Yannick Raphanel : “Quand le climat nous complique la tâche, il faut revenir aux choses simples”

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Les caprices du climat auront fait vivre une année noire aux agriculteurs français, comme Yannick Raphanel qui témoigne de l’impact des grêles et fortes pluies sur ses produits ces derniers mois.

Pour un agriculteur comme Yannick Raphanel qui, en plus de son exploitation, propose la vente directe de ses produits, ces deux dernières années auront été parfaitement à l’opposé l’une de l’autre. En 2020, quand tout s’arrêtait en mars, pour tous ceux comme lui dont le métier est de nourrir ses concitoyens, ça a été “la folie”. Une respiration après le confinement et c’était reparti de l’été jusque novembre. Selon les produits, sa production a été multipliée parfois par deux pour suivre la demande. “On a tenu le coup. C’était une bonne année mais ce n’était pas le but”, témoigne le maraîcher local qui s’accroche au côté passion de son métier.
En 2021, il prévoyait donc de repartir sur des bases normales. Cela avait démarré fort : un printemps en avance l’a obligé à faire venir ses saisonniers en février au lieu de mai et à arroser plus tôt que prévu. Et tout a poussé vite. Trop vite car les gelées d’avril ont tout tué et il a fallu tout replanter. L’impact est dur mais “si tu n’acceptes pas ça, tu changes de métier. L’année prochaine, on va se méfier. Là où ça a fait mal, c’est la grêle au mois de juin.” Et les pluies de juillet n’ont guère arrangé les choses, notamment pour les melons, la base de son activité. Certaines variétés n’ont pas accepté les excès d’eau – sans oublier le manque de lumière – et près de la moitié de la production a été perdue.
Depuis les choses sont un peu revenues à la normale, même si “pendant un mois on a cueilli des légumes bizarres.” L’inquiétude pour le reste de l’année, c’est le risque de manquer de pluie puisque, jusqu’en juillet, il est déjà tombé l’équivalent d’un an de précipitations. Cette période a aussi entraîné des choix qui auront des conséquences sur les prochaines productions. Certains plançons ont dû être mis de côté pour plus tard – comme des légumes anciens – ou tout bonnement jetés. “Quand le climat nous complique la tâche, il faut revenir aux choses simples”, affirme Yannick Raphanel. Il s’agit aussi de garder un œil sur l’année prochaine. Déjà, il a investi dans une nouvelle serre de 5.000m2 qui doit apporter un confort pour pouvoir travailler certains produits toute l’année quelle que soit la météo. L’objectif est de faire “un petit peu de tout”, mieux anticiper les demandes de clients qui recherchent certains produits de plus en plus tôt et réduire les risques de pertes à cause d’éventuelles gelées.

F.D.

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