Les barbelés de la discorde retirés à Thil

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Aujourd'hui retirés, les barbelés avaient été installés entre l'aire de grand passage et l'entreprise limitrophe

Les barbelés installés sur un côté de l’aire de grand passage destinée aux gens du voyage entre Thil et La Boisse ont entraîné une polémique relayée au niveau national. Les élus se défendent de toute intention malveillante.

Des barbelés sur l’aire d’accueil de grand passage des gens du voyage à Thil, comparés aux mauvaises heures de la Déportation lors de la Seconde Guerre Mondiale : l’avocat marseillais Olivier Le Mailloux utilisait des mots forts pour décrire les aménagements réalisés autour de l’aire située entre Thil et La Boisse. “On se croirait à Alcatraz” résume l’une des utilisatrices des lieux depuis la fin de semaine dernière.


Une polémique qui n’a cessé d’enfler en un week-end


L’ouverture de l’aire de grand passage s’est faite par une polémique qui n’a cessé d’enfler tout au long du week-end de l’Ascension. Dans les faits, les travaux d’aménagement sont à peine terminés. Outre la voirie goudronnée, l’installation de logettes pour l’électricité et l’approvisionnement en eau, le site, a été sécurisé. À l’ouest du site, en proximité de l’entreprise de logistique Dachser, une double clôture a été installée, avec à l’intérieur de gros barbelés.
Des fossés profonds ont également été creusés pour délimiter l’espace réservé à l’aire et éviter les installations problématiques, par exemple trop près d’un pylône électrique. Néanmoins, l’effet des “barbelés militaires à hauteur d’hommes et d’enfants” a été désastreux. “Il y a d’autres façons de se protéger” estime Olivier Le Mailloux. “C’est un traitement inhumain et dégradant.” Pour lui, outre le danger que représentent les barbelés, les tranchées constituent également “un risque que les enfants, des personnes âgées, tombent et se blessent mal.” L’avocat n’hésite pas à parler d’ “aire d’accueil mortelle.” Un référé liberté a été déposé dimanche soir devant le tribunal administratif de façon à faire retirer les barbelés et reboucher les tranchées.


“On n’est pas là pour raviver des traumatismes”


Dès lundi, la présidente de la Communauté de Communes de Miribel et du Plateau, Caroline Terrier, annonçait le retrait des barbelés à compter du lendemain, entraînant un désistement de la procédure judiciaire. L’élue réfute toute intention de nuire à la communauté des gens du voyage. “Cela a créé un émoi, on n’est pas là pour raviver des traumatismes.” […] “Le choix a été fait de sécuriser le plus possible cette aire où doivent cohabiter une zone d’activité économique avec des poids lourds, des activités agricoles et des familles avec des enfants. La commission a pensé à ajouter des barbelés comme il en existe à Lilo. Il n’y avait pas de mauvaise intention, la commission n’a pas mesuré l’impact que cela pouvait avoir. Il y avait juste une volonté de trouver une solution pour partager un territoire.”
La CCMP souligne sa “bienveillance” envers la communauté des gens du voyage, et notamment la gratuité des aires d’accueil lors du premier confinement, un fait unique sur l’aire métropole lyonnaise. Il aura fallu près de deux décennies à la Côtière pour arriver à trouver un terrain d’entente sur l’accueil des grands passages des gens du voyage, non sans mal. Un investissement d’1,5 million d’euros hors acquisition des terrains, cofinancé par la CCMP et la 3CM permettra d’aboutir à l’aménagement d’un terrain pour 2022. Et une sécurisation à revoir. Caroline Terrier conclut en souhaitant “un respect mutuel. Il faut que cette aire fonctionne correctement pour tout le monde. Si cet événement permet à l’avenir que chacun respecte chacun, c’est que l’on en aura retiré quelque chose de positif.”


C.B.

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