliers pour apprendre les ficelles du métier.

Comment se passe la création d’un couteau ?
Pour ce que j’appelle “un couteau client”, c’est-à-dire une pièce unique, un couteau pliant, il faut une dizaine d’heures. Ce qui explique que je travaille uniquement sur commande et pas du tout en série. Tout est sur mesure, le client choisit le type de lame, le guillochage, le type d’acier, le bois qu’il désire. C’est un bel objet, une œuvre d’art. C’est un objet intime, les femmes peuvent les mettre dans leur sac. Je peux aussi graver sur la lame, un prénom, par exemple. Bien sûr, cela revient cher, entre 160 et 240 euros.

Quel type de bois utilisez-vous et comment se passe le gravage sur la lame ?
J’utilise des bois précieux et originaux. J’ai beaucoup de relations dans le domaine du bois et mes amis ébénistes et menuisiers me mettent de côté des morceaux, comme par exemple, dernièrement une belle souche de genévrier cade. J’ai aussi racheté le stock d’un ancien ébéniste : ébène, palissandre, bois de fer… Je traite le bois avec des huiles spécifiques qui permettent de le passer sous l’eau, mais en faisant attention. Quant au gravage, l’entreprise où je me procure l’acier me fait le gravage au laser. On peut faire graver ce que l’on désire.

Vous faites aussi des couteaux professionnels…
Oui, grâce au bouche à oreille, je fabrique des couteaux pour des chefs avec des manches en résine et une lame en inox qui peuvent se laver. J’ai fait aussi quelques petites séries de couteaux à viande. Et à la demande d’un ami menuisier, j’ai fabriqué un tranchet d’une grande précision, et depuis, avec le bouche-à-oreille, on m’en demande pas mal.

Vous avez participé à la semaine des arts de l’AIMPEC, cela a-t-il été intéressant ?
Bien sûr, j’ai exposé Chez Fred et j’ai eu beaucoup d’échanges et de commandes. L’office du tourisme m’a demandé d’exposer quelques couteaux et de faire une vidéo. Mais comme je travaille sur commande, j’ai peu de stock.

Quel sentiment vous procure cette activité ?
Je suis heureux. Depuis tout gamin, il faut que je crée, cela fait partie de moi, la création artistique me donne un équilibre, j’en ai un besoin vital, c’est une vraie passion et je suis pleinement satisfait d’avoir créé mon entreprise. R.P.

Contact : 06.61.53.04.02 • espritdelames@gmail.com • Facebook : esprit de lames

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