Moustique tigre : la chasse est lancée

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Depuis plusieurs années, le moustique tigre s’est installé sur la Côtière. Bien qu’il soit minuscule, il cause de véritables nuisances les soirs d’été. Comme tous les ans, une campagne de démoustication est lancée. Mais chacun doit agir à son niveau…

Des dizaines de piqûres sur les jambes ou des cloques parfois énormes au réveil : avec ses 5 millimètres de long au maximum et ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes, Aedes Albopictus est devenu un fléau durant l’été sur la Côtière. Particulièrement agressif, il pique jour et nuit, plutôt à l’aube et au crépuscule. Les soirées sur la terrasse sont devenues impossibles dans les zones les plus infestées, comme à Thil, Niévroz, Balan, Beynost… Des communes où l’on tente déjà de s’équiper pour cet été : moustiquaires, répulsifs, pièges, tout est bon à essayer pour réussir à sortir.


50 communes aindinoises infestées


Originaire des forêts tropicales du sud est asiatique, le moustique tigre est arrivé en France grâce au commerce international, notamment celui des pneus, qui lui servent de gîte. Il a colonisé toute la vallée du Rhône. Chez nous, il lui a fallu cinq ans pour s’installer durablement : les premières colonies aindinoises ont été recensées en 2015 uniquement à La Boisse, Dagneux et Bourg-en-Bresse. Depuis, il n’a cessé de se propager. En 2019, 26 communes de l’Ain étaient concernées. 50 le sont aujourd’hui, de Neyron à Lagnieu en passant par Meximieux. Toute la métropole de Lyon est colonisée, et quasiment tous les départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont impactés, à l’exception de l’Allier et la Haute-Loire. L’adaptation est d’autant plus facile pour lui que l’insecte n’a pas besoin de grand-chose pour se reproduire : un peu d’eau stagnante dans une soucoupe de pots de fleurs suffit à la femelle pour pondre ses 200 œufs ! Des œufs qui survivent au froid et au gel, pour éclore entre mai et novembre, avec un pic d’activité entre fin juillet et fin septembre. Par contre, le moustique tigre ne se déplace pas beaucoup au cours de sa vie : tout au plus à 150 mètres de son lieu de naissance… sauf si bien évidemment il est transporté par l’homme. Ce qui laisse à dire, qu’un moustique qui vous pique est né chez vous ou tout près…
Depuis 2010, les pouvoirs publics ont mis en œuvre un suivi dans la région, à travers l’implantation de pièges pondoirs, ainsi que des interventions assurées par l’entente interdépartementale de démoustication. Aujourd’hui, plusieurs communes sont fléchées spécifiquement : sur Balan, Beynost, Miribel, Neyron, Niévroz, Saint-Jean-de-Niost, Saint-Maurice-de-Beynost, Saint-Maurice-de-Gourdans et Thil, des agents de l’Entente Interdépartementale de Démoustication peuvent intervenir au domicile pour sensibiliser et repérer les endroits susceptibles d’accueillir les œufs. 80 % des gîtes se trouvant dans le domaine privé, chacun d’entre nous se doit d’agir pour tenter d’éliminer ou de limiter la prolifération en supprimant tous les points d’eau stagnante telles que les coupelles de jardinage, les bâches, les piscines abandonnées, les jeux d’enfants, en couvrant les réservoirs d’eau… La population est également invitée à participer à la surveillance entomologique de l’espèce. Les citoyens peuvent signaler la présence du moustique via le site www.signalement-moustique.fr Pour cela, il suffit de photographier la bête, vivante ou morte, et d’envoyer sa photo. L’ARS suggère même l’idée d’une “chasse en famille”…


Un enjeu de santé publique


Les autorités ont décidé d’informer très largement cette année 2021 et de coordonner la communication sur toute la région. Car les simples piqûres ne doivent pas faire oublier un enjeu de santé publique beaucoup plus important : si un moustique tigre pique une personne infectée par la dengue, le chikungunya ou Zika, il peut transmettre ces maladies. En 2020, l’ARS a identifié 108 cas de dengue et 2 cas de chikungunya chez des personnes revenant de voyage. Six se trouvaient dans l’Ain. Aucune contamination autochtone n’a suivi, les personnes contaminées l’avaient été dans les territoires ultramarins français, seuls accessibles en temps de pandémie. Mais, en 2019, un habitant de Caluire avait contracté la dengue sans s’éloigner de son domicile, l’un de ses voisins rentrait d’un voyage en Asie du Sud Est. Alors, c’est une “super démoustication” qui s’était mise en place dans un périmètre de 150 m autour de la personne infectée, avec l’utilisation d’un produit chimique biocide visant à détruire tous les moustiques adultes. Cette lutte appelée “anti-vectorielle” sera possible dans l’Ain, si elle s’avère nécessaire, un arrêté ayant été signé en ce sens.
C’est donc dès maintenant qu’il faut supprimer tous les gîtes potentiels pour tenter d’enrayer la prolifération exponentielle de cette espèce nuisible et l’éventuelle apparition de foyers d’infection de maladies tropicales. Alors que les frontières rouvrent, la vigilance redouble pour une saison touristique 2021 qui s’annonce beaucoup plus libre en terme de transhumance… C.B.

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