Des crapauds rares dans les flaques de la plaine de l’Ain

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Le crapaud pélodyte ponctué atteint au maximum 5cm à l’âge adulte (Crédit photo : Alexandre Roux)

Dans un contexte agricole et plutôt aride comme celui qui entoure Sainte-Julie, il est difficile d’imaginer que des crapauds puissent y trouver leur bonheur. Pourtant, il existe ici deux espèces de crapauds, le crapaud calamite et le pélodyte ponctué, qui recherchent exactement ce que les autres n’apprécient guère : de simples flaques ou mares temporaires.

Cette particularité est due au fait que les œufs éclosent très rapidement et les têtards se développent d’autant plus vite que l’eau est chaude. Ainsi, une pièce d’eau peu profonde, si elle s’assèche vite a aussi tendance à chauffer plus rapidement. Le plus souvent, la mare est en eau assez longtemps pour permettre aux têtards de se développer. 
Le crapaud calamite est un crapaud trapu pouvant atteindre 10 cm de longueur, mais généralement il ne dépasse pas les 7-8 cm. Il possède des pattes courtes et se déplace rapidement sans sauter. Le chant de cette espèce évoque les stridulations des orthoptères et plus particulièrement celui de la courtilière (gros insecte fouisseur), les deux étant parfois confondus par les non spécialistes. Lorsqu’il se sent menacé, le calamite gonfle son corps, lève l’arrière-train et produit une odeur caractéristique. Ce crapaud est exclusivement nocturne. Il chasse dans des milieux ouverts assez diversifiés (pelouses, prairies, cultures) et s’adapte à des environnements anthropisés (carrières et gravières…). Il se reproduit dans des pièces d’eau temporaires (fossés, flaques). En journée, il se repose sous des pierres ou du bois morts, mais aussi dans des terriers qu’il peut creuser lui-même.
Le pélodyte ponctué atteint au maximum 5 cm à l’âge adulte. C’est une petite grenouille mince, avec de longues jambes, une tête plate et des yeux proéminents à la pupille verticale. Les mâles nuptiaux ont souvent la gorge bleue ou violacée et ils portent des callosités brunes foncées à noires sous les bras et avant-bras et sur les 2 doigts internes. Le chant est caractéristique : bref grincement nasillard qui ne porte qu’à une dizaine de mètres. Ce chant est parfois comparé à la friction de deux boules de pétanque.
Ces deux espèces sont assez peu communes dans l’Ain, si bien que c’est en plaine de l’Ain qu’elles sont les plus abondantes. La création de mares dans un futur proche pourrait leur être particulièrement favorable.

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