Conseil municipal : Explosion de colère autour de la future gestion de la crèche

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L’éventuel changement de délégation de service public du Pôle Petite Enfance, géré actuellement par Léo Lagrange, faisait déjà polémique depuis quelques jours. En conseil, ce point a mis le feu aux poudres entre le maire et l’opposition.

À en juger d’après l’ordre du jour du conseil municipal du 10 juin, il était à prévoir que, jusqu’à un certain point, la soirée se passerait dans un calme et un consensus général. Et le “moment fort de ce conseil en termes de décision” pour reprendre les mots du maire Romain Daubié, devait avoir lieu dès les premières minutes avec le vote du plan communal de lutte contre les moustiques, qui n’a généré aucun débat et a été approuvé à l’unanimité. Toute la première heure s’est déroulée à l’instar de ce premier vote. Il en a été ainsi pour le vote des tarifs de stages extrascolaires estivaux, pour une subvention exceptionnelle pour les écoles pour un projet de fresques, ou pour la remise gracieuse et exceptionnelle de 30 % du loyer 2021 de la ludothèque. Idem pour diverses demandes de dotations à l’État pour le pétanquodrome, la salle municipale de la Maladière, la toiture de la cantine de l’école Daudet, ou pour la réfection du pont de la Montanière. Puis est venu le point 17 sur la délégation de service public (DSP) du Pôle Petite Enfance (PPE) géré jusqu’à présent par la Fédération Léo Lagrange.
Ce sujet avait déjà mobilisé depuis des jours des parents usagers du PPE – certains proches de l’opposition municipale – qui, ayant été informés de la direction des discussions en commission municipale, avaient lancé une pétition pour empêcher que la DSP change de main et aille à l’entreprise People & Baby. Le maire, dans nos pages, mais aussi directement auprès des élus de l’opposition, avait souligné que ce genre de “fuite” est répréhensible. Le soir du conseil, il a d’abord rappelé que la mise en concurrence pour la DSP avait été approuvée à l’unanimité en novembre dernier. Les élus ont été beaucoup moins unanimes le 10 juin et le premier à militer en faveur de “tous les efforts fournis par Léo Lagrange depuis le début” a été un membre issu de la majorité, Bertrand Guillet, qui a qualifié “d’hasardeux” le choix du changement. L’intervention suivante a logiquement été celle du groupe d’opposition, partisan du statu quo au PPE, par la voix d’Albane Colin qui a d’abord dénoncé les “menaces” de poursuites pénales de la directrice générale des services et du maire, jugeant ces “tentatives d’intimidation indignes d’un élu”. Albane Colin réfute l’idée que son groupe ait communiqué des documents qui romprait l’égalité dans le cadre d’une mise en concurrence, puisque les documents en question avaient été fournis cinq jours après la fin des négociations. Elle a enchaîné avec la lecture d’un discours (lisible entièrement sur le site de son groupe : bienvivreamontluel.fr) dénonçant un argument économique trop léger du point de vue de l’opposition pour faire pencher la balance en faveur de People & Baby et soulignant l’absence d’élus de son groupe siégeant en commission DSP pour “vérifier que l’arrêt des négociations s’opère à égalité entre les candidats.


Romain Daubié : “Les grands cadres de Léo Lagrange n’ont pas fait le travail”


Les débats se sont poursuivis avec une nouvelle intervention de Bertrand Guillet, une autre de Jean-Claude Perron (opposition), jusque celle de Laurence Raverot (majorité) qui, pour couper court, a expliqué que les deux candidats mis en concurrence avaient été présentés de façon anonyme et que sur les deux, l’un avait présenté un dossier “creux” et qu’il s’avérait être Léo Lagrange. “Léo Lagrange s’est fusillé tout seul”, clame l’élue.


Furieuse, Albane Colin quitte la salle


Plus tard, Romain Daubié soutiendra ce point de vue : s’il est ravi de tout le travail fait par la Fédération depuis des années à Montluel, il considère que “les grands cadres de Léo Lagrange n’ont pas fait le travail” pour assurer le prolongement de leur DSP. Il est aussi revenu sur le discours d’Albane Colin et “un certain nombre d’exactitudes dites ce soir.” Face-à-face, l’édile a accusé l’opposition de “jouer sur l’ignorance des gens à des fins politiques. […] Ce que je demande ce soir c’est d’arrêter de jouer sur la peur.” Au passage, il a qualifié de “ridicule” de dire que la crèche va être privatisée, a offert à Albane Colin un “quand on ne sait pas on se tait” et, de fil en aiguille, au cours d’un interrogatoire censé faire renoncer son interlocutrice à ses accusations, il n’a récolté que la colère de l’élue. Pendant quelques minutes, le ton est monté à un niveau inaudible, le reste des échanges est devenu quasi impossible à suivre, à un point jamais vu ces dernières années en conseil municipal à Montluel. Furieuse, Albane Colin a quitté la salle sans demander son reste. Le vote s’est donc passé de sa voix et c’est à la majorité (3 voix contre) que le changement de DSP a été approuvé. F.D.

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