Marie-Joëlle, bénévole au grand cœur

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Marie Joëlle intervient à l’Ambarroise. Elle partage notamment l’actualité de la presse avec des résidents ce qui donne lieu à des débats, des discussions parfois animées et permet de rompre l’isolement des résidents

Marie-Joëlle Junod, 66 ans, a plusieurs casquettes dont celle d’être bénévole au sein de l’association VMEH (Visite des Malades dans les Établissements Hospitaliers). Cette jeune retraitée hyperactive, est également correspondante de presse pour notre journal Bugey Côtière, et participe de temps en temps, à des ateliers d’écrivains publics du Centre Social du Lavoir à Ambérieu-en-Bugey. Rencontre.

Marie-Joëlle, expliquez-nous un peu ce qu’est l’association de Visite des Malades dans les Établissements Hospitaliers (VMEH) ?
C’est une œuvre qui remonte dans le temps puisqu’elle a été créée dès 1643 à l’Hôtel Dieu de Paris sous le nom de “Œuvre de la Visite des Malades dans les Hôpitaux”. Après plusieurs d’années d’interruption, notamment lors de la Révolution, c’est en 1801, qu’une certaine Mme de Saisseval relance l’activité et pose les nouvelles bases de cette action. En 1933, l’Œuvre des visites des malades dans les Hôpitaux (OVMH) est agréée par l’Assistance publique et devient une association loi 1901. À partir de 1953, elle s’étend petit à petit à toute la France et, devenant apolitique et non confessionnelle, prend le nom de V.M.E.H. (visite des malades dans les établissements hospitaliers). En 1966, ce sera la création du Centre national de Liaison (CNL) pour coordonner toutes les associations départementales regroupées au sein de VEMH. En 2005, la CNL devient une fédération et en 2009, l’appellation CNL est définitivement remplacée par Fédération Nationale VMEH.
La Fédération regroupe aujourd’hui 80 associations déclarées loi de 1901 gérant 470 sections locales. Elle a été reconnue d’Utilité Publique par décret en 2007. Les bénévoles assurent chaque année plus de 2 millions de visites dans un millier d’établissements de santé et maisons de retraite.

Comment devient on visiteur de malades ou de personnes âgées et quelles sont vos missions ?
Il faut être âgé de plus de 18 ans, et surtout être très motivé, à l’écoute, et disponible régulièrement. Notre action est régie par une charte, un règlement intérieur et pour tout nouvel arrivant, une formation est obligatoire avec une période probatoire de réflexion variable selon les affectations, avec des visites accompagnées par des bénévoles confirmés. Après cette période probatoire, le bénévole reçoit un badge définitif. Une fois par mois, les bénévoles d’un même secteur se réunissent en réunion de travail et dans l’Ain, nous avons la chance d’avoir à chaque groupe de travail, la présence d’un psychologue qui répond à nos questions sur des problèmes ou pathologies spécifiques. Les missions consistent, par des visites régulières, à offrir une présence amicale et chaleureuse, atténuer l’isolement des personnes privées de leur cadre de vie habituel, redonner confiance et espoir à ceux qui se sentent en marge de la société et les distraire en leur proposant des animations.

Comment et pourquoi avec vous eu envie de rejoindre VMEH ?
Cela remonte à longtemps chez moi. Il y a déjà plus de 40 ans, j’avais déjà pensé à rejoindre cette association quand j’habitais à Bourg-en-Bresse. Mais à cette époque, je n’étais pas prête psychologiquement ; les personnes âgées me faisaient sans doute un peu peur…
Arrivée à la retraite, j’avais évidemment une perception différente des choses et j’ai encore mieux compris le désarroi de certaines personnes âgées qui rentrent en maison de retraite, sont privées de leur environnement habituel. Certaines sont bien entourées mais d’autres sont très isolées, voire même abandonnées par leurs proches Je me mets simplement à leur place et j’essaie de rompre leur isolement et d’atténuer leur angoisse.

En quoi consistent généralement vos visites ?
Le mardi matin, une fois tous les 15 jours, je leur fais la lecture de la presse locale et nous débattons sur les sujets d’actualité et souvent les résident(e)s replongent dans le passé. Mes interventions leur font travailler la mémoire et j’ai énormément de plaisir à les écouter. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’interaction avec une personne âgée, n’est pas toujours évidente. Quelquefois, elle participe et d’autres fois, elle se mure dans le silence, voire même vous ignore. Il ne faut pas y prêter attention même si cela peut-être perturbant. Quelque fois, je repars simplement un peu attristée même si je sais que les résidents sont bien pris en charge à l’Ambarroise. Tout cela nous place face à nous-même, à la difficulté de vivre sa propre vieillesse… C’est toujours compliqué lorsque des personnes vous expliquent qu’elles voudraient maintenant que la vie s’arrête, car elles n’attendent plus rien, n’ont plus de projets. Et puis il y a toujours la petite angoisse de ne pas retrouver tout le monde lors de ma prochaine visite. C’est ainsi, il faut faire avec et tout cela est humainement tellement enrichissant. 

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