Moustiques : c’est l’invasion !

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Romain Daubié présente l’un des pièges acquis par la ville

Redoutés dès le printemps, les moustiques sont devenus une véritable plaie pour qui veut profiter de son extérieur sur la Côtière. Une pétition lancée au coeur de l’été a déjà recueilli près de 1.400 signatures. Mais quels sont réellement les moyens de lutte ?

« C’est insupportable, catastrophique” décrit David Pinard. Le Buissard revient d’une sortie de quelques minutes en bord de Sereine avec son fils. Suffisant pour se faire “attaquer” par les moustiques. Depuis le début des beaux jours, ils n’ont cessé de proliférer. Sur les réseaux sociaux, les témoignages affluent, notamment sur le groupe Confinement en Côtière : 4 piqûres en allant chercher une salade au jardin, pas de sortie en famille sans s’être badigeonné de lotion au préalable. David Pinard, lui, “ne prévoit pas un repas en extérieur sans avoir passer un coup de bombe ou quelque chose qui sent fort.” Chacun y va de sa technique : bombes anti-moustique version tropicale, spirales qui se consument, pièges… pour plus ou moins d’efficacité. Dans les boutiques, c’est la ruée. En réponse à une demande d’achat groupé, les Jardins de la Côtière, basés à Beynost, ont commercialisé des pièges qui attirent les moustiques en imitant l’ordeur humaine avant de les capturer. 300 à 400 ont d’ores et déjà été vendus nous explique le gérant, malgré un coût d’investissement élevé, de près de 150 euros. Les produits pour les plus petits budgets ne sont pas en reste non plus.
Une pétition a même été lancée par Anne Le Guyader, une habitante de Beynost, motivée à la fois par d’autres habitants du secteur, par son expérience personnelle et par l’aspect sanitaire. “Nous sommes tous concernés, au-delà de Beynost.” Elle a déjà alerté la commune l’an dernier, a fait venir l’Entente Interdépartementale de Démoustication (EID) à son domicile, qui n’a trouvé aucun gîte sur place, sans pouvoir vérifier chez les voisins, et a même installé un piège, mais il est insuffisant. “Il fut un temps où la commune démoustiquait.” Anne Le Guyader demande à Caroline Terrier, présidente de la communauté de communes et maire de Beynost, la mise en œuvre d’une “campagne de démoustication à renouveler chaque année avant que la santé des Beynolans ne soit réellement impactée.” Près de 1.400 personnes ont déjà signé.

Des moyens d’action limités


Les communes ne sont toutefois pas restées totalement inactives sur le sujet. Concernant les espèces “traditionnelles” de moustiques, des opérations de démoustication ont été menées sur le marais des Echets et au Grand Parc. À Beynost, comme sur Neyron, Miribel, Thil, Saint-Maurice de Beynost, Niévroz ou Balan, des agents de l’EID sont passés aux domiciles des riverains et auprès des collectivités, qui financent le service, pour informer sur les “bons gestes” pour limiter la prolifération : supprimer tous les points d’eau stagnante, de la coupelle de fleurs aux caniveaux… Christine Pérez, première adjointe à Beynost, a d’ailleurs rencontré l’EID au cours de l’été afin de préparer un plan d’actions. “Il faut bien savoir que les possibilités de démoustications pour une commune sont très réduites. Il n’est pas possible d’arroser une commune entière. Ce n’est pas possible légalement et ce n’est pas bon pour l’environnement.” Effectivement, concernant le moustique tigre, les seules possibilités de propager massivement un produit existent lorsqu’un cas de dengue, zika ou chikungunya est déclaré, dans un périmètre de 150 m autour de l’habitation concernée, à l’exception des crèches, écoles et des établissements sensibles. L’utilisation d’un tel insecticide a eu lieu à Caluire, Villeurbanne et Mions en 2019 après la découverte de cas de dengue autochtone. Alors, il est conseillé de rester chez soi, de fermer les fenêtres au vu de la dangerosité du produit. Pour Christine Pérez, “la seule solution, c’est que chacun met en œuvre tous les moyens de préventions. Nous prévoirons des fiches techniques pour l’été prochain afin de communiquer auprès des habitants. Il existe un produit que l’on peut mettre sur les eaux stagnantes uniquement. Nous allons aussi faire le tour complet de tous les avaloirs et caniveaux de la ville avec les services techniques, pour faire un état des lieux et les former à l’utilisation de ces produits. Des pièges seuls ne suffiront pas. Ils ne régleront pas le problème, il faut forcément une mobilisation générale.” Caroline Terrier envisage de décliner ce programme à l’échelle de la communauté de communes. “Une pétition a été lancée. Mais la lutte contre le moustique tigre est beaucoup plus complexe que ce que l’on peut croire et très technique. Nous pouvons avoir une action sur des lieux précis, identifiés, avec des personnels formés. Il va aussi falloir beaucoup de participation citoyenne et se rendre compte que la mise à mal de notre écosystème avec la diminution des chauves souris, des batraciens, a des conséquences. On a conscience du problème, on va le travailler dès cet hiver, mais on n’a pas de solution miracle.”

40 pièges achetés par la commune de Montluel
et un partenariat avec la LPO


À Montluel, dès cette année, la commune a mis en place un plan pour du court et du moyen terme. D’abord, une quarantaine de pièges ont été acquis par la commune. Soit un budget de 8.000 euros. Possédant un rayon d’action de 200 m, une cartographie a été établie pour implanter ces systèmes au centre-ville de façon à le couvrir intégralement. Ils ont ensuite été installés chez des habitants volontaires. “Il nous en reste quelques-uns” explique le maire, Romain Daubié. “Nous avons besoin de volontaires sur le bas de l’avenue de la Gare et les Peupliers. Il suffit d’avoir un extérieur couvert et une prise électrique.” Les agents des services techniques ont également été formés aux bons gestes tandis qu’un travail de plus longue haleine est engagé avec la Ligue de Protection des Oiseaux, afin de favoriser la présence d’espèces qui se nourrissent de moustiques. “Au cours du mois de juillet, nous avons fait un diagnostic en marchant de la ville pour recenser les nids d’hirondelles, voir où l’on pourrait en installer d’autres et faire en sorte d’éviter les salissures pour les maisons. Nous allons également prévoir des abris pour les chauves-souris.” On l’aura compris, rien ne sera rapide dans cette lutte contre la prolifération des moustiques, et notamment du tigre, qui semble s’être implanté durablement sur notre territoire. Néanmoins, la prise de conscience fait son chemin.

C.B.

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