Chacun prépare ses forces pour une campagne inédite

0
221

Dirigé par une très large majorité de droite sur le dernier mandat, le conseil départemental est appelé à se renouveler. La campagne est désormais lancée, avec l’officialisation des dates du vote, qui se déroulera les 20 et 27 juin. Les différentes formations politiques aindinoises se préparent pour une bataille électorale qui se jouera principalement à distance, avec pour chacun des enjeux forts.

Après des semaines de tergiversations, le gouvernement a tranché : les élections départementales auront lieu les 20 et 27 juin. Le timing est serré puisque les listes candidates – comprenant un homme et une femme titulaire et un homme et une femme suppléants – doivent être déposées entre le 26 avril et le 5 mai. Ce qui laisse aux candidats potentiels deux gros mois pour mener une campagne express dans des conditions inédites.


Une majorité sortante qui “remet le bleu de chauffe”


Dans ce contexte, la majorité départementale de Droite et du Centre, composée d’élus des Républicains, de l’UDI et sans étiquette, part comme favorite. Emmenée par le président Jean Deguerry, Damien Abad, président des Républicains de l’Ain et à l’assemblée nationale, et Muriel Luga-Giraud, à la tête de l’UDI de l’Ain, l’équipe sortante possède 42 sièges sur les 46. Elle détient d’ailleurs tous les cantons de notre territoire – Ambérieu-en-Bugey, Lagnieu, Miribel, Meximieux, le Plateau d’Hauteville et Pont-d’Ain. La Droite aindinoise réussira-t-elle à rééditer ce “petit-chelem” en 2021 ? Elle présente des candidats dans tous les cantons, dont 80 % de sortants, notamment sur notre secteur. Pour autant, des divergences sont apparues : deux binômes dissidents devraient se présenter à Ambérieu et Villars-les-Dombes, au grand dam de Damien Abad. “J’ai essayé d’apporter des solutions, elles n’ont pu aboutir, je le regrette. Nous soutiendrons les élus sortants.” Il ajoute toutefois que le désistement au profit du premier arrivé devra être la règle au second tour. Les candidats l’Ain de toutes nos forces s’appuieront sur “un bilan solide et des projets ambitieux” selon Damien Abad. Avec un objectif majeur : “Donner une fierté à nos habitants et une identité forte à notre territoire.” La majorité apporte également une touche environnementale à son programme, notamment à travers la problématique de la ressource en eau. La santé, la dépendance, la préservation du dynamisme économique seront d’autres grands arguments portés pendant la campagne. Et pas question pour les candidats de se reposer sur leurs lauriers. Damien Abad craint les “risques de l’abstention” et garde l’espoir de pouvoir accéder aux terrasses d’ici l’échéance : “On remet le bleu de chauffe. Ce sont 23 matchs qui vont se jouer, tout le monde repart sur la ligne de départ.


Le RN veut être représenté dans l’assemblée départementale


L’autre poids lourd dans les urnes du département, mais pas dans l’assemblée, c’est le Rassemblement National. Le parti de Marine Le Pen avait réussi à se maintenir quasiment partout au second tour en 2015, mais n’avait eu aucun élu. Aujourd’hui, ils comptent “gagner quelques cantons” comme l’explique Jérôme Buisson, le responsable départemental du RN. Villars-Les-Dombes et Chatillon-sur-Chalaronne sont dans le viseur. À Trévoux, c’est un ex-conseiller général UMP, Olivier Eyraud, qui portera les couleurs du RN. Jérôme Buisson sera présent sur le canton de Ceyzériat, les conseillers régionaux et municipaux actuellement élus seront également candidats. Fort de cette base, les candidatures sont prêtes dans 21 cantons sur 23. Deux font encore défaut dans le pays de Gex, même si Jérôme Buisson reste motivé pour compléter ses équipes. Il souligne la complexité pour déposer les candidatures, avec des ordres et contre-ordres concernant les documents à fournir. “Beaucoup de partis sont encore dans la récolte et le contrôle des documents fournis, rendu d’autant plus compliqués par le confinement. La campagne va se dérouler a minima.

La Gauche tente l’union

Face à eux, cette fois, la Gauche tente de s’unir. Les discussions se poursuivent entre Europe Écologie Les Verts, les socialistes, la France Insoumise, et “l’ensemble des forces divers gauche” précise Paul Vernay, l’actuel maire de Pérouges et incontournable acteur d’EELV dans l’Ain. Il ne veut pas voir se reproduire les mêmes erreurs qu’en 2015 : “En se regroupant, on évitera une dispersion qui nous a coûté cher en 2015. 40 % des électeurs avaient choisi des listes écologistes et de gauche, pour n’avoir que deux cantons sur 23. Nous sommes dans une logique d’équilibrage.” Le groupe des élus sortants Utiles pour vous a également fait part de cette volonté en fin de semaine dernière, La France Insoumise et le Parti Communiste de l’Ain confirment que “l’idée d’une seule candidature de gauche par canton” est “l’objectif à atteindre”, après avoir précisé qu’ “il n’est pas acquis que la gauche parvienne à une entente électorale.” Difficile de trouver l’équilibre entre les différentes nuances représentées… Selon Paul Vernay, la moitié des “quadrettes”, comprenant deux titulaires et deux suppléants, sont prêtes. Paul Vernay devrait figurer sur celle de Meximieux. Des négociations sont toujours en cours pour l’autre partie, certains candidats restant à trouver, notamment à Miribel. L’élu de la Plaine de l’Ain précise qu’il refuse toute alliance avec La République En Marche (LREM), comme cela a pu être dit par ailleurs. “Il n’y a pas d’accord possible. Nous sommes opposés à la politique actuelle de libéralisme. Nous proposons un autre projet politique et social.” Comprendre la santé, la transition écologique et les mobilités, la “solidarité améliorée avec les jeunes”, la démocratie participative, la consultation des citoyens, la défense de la laïcité… Le nucléaire ? “Ce n’est pas la compétence du département” botte-t-il en touche.


“Là où le RN aura la capacité d’être à la tête du canton, LREM ne mettra
pas de candidat”


La République En Marche sera elle aussi présente. Dans quelle mesure ? Mohammed El Maroudi, conseiller municipal d’opposition à Meximieux et représentant du parti présidentiel dans l’Ain, laisse planer le doute. “On va essayer d’être là, mais on ne sera pas sur tous les cantons.” Les listes de Chatillon-sur-Chalaronne et Miribel seraient prêtes ou presque. Lorsque l’on demande des noms pour ce dernier canton, le Meximiard répond : “Le mariage est en train de se faire, c’est moi qui dis la messe.” Dans le Pays de Gex, autour de Bourg-en-Bresse, des “calages” sont en cours. Il ajoute : “Là où le RN aura la capacité d’être à la tête du canton, nous ne mettrons pas de candidat.” Mohammed El Maroudi lui-même ne sera pas candidat aux départementales, puisqu’il annonce l’être pour les régionales. Si LREM a vraisemblablement du mal à se mettre en marche dans notre département, des discussions infructueuses avec Christophe Greffet en seraient la cause : “Nous avons eu beaucoup d’échanges depuis novembre dernier pour trouver une alternance au département. Nous avions travaillé canton par canton. Mais Christophe Greffet a été rappelé à l’ordre par Jean-François Debat et Florence Blatrix.” D’un point de vue politique, Mohammed El Maroudi défend l’engagement de l’Etat : “Sur la crise sanitaire, le plan de relance, heureusement que l’Etat était là. Dans le département, l’écologie a été mise de côté durant six ans, il y a beaucoup à faire.” Sans grandes illusions sur ses possibilités d’emporter la majorité départementale, LREM entend surtout “peser dans les discussions. Nous sommes ouverts au progressisme”, se montrant prêt à travailler avec l’actuelle majorité. Mohammed El Maroudi regrette toutefois la date fixée : “Il n’y aura pas vraiment de campagne, on ne peut pas présenter notre programme, la crise sanitaire fragilise les nouveaux venus comme nous”.
Au-delà des partis, des candidatures sans étiquette pourraient également venir jouer les trouble-fête dans certains cantons. Les listes définitives seront dévoilées début mai. Quant aux électeurs qui ne seraient pas inscrits sur les listes de leur commune, ils ont jusqu’au 14 mai pour s’en occuper.


C.B.

Les élus sortants sur nos cantons

• Ambérieu-en-Bugey : Sandrine Castellano et Christophe Fortin

• Ceyzériat : Martine Tabouret et Jean-Yves Flochon

• Plateau d’Hauteville : Annie Meuriau et Philippe Emin

• Lagnieu : Viviane Vaudrey et Charles de la Verpillière

• Meximieux : Elisabeth Laroche et Romain Daubié

• Miribel : Caroline Terrier et Jean-Pierre Gaitet

• Pont-d’Ain : Marie-Christine Chapel et Damien Abad

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here