Le deuxième livre de Georges Vérat – Les disques qui craquent – est une série de chroniques sur les années soixante (60 à 67) avec deux grands thèmes : souvenirs et nostalgie de ses années de jeunesse et émergence de la musique jeune avec ses débuts musicaux.

C’est un livre qui va ravir tous les baby boomers : des tranches de vie et des souvenirs qui leur rappelleront leur jeunesse, leur quotidien et leurs passions. Pour cela, laissons la parole à Georges Vérat : “Ce livre sans prétention traite de nos débuts approximatifs de jeunes musiciens, qui ne possédaient pas d’instruments, n’avaient aucune culture musicale, ni mentor, ni encouragement, pas de cours de musique (une heure par semaine au collège, solfège ânonné avec un pipeau en plastique), juste mus par un désir irrépressible de jouer de la guitare et d’imiter nos idoles. Et ce récit me permet aussi d’évoquer la France des années soixante, si différente. Pour nous, elle est encore proche, mais pour la plupart des jeunes, si lointaine dans le temps, qu’ils nous prendront pour des dinosaures : les années soixante… la vie quotidienne des gens, les quartiers, les rues, la mode, la pénurie d’un peu tout. Le marché aux puces du Tonkin, les bals, les boîtes, le Palais d’hiver, les concours d’orchestres, les appelés du contingent, les clubs de danse, les rapatriés d’Algérie, nos potes issus de l’immigration, le marché-gare, le Wimpy, les beatniks, les mobylettes. Mon souhait ce serait que mes évocations vous replongent dans l’air de ce temps et fassent renaître en vous les images de votre propre jeunesse. Et que vous vous disiez… “putain comme c’était bien”.


Décade prodigieuse


Décade prodigieuse, époque bénie ? La France était sortie de la guerre, on reconstruisait, il y avait le plein-emploi, les salaires grimpaient, c’étaient les débuts de la télévision et peu à peu l’émergence de la musique. Mais il faut se rappeler l’ambiance d’avant cela et Georges Vérat l’explique très bien : une chape de plomb s’étendait sur toute une majorité silencieuse, qu’on ne laissait pas s’exprimer, à savoir la jeunesse. Avec des anecdotes savoureuses à la fois drôles et émouvantes, Georges Vérat rappelle les trois raisons de cette pesanteur : régime incarné par un président presque octogénaire, le carcan familial avec l’autorité du père, les filles privées de liberté, le travail à tout prix, la majorité à 21 ans et le poids écrasant de deux institutions : l’Église catholique et le Parti communiste qui, chacune de son côté essayaient d’embrigader les jeunes… et un service militaire obligatoire de 18 mois. Georges Vérat évoque aussi le désert musical : à la radio, on entendait Tino Rossi, Luis Mariano, Georges Guéthary et la modernité était incarnée par les Compagnons de la chanson ! Suite à la censure de Tante Yvonne, Georges Brassens était interdit d’antenne. Et personne n’avait vu venir le raz de marée des Yéyés et des disques américains, et l’émergence d’une culture que la jeunesse a peu à peu imposée, en décalage complet avec le pouvoir en place. Notre Dagnard rappelle l’arrivée des premiers 45 tours (qui craquaient !) le rock, le jazz, Paul Anka, Presley, Bill Harley, les Platters et peu à peu l’arrivée des Idoles avec l’émission mythique Salut les copains et sa revue dont il a collectionné tous les posters. 

Tout le monde s’éclatait au son de chansons mythiques


C’était le début de l’argent de poche et les jeunes économisaient pour acheter des disques. Partout, explique Georges, émergeaient des groupes : ceux qui sont devenus célèbres – Chaussettes noires, Chats sauvages… et d’autres, plus anecdotiques qui passaient dans des petits clubs, des foyers. Et puis c’est l’arrivée des Beatles et des Stones. Il évoque pêle-mêle les clubs de danse, les concours de musique, les salles paroissiales, les fêtes du Parti Communiste à Saint-Fons et les trois groupes qu’il a créés : les 07 de Saint Martin de Valamas, Les Spectres du collège de Valence et les Screamers de Lyon. Le matériel étant très cher, les groupes avaient des guitares au rabais, “du matos de misère”, pas de tenues de scène, et des difficultés de transport, mais tout le monde s’éclatait au son de chansons mythiques : Gloria, Satisfaction, Hey Joe, Going home… et en 1966 la photo cultissime de Jean Marie Périer avec toutes les idoles.
Georges Vérat décrit toute cette période avec beaucoup d’humour, de nostalgie, de tendresse et un regard réaliste sur ces années bénies pour les babyboomers. On peut dire que les années ont changé la vision des Français sur les jeunes. Quand on lit ce livre, on feuillette un vrai album de souvenirs que les générations actuelles regardent avec ébahissement ! La conclusion revient à Georges Vérat : “Nous les babyboomers, avions devant nous un avenir serein, et qui paraissait sans limites, comme un rêve. Et nous en avons fait quelque chose. Les anciens, régalez-vous à lire ces histoires et les jeunes, soyez indulgents : c’est à vous de l’écrire maintenant votre propre histoire!”

R.P.

Une vente pour Yanis

Tous les bénéfices du livre seront intégralement versés à l’association qui vient en aide à Yanis, un petit garçon de 12 ans handicapé de naissance qui vit à Marseille. L’argent servira à lui acheter un vélo électrique et un dossier spécial pour l’emmener en voiture.
Association Pour Yanis : nanayaya13@hotmail.fr

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