Élections régionales : les équipes partent en campagne

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La date butoir du 17 mai était fixée pour présenter les listes aux élections régionales. Le président sortant, Laurent Wauquiez, part favori tandis que les forces de gauche sont complètement désunies, avec quatre listes. Le parti présidentiel présente ses propres équipes et le Rassemblement National reste présent. Enfin, une liste communautaire complète le tableau.

Présidée depuis 2015 par Laurent Wauquiez, l’assemblée de la région Auvergne-Rhône est appelée à se renouveler les 20 et 27 juin prochains. Très ancrée à droite, avec une majorité forte de 108 élus sur 204, elle est aussi un territoire où le Rassemblement National occupe la seconde place, avec 31 représentants. Les forces de gauche sont morcelées entre les socialistes (30), les écologistes (7), les communistes (8) et le parti radical de gauche (5). Quant à la République en Marche, elle compte dans ses rangs six conseillers régionaux.
Mais depuis 2015, les séismes politiques se sont succédé : élection d’Emmanuel Macron aux présidentielles face à Marine Le Pen, poussée écologiste aux municipales… Les cartes sont donc rebattues pour un scrutin qui ne passionne pas les foules. Pourtant, la Région fait partie du quotidien des Auralpins, que ce soit à travers les transports, les lycées, l’emploi et la formation, le soutien au développement économique, social, culturel… Un soutien qui s’est traduit par de nombreuses subventions aux collectivités locales et aux associations, notamment dans l’Ain, avec en contrepartie l’apparition des panneaux bleu cyan un peu partout. Une communication large voulue par la majorité, mais décriée par l’opposition, et notamment son chef de file, Jean-François Debat, maire socialiste de Bourg-en-Bresse. Des polémiques qui semblent toutefois ne pas déstabiliser les habitants : si l’on en croit le dernier sondage réalisé par Ipsos pour France Télévisions et Radio France*, Laurent Wauquiez part largement favori pour un second mandat, avec 31 % des intentions de vote au premier tour. Andréa Kotarac et le RN arriveraient second avec 19 %, Bruno Bonell (LREM-Modem) suit avec 16 %, puis Fabienne Grébert pour Europe Écologie les Verts avec 13 %, Najat Vallaud-Belkacem pour le PS avec 11 %. Au second tour, le président sortant est crédité de plus d’un tiers des voix, tandis que les forces de gauche rassemblées plafonneraient à 27 % et l’extrême droite à 20 %. Le parti présidentiel n’arriverait qu’en quatrième position.


L’équipe sortante favorite


Si elle n’est pas tout à fait visible pour le grand public, contraintes sanitaires obligent, la campagne a toutefois bien démarré. Dès la semaine passée, chacun commençait à présenter ses équipes aindinoises et leurs 18 représentants. Laurent Wauquiez s’est déplacé dans l’entreprise Billon à Blyes, entreprise qui souhaite produire des textiles 100 % aindinois. Le président sortant était aux côtés de son équipe menée par Stéphanie Pernod-Beaudon, actuelle vice-présidente en charge de la formation et tête de liste, élue sur le Plateau d’Hauteville. On retrouve également les élus sortants Alexandre Nanchi, président du BUCOPA et adjoint au maire de Lagnieu, la sénatrice Sylvie Goy-Chavent, Jean-Louis Guyader, maire de Charnoz et président de la CCPA, le député Xavier Breton, et en position non éligible, Joy Narcisse, présidente de l’Association des Industriels de la Côtière ou encore l’ancien rugbyman, Lionel Nallet. Pas de surprise du côté du programme : la sécurité tient le haut du pavé, dans les lycées, les transports, les communes, mais aussi en matière de santé. Le soutien à la création de maisons de santé est encouragé. L’autre gros volet, c’est l’emploi. “Nous sommes dans une région chanceuse sur ce plan-là, mais le Covid a mis à mal les filières de l’aéronautique, l’automobile, le tourisme, la restauration, qui sont toutes représentées dans l’Ain. Nous allons travailler à la réindustrialisation du territoire.” Des rencontres sur le terrain devraient permettre de développer le programme auprès des électeurs.


Les écologistes battent la campagne


Les écologistes de l’Ain, emmenés par Maxime Meyer, ont commencé à labourer le terrain depuis plusieurs semaines déjà à travers des opérations symboliques de “semage” contre l’artificialisation des terres agricoles ou pour demander la réouverture des petites lignes de train. Depuis l’automne 2020, ils sont près de 500 à avoir travaillé au sein de 40 groupes pour bâtir un programme local. Albane Colin, conseillère municipale de Montluel, ex-élue régionale jusqu’en 2015, est numéro 2 de l’équipe, qui compte d’autres candidats locaux avec Florence Quicot, de Plateau d’Hauteville, Pascal Lebrun, de Saint-Eloi, Alexane Garcia de Lagnieu. Outre l’augmentation des transports en commun pour “mieux se déplacer” et l’agriculture “paysanne et biologique” pour le “bien manger”, ils souhaitent défendre les espaces naturels et lutter contre les déserts médicaux. Globalement, ils proposent un “mieux vivre”, face à “une droite extrême, une extrême droite et une droite du capital”, selon la description de Maxime Meyer, en référence à ses adversaires politiques, que sont Laurent Wauquiez, André Kotarac et Bruno Bonnell. “On est là pour des idées et des projets, par conviction, on est convaincu que c’est pour le bien des habitants.” Les écologistes, dont un tiers ne sont pas encartés, feront cavalier seul au premier tour. Aucun accord n’a été trouvé avec les autres forces de gauche, même s’il apparaît évident à Maxime Meyer que cette alliance se fera au second tour.


La gauche socialiste se veut comme l’alternative


La sénatrice Florence Blatrix et Jean-François Debat mèneront donc la liste l’Ain L’Alternative, à coloration socialiste. Pierre Goubet, maire de Saint-Maurice-de-Beynost, figure en sixième position. Nathalie Mondy, conseillère municipale d’opposition à Montluel, François-Xavier Boffy et Rémi Christin d’Ambérieu, et enfin Karine Fenoy de Meximieux sont également présents. Sous la houlette de Najat Vallaud-Belkacem Ils se définissent comme “l’alternative” et misent sur leur ancrage local, la diversité et les valeurs de gauche que sont la “justice sociale, la transition écologique, la promotion de la République et de la laïcité”.
Encore plus à gauche, le parti communiste et la France Insoumise doivent présenter une équipe dont nous n’avons pas connaissance à l’heure où nous imprimons.
Lutte Ouvrière a également constitué une liste, emmenée par Vincent Goutagny, syndicaliste originaire de la Côtière régulièrement présent aux échéances électorales. Habitué des campagnes sur les marchés et aux abords des entreprises, il veut porter la voix “des travailleurs”, “exprimer le ras-le-bol et la colère dirigée contre les riches”, “Il y en a marre de faire fonctonner les choses et de ne décider de rien. […] Les richesses ne sont pas orientées vers les besoins, elles sont orientées vers ce qui rapporte du pognon.” Il est accompagné d’Annick Giry, infirmière retraitée à Montluel, des Ambarrois Patrick Bouvet, Samir El Yousfi et Didier Bouvet, et enfin de Guy Largeron de Dagneux.
A l’opposé de l’échiquier politique, le Rassemblement National est également prêt, mené par ses habituels candidats aindinois, Maxime Chaussat et Jérôme Buisson.


La REM mise sur le “rayonnement international


Le parti le plus récent dans le paysage, La République en Marche, a toutefois choisi quelques visages connus : la tête de liste Olga Givernet, députée, est secondée par le maire de Saint Bernard et président des maires ruraux de l’Ain, Bernard Rey. Le référent En Marche dans le département, à savoir le Meximiard Mohammed El Maroudi, devrait figurer en quatrième position. Samuèle Salmon, conseillère municipale à Saint-maurice-de-Gourdans, Nathalie Descours, élue à Miribel, Claire André, maire de Chazey-sur-Ain, Jacqueline Sélignan, ancienne maire de Saint-Eloi qui a présidé le SCOT BUCOPA et Fabrice Pecqueur de Béligneux représentent notre territoire. Une équipe qui mêle des adhérents des différents mouvements qui soutiennent En Marche, mais aussi des membres de la société civile, comme l’ancien directeur du CERN. Olga Givernet estime que la production d’énergie et « l’attachement à une centrale nucléaire renouvelée”, la mise en avant du dynamisme économique et le “rayonnement de la Région” seront des axes majeurs de la campagne. “On veut développer une région plus ouverte, tournée vers l’extérieur et l’international.

La surprise est venue de l’Union Démocrate des Musulmans de France qui présente des membres dans chacun des départements de la Région.
Tous devront prendre en compte les préoccupations majeures des Auralpins, qui selon le même sondage d’Ipsos sont claires : la question de la délinquance apparaît comme majeure pour 40 % des habitants, elle arrive juste devant l’épidémie de Covid (36 %), et est suivie à égalité (27 %) par l’immigration et l’environnement. Rendez-vous aux urnes le 20 juin. C.B.

*Sondage réalisé par Ipsos du 27 au 29 avril sur un échantillon de 1.000 personnes inscrites sur les listes électorales.

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