Transports, nucléaire, eau potable… Quels enjeux pour notre territoire?

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L’exécutif est composé du président, Alexandre Nanchi, et de six vice-présidents : Anne Bollache (de la CC Rives de l’Ain pays du Cerdon), Philippe Guillot-Vignot (3CM), Valérie Pommaz (CCMP), Jean-Alex Pelletier (CCPA), Emmanuel Ginet et Lionel Manos (CCPA - absents sur la photo). Marcel Jacquin, maire de Saint-Vulbas, et Jean-Pierre Gagne, maire de Loyettes, sont associés au suivi de l’étude sur l’EPR.

Document majeur pour construire l’urbanisme de notre territoire, le Schéma de Cohérence Territorial a été adopté en 2017. Mais il pourrait être amené à évoluer au vu des nouvelles contraintes législatives, des opportunités, et des évolutions “imprévues”. Présentation, point par point, avec Alexandre Nanchi, président du syndicat mixte, Olivier Premillieu, chargé de mission, et les vice-présidents et maires plus particulièrement concernés.

Validé en janvier 2017, le schéma de cohérence territoriale fixe une stratégie pour accueillir 30.000 habitants supplémentaires à l’échelle du Bugey, la Côtière et la Plaine de l’Ain (BUCOPA) sur le territoire de quatre communautés de communes : la Côtière à Montluel, Miribel et le Plateau, la Plaine de l’Ain et Rives de l’Ain Pays de Cerdon. Le document dresse les grands principes d’aménagement. Pour le réaliser et organiser son suivi, un syndicat mixte a été créé, au sein duquel chacune des 82 communes du territoire est représentée. Il est présidé depuis septembre 2020 par Alexandre Nanchi, conseiller régional et adjoint au maire de Lagnieu. Six vice-présidents l’épaulent, onze élus supplémentaires s’ajoutent au bureau du conseil syndical. Ils sont accompagnés dans leur travail par Olivier Premillieu, chef de projet.
Aujourd’hui, leur mission consiste notamment à vérifier la compatibilité des Plans Locaux d’Urbanisme avec les préconisations de SCOT. Cet outil qu’est le SCOT doit aussi anticiper les évolutions futures, pas forcément prévisibles. “C’est un territoire dynamique dont on doit gérer la croissance” décrit Alexandre Nanchi. “On doit accompagner la création d’habitations, de voirie, l’emplacement des équipements publics, les besoins en consommation locale, les équipements scolaires, sportifs, culturels… Il faut que tout soit prévu.”


Des déplacements à repenser


Sa situation aux confins de l’agglomération burgienne et de la métropole lyonnaise confère au BUCOPA de lourdes problématiques en terme de mobilité. Notre territoire est dépendant de l’agglomération lyonnaise, qu’il le veuille ou non. L’A46 et l’A42 affichent complets et les parkings des gares sont saturés. Plus à l’est, les déplacements en lien vers le Nord Isère sont aussi très denses et entraînent des embouteillages au niveau du passage sur le Rhône à Loyettes notamment. Dans ces deux cas, l’échelle d’un SCOT permet d’étudier des solutions pour un bassin de vie. “Nous devons travailler avec le SYTRAL, la Région, le Nord Isère pour trouver des accords. Cela passe par les infrastructures, on parle de développer des voies douces, des autoroutes de vélo, d’organiser le covoiturage. Il faut aussi voir si les zones fixées pour le développement correspondent au besoin des mobilités.” En clair, chaque création d’équipement doit s’accompagner d’un volet déplacement.
Le développement économique est aussi un axe majeur. “Un certain nombre d’hectares est réservé en vue de la transformation de terrain pour l’activité économique, soit à travers le développement de zones déjà créées, comme le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain, soit à travers de nouvelles zones, comme à Neyron. Au moment de la création du SCOT, les élus avaient aussi laissé une part volante, pour répondre aux opportunités de plus petites projets de zone artisanale” explique Alexandre Nanchi, qui ajoute que la préservation de l’agriculture est aussi un enjeu économique. Voilà les plans de 2017. Mais en 2021, une nouvelle donnée apparaît : le “zéro artificialisation nette”. Un projet de loi, qui devrait être adopté dans les prochains mois, envisage qu’aucun mètre carré supplémentaire ne soit bétonné. Olivier Premillieu indique que “le respect du développement durable avait déjà été pris à bras-le-corps pour que tout se fasse de manière équilibrée”. Le SCOT prévoit des réserves de protection naturelle, avec des trames vertes et bleues, la réutilisation de friches… Il s’est fixé une consommation d’espace divisée par deux par rapport à la décennie précédente, de 55 hectares par an. Reste à savoir ce que prévoira le zéro artificialisation nette. “Cette notion est une annonce politique. Si on prend cela au pied de la lettre, on arrête tout, on ne fait même plus un trottoir. La question c’est comment on tend vers cet objectif, qu’est-ce qui est pris en compte… Dans la manière d’aménager, il existe encore des marges de manœuvre pour optimiser le foncier. Toutes les négociations à venir vont être importantes” décrit Alexandre Nanchi, qui travaille en lien avec les SCOT voisin au sein de “l’interSCOT”, mais aussi à travers la fédération nationale des SCOT.


Ressource en eau : c’est maintenant qu’il faut travailler


Autre grand enjeu du mandat : la préservation de la ressource en eau “en quantité et en qualité” précise Alexandre Nanchi, qui insiste sur un point : “On a longtemps cru que l’on n’avait pas de problème sur ce sujet, notamment sur la quantité. Aujourd’hui, il faut savoir comment va évoluer la consommation, pour s’assurer de la protection des ressources existantes et trouver où sont les nouvelles ressources. C’est maintenant qu’il faut travailler.”


Une étude au sujet de l’EPR


Au menu des nouveautés à prendre en compte, il en est une apparue il y a quelques mois : la volonté d’EDF d’installer des réacteurs nucléaires de type EPR. Le site de Saint-Vulbas pourrait accueillir une paire de ces réacteurs. Les deux communes concernées directement sur leur territoire – Saint-Vulbas et Loyettes – sont favorables. Les maires voient l’intérêt pour leurs finances locales, mais aussi l’emploi et l’énergie décarbonée que représente le nucléaire. Si aucun réacteur de ce genre ne fonctionne actuellement, notamment celui de Flamanville dont le budget a explosé, ils indiquent que c’est en raison de l’exigence fixée en matière de sécurité. “On est sur une sûreté maximale. Les ingénieurs ont appris grâce à Flamanville, ça n’avait jamais été fait auparavant. Les coûts seront optimisés.” La communauté de communes de la Plaine de l’Ain, le département ont approuvé des vœux pour accueillir les EPR et la Région se montre d’accord. Pas d’opposition non plus parmi les membres de l’exécutif du BUCOPA que nous rencontrons. Ils préconisent le mix énergétique : “Si l’on veut de l’énergie décarbonée, je préfère un équipement neuf, et surtout, il ne faut pas que l’on soit en pénurie d’électricité” indique le président de la 3CM Philippe Guillot-Vignot, rejoint par Valérie Pommaz, maire de Thil, qui porte un projet de champ photovoltaïque sur sa commune. Ces prises de position sont personnelles et le BUCOPA ne s’est pas encore formellement engagé pour ce projet. Le conseil syndical a toutefois approuvé – avec deux abstentions – la réalisation d’une étude sur les documents d’urbanisme concernés. Le cabinet en charge de l’assistance à maîtrise d’ouvrage a été désigné. Il sera chargé de produire une étude indépendante tandis qu’EDF sera invité à un échange pour aborder les questions de sécurité, gestion de l’eau… “Cela nous permettra de choisir” conclut Alexandre Nanchi. C.B.

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