De nouveaux horizons pour l’expert de la protection de la main

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Charly Brunel, directeur général, et Sandrine Rostaing, directrice marketing et commerciale, dans le showroom du groupe villacusien, avec dans leurs mains, des gants sur mesure pour les personnes en situation de handicap

Leader français de la conception de gants techniques, la société Rostaing est une entreprise historique de la commune de Villieu-Loyes-Mollon. Mondialement connus, ses différents modèles de gants s’exportent dans une quarantaine de pays et comptent quelque quinze millions d’utilisateurs. Président du groupe depuis 2011, Stéphane Rostaing est la sixième génération à tenir les rênes de cette entreprise familiale au côté de sa nièce Sandrine Rostaing et son conjoint Charly Brunel que nous avons rencontré. Interview.

Pouvez-vous, chacun, vous présenter rapidement en quelques mots ?
Charly Brunel (C.B.) : J’ai intégré les Établissements Rostaing en 2006 en tant que responsable Recherche et Développement (R&D). Ma complémentarité avec Stéphane (Rostaing) a fait que j’ai évolué dans le temps pour arriver à collaborer fortement avec lui sur la direction de la société. Depuis 4 ans, j’occupe le poste de directeur général. J’assure une direction sur l’ensemble du périmètre de Rostaing, des opérations françaises comme au Maroc sur notre usine de fabrication. Sandrine et moi habitons Villieu depuis 10 ans.
Sandrine Rostaing (S.R.) : Je suis directrice marketing et commerciale du groupe depuis un an. Avant, j’étais directrice commerciale uniquement sur la partie libre-service. J’ai donc repris l’ensemble pour avoir une simplification à l’accès de notre offre pour l’utilisateur final.

Quel lien entretient votre entreprise familiale avec la commune de Villieu-Loyes-Mollon où elle est implantée depuis 1789 ?
C.B. : C’est un fort ancrage local. Depuis ces 15 dernières années, Rostaing France emploie toujours près de 50 salariés. Nous avons des projets de rénovation des locaux, de transformation numérique et, pour 2022, de ramener de la production technique sur l’atelier de Villieu.
S.R. : On s’est posé la question, à la demande du maire, de voir si on ne pouvait pas s’installer sur la partie industrielle de la commune. Toutes les matières premières transitent à notre siège, il y a de gros arrivages et ce n’est pas toujours simple mais on a un attachement à rester ici, à côté du Toison. C’est un cadre de vie sympa pour les employés.

Combien de paires de gants sont confectionnées chaque année sur votre site de Villieu ?
C.B. : environ 10.000 paires. On a le souhait de monter à 50.000 d’ici la fin 2022. En y intégrant aussi de nouvelles technologies de tricotage avec des matériaux plus techniques, d’anti-coupures, des zones d’usure et de renfort…
S.R. : Notre atelier de Villieu est indispensable pour la création de nos innovations. Sachant que la conception de nos produits s’est toujours faite sur Villieu avec notre laboratoire d’études R&D.

Comment votre entreprise a vécu cette dernière année pandémique ?
C.B. : Les premières semaines ont été très stressantes. On a mis en œuvre le télétravail, l’activité partielle mais on a toujours souhaité le minimum d’activité. Cela a été un choix fort de direction de ne pas fermer les Établissements Rostaing. Durant cette période-là, on a subi ce qu’il se passait sur le marché et on a enregistré des baisses de 25 à 30 % du chiffre d’affaires sur les mois les plus durs de mars, avril, mai et juin 2020. Tout était un peu figé. Ensuite, il a quand même fallu servir les besoins en gant pour la fin de l’année. Entre-temps, les Français se sont découverts jardinier, cela a boosté les ventes et on a fini à une année étale par rapport à 2019.
S.R. : Et ceci, sans faire de gants jetables. On voulait vraiment continuer notre activité et pas se tromper d’orientation.

Même si, sur une courte période, les gants ont fait place aux masques (Bugey Côtière n° 1238)…
S.R. : C’était un besoin et une demande locale. On s’est sentit mieux de pouvoir contribuer à la souffrance qui s’opérait avec ce blocage national.
C.B. : on a fabriqué 1.000 masques par semaine à Villieu et 10.000 au Maroc et ce, pendant huit semaines. On a fait des dons, livré des hôpitaux…

En 2021, Rostaing a souhaité révolutionner son offre avec une nouvelle stratégie, la réorganisation de ses équipes, un catalogue entièrement repensé… Pourquoi tous ces changements ?
C.B. : En fait, avec les confinements, Stéphane, Sandrine et moi, on a passé beaucoup de temps chez nous, tout en gardant les enfants à côté (sourire), à redéfinir les orientations stratégiques de la société.
S.R. : Cela nous a permis de nous poser. Il y a de gros changements qui s’opèrent pour les sociétés. Aussi, si on ne prend pas ces virages, demain sera compliqué. Pour nous, cela a été un mal pour un bien. Dans les “vieilles” sociétés familiales, on a tendance à continuer à reproduire ce qui a été fait…
C.B. : Concrètement, dans notre jargon à nous, on a redynamisé la fonction management des hommes. Notre deuxième sujet de réflexion porte sur les Responsabilités Sociales des Entreprises (aspects environnementaux, sociaux…). Enfin, ce qui fait que Rostaing est encore là, c’est aussi l’innovation produit.
S.R. : Nos produits sont répartis en 14 univers : 11 pour les professionnels et 3 pour les particuliers, soit 400 modèles en tout. Ce que l’on veut, c’est proposer la meilleure solution pour améliorer les conditions de vie de l’homme avec des gants qui durent.

Enfin, quelles innovations seront apportées au gant de demain ?
C.B. : cela va être l’intégration de l’électronique dans nos gants, comme le Scanforce gant détecteur de métaux ou bien le gant chauffant… On a d’autres idées qu’on ne peut pas vous dire aujourd’hui. On a une vision à long terme avec le souhait de pérenniser l’activité familiale. Avec tout ce que l’on a fait récemment, on se sent soulever des montagnes et si on a encore de beaux projets, c’est grâce aussi à toute une équipe qui pousse derrière. TG

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