Maxon déploie son expertise de Mars à Beynost

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La capacité à se développer de Maxon repose sur le savoir faire de ses équipes, tant dans la recherche et le développement que dans l’assemblage de ses systèmes (crédit : Yanis Ourabah)

Maxon vient d’ouvrir son nouveau centre d’innovation à Beynost. Un site qui doit permettre de développer le savoir-faire en matière de mécatronique pour doubler le chiffre d’affaires du groupe en France à l’horizon 2030. Cela passera notamment par le recrutement de collaborateurs, si possible, au plus près.

Qui n’a pas regardé avec admiration le robot Perseverance se poser sur Mars après sept mois de voyage à travers l’espace? Cette étape réussie, vient le temps de l’exploration. En image et en son d’abord, mais aussi en ramenant des échantillons. Le groupe Maxon participe pleinement à cette mission, à travers la conception de la tête de bras robotisée qui permet les prélèvements du Rover, mais aussi avec l’hélicoptère-drône qui capture les visuels. Plus qu’un symbole, ces réalisations illustrent l’excellence du savoir-faire du groupe suisse, basé sur une volonté d’innover en permanence. Pour se développer, Maxon a misé sur la France, et sur la Côtière plus particulièrement.

Un investissement de 10 millions d’euros


Dès 2014, l’entreprise MDP, basée à Neyron, spécialisée dans la motorisation et la mécatronique, était rachetée. Le 1er janvier 2021, les salariés intégraient leurs locaux flambants neufs dans la ZAC des Malettes à Beynost. Un investissement de 10 millions d’euros pour un bâtiment de 4.200m2, aux dernières normes environnementales, équipé de panneaux solaires sur le toit et de prises pour recharger les véhicules électriques sur le parking. Avec son centre d’innovation et de production, Maxon ne vise pas seulement la conquête spatiale, mais aussi le développement de l’industrie française. “En accueillant notre Centre d’Innovation et de Production dédié aux systèmes mécatroniques, la France joue un rôle central dans le développement de la mécatronique pour le groupe au niveau mondial” confirme Bianca Braun, co-propriétaire du groupe familial. Car la mécatronique est un secteur particulièrement en pointe : mêlant l’électronique, la mécanique, les automatismes et l’informatique, elle permet à Maxon de concevoir des systèmes motorisés extrêmement précis, spécialistes du mouvement et de l’intelligence. Ceux-ci opèrent dans des domaines aussi variés que l’aéronautique, les transports autonomes, la médecine – avec des robots chirurgicaux ou des moteurs pour exosquelettes, les laboratoires, l’agriculture – avec des robots viticoles, la sécurité pour la lance à incendie robotisée de Notre-Dame-de-Paris… Le champ d’application est extrêmement vaste et les possibilités d’explorations encore nombreuses. Dans le cadre du plan de relance, le groupe a même conçu une “offre abordable”, avec un “bon rapport efficience/coût” pour favoriser l’automatisation de l’industrie, explique Madeline Vassaux, en charge du marketing. Si, pour être développés, certains produits nécessitent des mois, voire des années de recherche et de travaux expérimentaux ; d’autres, déjà éprouvés et plus simples, peuvent être commandés sur internet et expédiés en 48 heures.


Précision, dextérité et agilité

À Beynost, un centre de R & D travaille à la conception et au développement de systèmes et modules mécatroniques sur-mesure. Alain Pointille, directeur général de Maxon France, décrit : “Notre client a besoin d’une fonction. Dans un premier temps, on établit un diagnostic. En face, on crée une équipe composée d’ingénieurs, d’acheteurs, de suivi qualité, qui va suivre le projet avec le client. C’est du co-développement.” […] “Le système est étudié ici, une partie des composants est achetée sur la grande région, les autres viennent de plusieurs unités de notre groupe.” Dans les ateliers de production, les opérateurs assemblent des systèmes motorisés multiaxes, dédiés aux machines de laboratoire et à la robotique autonome. Point de grande chaîne ici, mais des postes de travail individuels, avec un plan à exécuter, pour assembler jusqu’à 300 pièces dans certains cas. Précision, dextérité et agilité sont des qualités fondamentales. Chacune des pièces entrant dans la conception, qu’elle soit produite par le groupe ou achetée à d’autres partenaires, est testée auparavant. C’est également le cas de chaque système qui sort du site. En effet, quand on produit des éléments destinés à subir des tâches répétées des milliers de fois ou à évoluer dans des milieux extrêmes, jusque dans le corps humain, la fiabilité se montre un facteur indispensable pour la satisfaction du client. Le site beynolan participe, enfin, à la distribution de motorisations et d’accessoires multi-technologiques, dont MDP était le spécialiste, et dispose de 900m2 de stockage pour cela. Alain Pointille, directeur général de Maxon France, se félicite de sa nouvelle localisation : “Tout s’est monté très rapidement. Il a fallu deux ans entre le choix du terrain et notre emménagement. La zone est très bien située, entre les commerces et les sites sportifs. Nous avons des infrastructures routières sécurisées pour la logistique. Nous avons pris contact avec le club des entrepreneurs de la Côtière, qui mène une réflexion sur l’organisation des transports publics. Il reste à optimiser les trajets entre la gare et la zone d’activités, c’est important dans la recherche de nos collaborateurs” indique-t-il. Car le directeur général compte bien rester là dans la durée. Il se montre “très confiant sur les capacités de développement.


Un effectif porté à 100 personnes d’ici 2030


Fort d’un chiffre d’affaires annuel d’environ 20 millions d’euros en France, Maxon envisage d’arriver à 40 millions d’euros d’ici à 2030. Ainsi, le groupe s’est donné les moyens matériels, avec des possibilités d’extension d’ores et déjà prévues, mais aussi des moyens humains. L’entreprise compte doubler ses effectifs pour atteindre une centaine de personnes sur son site beynolan. Elle recherche d’ailleurs actuellement deux monteurs câbleurs de systèmes mécatroniques, un chargé d’approvisionnement et un acheteur projet, pour des postes en CDI. Maxon s’appuie également beaucoup sur la formation, à travers sa propre académie. Fin 2021, le “French Lab” ouvrira pour accueillir des chercheurs, ingénieurs, technico-commerciaux, mais aussi accompagner et financer les jeunes talents. Elle mettra aussi à disposition de start-ups des ressources et des compétences autour de l’intelligence du mouvement, pour les aider à développer des idées, de la conception à la production en série. Dans un monde où la “distanciation” a pris toute sa dimension, Maxon connaît une activité très forte avec ses solutions favorisant les automatismes et la robotisation. Malgré cela, le groupe développe un esprit familial où l’intelligence émotionnelle, l’agilité, la curiosité constituent des valeurs fortes dans le recrutement de ses collaborateurs.
C.B.

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