Après s’être opposé au passe sanitaire, Charles de la Verpillière est plus nuancé

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Le député de la seconde circonscription estime que la mise en place du passe sanitaire s’avère moins catastrophique que ce qu’il aurait pu imaginer. Il n’y est pas particulièrement favorable, mais en revanche soutient pleinement la vaccination obligatoire pour certaines professions

En juillet dernier, il a fait partie de ceux qui ont marqué leur opposition au passe sanitaire en votant contre l’article instituant cette obligation. Plus de deux mois plus tard, le député de la deuxième circonscription est plus nuancé et se déclare, quoi qu’il en soit, toujours favorable à l’obligation vaccinale pour certains corps de métiers.

Charles de la Verpillière, à la veille des grands départs en vacances vous avez dû vous prononcer à l’assemblée nationale sur la mise en place du passe sanitaire, et vous avez dit non. Pouvez-vous nous dire ce qui a justifié cette prise de position ?
Il faut se souvenir du contexte. Nous avions à nous prononcer sur l’ensemble d’un texte, et je trouvais à ce moment que l’article concernant plus précisément le passe sanitaire n’était pas au point, pas assez finalisé et précis. Ce qui m’interrogeait, c’était notamment le contrôle du passe sanitaire, qui faisait peser trop de responsabilités sur les commerçants et surtout les restaurateurs.
Du coup je me suis prononcé contre cet article, et je me suis abstenu pour le vote final sur l’ensemble du texte, car certains points allaient dans le bon sens me semble-t-il. Par exemple, j’étais favorable à la vaccination de certains professionnels, à commencer par les soignants et personnels d’établissements de santé.

Et les pompiers aussi ?
Dans leur cas c’est plus compliqué en réalité, car il y a les pompiers professionnels, mais aussi l’immense majorité des pompiers volontaires pour qui ce n’est pas une profession.

Plus de deux mois après le vote de cette loi et l’entrée en vigueur du passeport vaccinal sur le terrain au mois d’août, votre positionnement demeure le même ?
Je suis plus nuancé. Le gouvernement semble avoir su apporter quelques aménagements et finalement cela semble ne pas trop mal se passer. Il est possible qu’aujourd’hui si le vote était à refaire, sans voter oui, je m’abstiendrai aussi sur cet article concernant le passe sanitaire à défaut de m’y opposer. Mais c’est aussi parce que les choses ont beaucoup évolué depuis juillet. Le taux de vaccinés a énormément augmenté, ce qui change la donne et cela se déroule mieux qu’on ne pouvait le craindre, avec plutôt une certaine fluidité j’ai l’impression.

Certaines déclarations gouvernementales tendent déjà à nous laisser penser que ce passeport sanitaire risque bien d’être reconduit. Peut-on craindre selon vous qu’il s’inscrive durablement dans notre quotidien ?
C’est quelque chose qui doit absolument être temporaire, qui est lié à une situation d’urgence, et je m’opposerai formellement à ce que cela s’impose sans limitation de durée, il faudra toujours des lois qui fixent clairement un cadre de durée lié à un contexte afin que nous puissions en débattre. On ne peut nier que le passe sanitaire crée deux catégories de gens, les vaccinés et les non vaccinés, avec des droits différents. Mais de façon temporaire, le Conseil constitutionnel a estimé que l’on reste pleinement dans le cadre législatif légal. Il n’en serait sûrement pas de même dans un autre contexte.

C’est maintenant la rentrée, avez-vous certains dossiers qui vont s’inscrire parmi vos priorités pour les semaines et mois à venir, que ce soit en tant que député, ou au niveau strictement local en tant que Conseiller départemental?
Je crois qu’aujourd’hui le gouvernement va, de toute façon, éviter soigneusement les sujets qui fâchent. Les élections approchent… Mais il me paraît évident que la gestion de l’épidémie reste quelque chose qui va être une préoccupation majeure pour les mois à venir. Nous n’en sommes pas encore sortis. Sur le plan local, nous avons plusieurs dossiers importants sur lesquels il faut continuer de travailler. Je pense, en particulier, à celui de la mobilité, des transports, sujet qui m’intéresse beaucoup pour l’avenir du territoire. Il faudra aussi être à l’écoute de notre jeunesse ou encore continuer d’œuvrer pour lutter contre la désertification médicale. Cela reste un sujet majeur qui impose de multiplier les axes de travail : recruter des médecins salariés, s’atteler à la réforme du numerus clausus, continuer à aider des médecins à s’installer ou même inciter des jeunes du département à se tourner vers des études de médecine et les encourager à exercer dans l’Ain. C’est d’ailleurs avec cet objectif que dès 2022, une formation de première année de médecine sera proposée dans l’Ain, sur le campus de Bourg.

G.R.

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